Homélie mardi 23 octobre 2018

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi 23 octobre 2018 / Carmel St Joseph (Bruxelles)

Ep 2,12-22 / Ps 84 (85) / Lc 12,35-38

 

En méditant ces textes, ce matin, puis cet après-midi pour mettre un peu au clair mes idées, j’ai été frappé, ou interpellé, par ce thème de la paix dont il est question dans la 1ère lecture mais aussi dans le psaume. Voilà, je crois, la tenue de service que nous devons revêtir, celle de la paix, celle du Christ lui-même dont St Paul nous a dit : il est, lui, notre paix. Et St Paul de préciser que Jésus, le Christ, a détruit par sa chair, qu’il a détruit par sa mort sur la croix, les murs de divisions.

Certes St Paul parle ici de l’opposition entre juifs et païens, entre ceux qui attendent les réalisations des promesses de Dieu et ceux qui y sont associés. Et Paul vise souvent cet orgueil qu’il peut y avoir à se croire supérieur à l’autre, au nom de sa foi au Christ ou de la mal-foi de l’autre, si j’ose cette expression, sa façon autre de croire…

Notre paix c’est le Christ, mort et ressuscité pour nous. C’est le Christ qui nous révèle que Dieu veut sauver tous les hommes, le Christ qui se révèle dans le pauvre, le petit, et qui veut les rejoindre quel qu’ils soient, quelle que soit leur histoire ou leur foi. Le Christ qui se fait serviteur et qui nous invite à le suivre là, dans le service du frère et l’amour du prochain.

Le Christ est notre paix. Et nous voilà appelés à la lui demander cette paix, à la vivre et l’accueillir, dans la prière sans doute, dans l’eucharistie aussi, c’est sûr. L’accueillir, pour qu’elle puisse se répandre autour de nous. L’accueillir, cette paix, et en être alors des témoins en actes, et permettre alors que les murs de divisions tombent.

Le pape François n’arrête pas de nous y inviter et de nous le rappeler, en promouvant une culture du dialogue et en nous appelant à bâtir des ponts.

Et je crois qu’il y a là comme un double appel, une double attitude, qui sont comme deux jambes pour tenir debout sur le chemin de la rencontre ou qui sont comme les deux points d’appui pour notre vie à la suite de Jésus : à la fois tenir notre appartenance au Christ, notre identité, et en même temps vivre le dialogue. A la fois vivre enracinés dans la prière et les sacrements, dans l’oraison, et vivre résolument la rencontre de l’autre.

Et je crois que votre vie, ici au carmel St Joseph, de ce que j’en perçois un peu, est comme un rappel pour nous : tenir cette appartenance a Jésus, cette vie de prière qui est essentielle, pour vivre tournés vers l’autre, vers les autres, en témoins du Christ qui veut aller à la rencontre et qui, par le dialogue, l’écoute d’abord, et le chemin avec, pourra révéler le Père, Dieu le Père qui est ce Père aimant et miséricordieux qui veut sauver tous les hommes.

J’aime rappeler qu’il s’agit ici, pour nous, de devenir miséricordieux comme Dieu est miséricordieux, c’est-à-dire, pour reprendre les mots du pape François pour l’ouverture de l’année de la Miséricorde, aimer et se laisser aimer comme Dieu qui aime de cet amour qui console, qui pardonne et qui donne espérance. C’est ça la miséricorde : l’amour qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance. Un amour qui nous est promis, que Dieu nous offre, et un amour que nous pouvons alors vivre dans notre humble quotidien. Et nous le savons bien, dans la rencontre de l’autre, si nous vivons cet amour là, la paix sera comme donnée, elle sera là, au milieu de nous, et ainsi elle va pouvoir se propager un peu autour de nous. 

Le Christ est notre paix. Ne rêvons pas la paix au loin ; demandons cette paix en nous et ainsi nous la vivrons autour de nous. C’est cela, je crois et je le redis, revêtir la tenue de service. Et Jésus est ce serviteur qui nous montre l’exemple, ce serviteur qui veut prendre soin de nous pour qu’à notre tour nous prenions soin les uns des autres. Il est ce serviteur qui s’abaisse à hauteur d’homme pour que nous nous laissions rejoindre et que nous puissions aller à la rencontre de celles et ceux qui nous entourent. Quand je vous dis cela je pense à ce passage tellement important je trouve, le lavement des pieds, qui est comme le testament de Jésus et qui est le signe de l’acte de charité par excellence…

Jésus, le Christ, est donc notre paix, celui qui peut et qui veut abolir les divisions. Dans l’amour et la vérité, comme dit le psaume, et dans la justice. Il s’agit dans ces mots encore de tenir ensemble, je le redis, identité de notre appartenance au Christ, qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, et mission, témoignage, qui est dialogue et rencontre, qui est sortie vers l’autre pour l’écouter et pour permettre qu’un chemin ensemble s’ouvre pour nous.

Pour vivre cela, demandons l’Esprit Saint, qui va nous configurer à cette attitude de service, comme le Christ. Demandons lui sa force, dans l’eucharistie et la prière, et demandons lui cette paix promise. Devenons ainsi ce Temple de l’Esprit dont a aussi parlé St Paul ; Temple de l’Esprit, c’est-à-dire non seulement présence de Dieu, au milieu de son peuple et donc de ce monde, mais aussi demeure de Dieu, lieu d’accueil où Dieu est présent mais encore lieu par lequel, dans lequel, il peut accueillir, accueillir chacun.

Publié dans Homélies

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