Le dialogue des carmélites

Publié le par Christophe Delaigue

Le texte est superbe, signé Bernanos, nous racontant l'histoire des carmélites de Compiègne mises à mort et guillotinées en 1792 comme tant d'autres prêtres, religieux et religieuses accusés d'être anti-révolutionnaires car ne reniant pas Dieu et leur engagement.

La musique est signée Francis Poulenc, pour l'opéra, à la fois lumineuse et dramatique, montant en intensité tout au long du drame, jusqu'au terrible dénouement final.

Ces carmélites pouvaient dire "Nous avons cru en l'amour de Dieu pour nous" là où les révolutionnaires diront : "Nous avons... l'amour de... nous".

La mise en scène de Christophe Honoré, ces jours-ci à l'opéra de Lyon, sert admirablement ce texte et cette musique, nous révélant jusque dans les détails des décors et du jeu des choristes combien il y a une force du don de soi, combien aussi la liberté n'est pas forcément là où on l'aurait cru et combien enfin cette histoire n'est pas si différentes, par certains côtés, d'une façon toute actuelle de mettre Dieu de côté, dans notre société, en le reléguant à la sphère du privé - et même à celle de l'intime du privé -, quand il reste encore accepté et autorisé - ce qui n'est pas toujours ou pas partout le cas.

Une belle réflexion en mots, en musique et en scénographie sur le don de soi et le martyr, la foi et le doute, la liberté intérieure.

C'est en ce moment à l'opéra de Lyon, avec une très belle distribution (même si les voix d'hommes sont plus inégales) et des scènes finales absolument superbes dans le chant comme dans la mise en scène.

On trouve sur le site de l'opéra quelques vidéos, photos, informations et commentaires qui en diraient plus... C'est par ici...

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :