Homélie dimanche 20 octobre 2013

Publié le par Christophe Delaigue

29ème dimanche du Temps Ordinaire / Année C

St Marcel Bel Accueil (avec 1ères communions)

2Tim 3,14 - 4,2 / Ps 120 (121) / Lc 18,1-8

Après avoir entendu ces textes et en vous regardant, je me pose deux questions… Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir retenir de ce qu’on vient d’entendre ? Et comment est-ce que ça peut rejoindre ce qu’on célèbre aujourd’hui ?

Je ne sais pas quelle est la foi d’un certain nombre d’entre nous, qui est Dieu pour vous et si c’est facile ou non pour vous de croire en lui. Ce que je sais c’est que cette 1ère communion que nous célébrons ce matin c’est un événement important. Pas seulement parce qu’il est l’occasion de faire une belle fête en famille ; pas seulement non plus, les enfants, parce que cette 1ère communion vous l’avez préparée depuis plusieurs mois et que vous étiez peut-être impatients… Ce qu’on célèbre ce matin, ce qui nous rassemble, c’est important parce que Jésus vient à notre rencontre, Jésus que nos yeux n’arrivent pourtant pas à voir mais Jésus qui nous promet pourtant que quoi qu’il arrive il sera toujours là. C’est en tout cas sa dernière parole à ses disciples et à ses apôtres, dans l’évangile de Matthieu : « Je suis pour toujours avec vous ». Quand il dit ça, il a déjà fait ce passage de la mort à la résurrection et c’est juste avant qu’il disparaisse de nos yeux en nous promettant l’Esprit Saint.

Si je crois que Jésus est présent, mystérieusement puisque je ne le vois pas, mais réellement, c’est juste parce que je lui fais confiance. C’est ça la foi. Il l’a dit et il l’a promis. Comme il a dit plein d’autres choses qu’il a faites même si ça nous paraît impossible d’un point de vue seulement humain. Et tout cela je le sais, je le crois, grâce aux récits de ceux qui l’ont connu et qui l’ont transmis aux uns et aux autres, jusqu’à nous… Si nous sommes là ce matin c’est parce qu’il y a eu d’autres chrétiens avant nous qui ont cru que Jésus était ressuscité, que Jésus est présent à ce qu’on a à vivre, et qu’il faut se rassembler pour prier ensemble, pour écouter ensemble sa Parole, et pour le recevoir, mystérieusement présent dans l’eucharistie.

La 1ère lecture qu’on a entendue parlait justement de ces textes de la Parole de Dieu qui sont pour nous comme un trésor, des livres et des histoires grâce auxquelles nous apprenons petit à petit à comprendre qui est Dieu, qui est Jésus, et qu’est-ce qu’il nous propose de vivre pour être heureux. Notre mission de chrétiens, notre mission de disciples de Jésus, c’est d’écouter cette Parole et de l’annoncer, pour que d’autres après nous puissent eux aussi découvrir qui est Dieu, qui est Jésus et comment il est présent à notre vie, malgré nos questions et nos doutes. Ce que je trouve passionnant c’est que ces histoires sont d’une actualité étonnante ; car de tout temps on s’est posé les mêmes questions. Par exemple : si Dieu existe, pourquoi je ne le vois pas ? Si Dieu existe, pourquoi y’a-t-il des injustices dans le monde ou des gens qui souffrent ? Et comme nous, ceux qui osaient croire en Dieu ont cherché à comprendre, et petit à petit ils ont découvert dans leur vie même comment Dieu est présent et ce qu’il attend de nous, ce qu’il nous propose comme chemin de bonheur, et ils l’ont raconté. Pas seulement pour qu’on ait de belles histoires à lire dans notre bibliothèque, mais pour nous aider à grandir dans la foi, dans la confiance en Dieu.

Dans ces livres, dans ces histoires, il y a ce que Jésus nous dit, ce que Jésus nous révèle de ce Dieu dont il nous dit qu’il est pour nous comme un Père, ce Dieu qu’il nous invite à prier – on vient de l’entendre dans l’évangile. Parfois on se décourage de prier, c’est en tout cas ce que disait notre texte au tout début, et c’est l’expérience de beaucoup d’entre nous. On se décourage parce qu’on a l’impression que Dieu ne répond pas à nos demandes. La première chose que l’évangile de ce dimanche me dit de la prière c’est que le temps de Dieu n’est pas ce temps de l’immédiateté. Il y aura une réponse à celui qui demande vraiment quelque chose et à celui qui garde confiance en une réponse à venir. D’autres textes nous disent qu’il nous donnera ce dont nous avons besoin, et donc peut-être pas ce que nous pensions spontanément, en tout cas pas des trucs comme des bonnes notes à l’école ou qu’il fasse beau le jour J de ma 1ère communion, car l’essentiel n’est pas là. D’autres textes encore nous disent que sa réponse, sa seule réponse, ce sera l’Esprit Saint, c’est-à-dire qu’il va souffler en nous comme des bouts de réponse qu’il va nous falloir entendre. Peut-être que c’est tel texte de la Bible qui va m’éclairer et là Dieu sera en train de me parler ; peut-être que ce sera dans tel événement ou telle rencontre qui va me permettre d’avancer et je me rendrai compte après coup que c’était peut-être là la réponse de Dieu ; peut-être aussi qu’en faisant silence en moi, en prenant le temps de la prière silencieuse où je vais écouter en moi les appels de la vie, peut-être que je vais entendre là en moi ce qu’il me faut faire qui est vraiment de l’ordre de l’essentiel pour ma vie…

Il nous est juste demandé de faire confiance et d’associer Dieu à notre vie. Et comment l’associer si ce n’est en prenant le temps de découvrir qui il est, par exemple en lisant ensemble le livre de sa Parole ou en continuant d’aller à la catéchèse puis à l’aumônerie. Comment l’associer si ce n’est en le priant, c’est-à-dire en prenant le temps de lui confier comme à un ami qui est là mes joies et mes peines, mes questions et mes doutes, et en écoutant dans le silence ce qu’il me souffle peut-être, ce qu’il me murmure en moi. Et puis comment l’associer si ce n’est en faisant confiance en Jésus qui me dit : « Je suis avec toi pour toujours, je suis là si tu décides de me faire une place et de m’accueillir, je suis là dans ce pain et ce vin sur lesquels nous prions l’Esprit Saint, je suis là même si ça paraît fou ; ouvre-moi juste ton cœur et ta vie, je peux être comme une force de vie et d’amour pour t’aider à avancer. »

Voilà ce que nous célébrons, voilà comme un trésor que Jésus nous donne et qu’il ne demande qu’à nous donner régulièrement et souvent. C’est pour ça que j’aime la messe : parce que Jésus me dit « Je suis là, je suis avec toi, je viens nourrir ta vie de ma présence. Viens donc prier avec d’autres qui vont te soutenir sur le chemin, viens donc chanter et confier ce qui t’habite, viens donc m’accueillir, fais ma confiance… »

Je vous propose qu’on prenne quelques instants de silence, juste pour laisser résonner en nous ces mots et pour confier au Seigneur ce qu’ils éveillent en nous. C’est ça la prière…

Publié dans Homélies

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