Homélie dimanche 1er décembre 2013 - Avent

Publié le par Christophe Delaigue

1er dimanche de l'Avent / Année A

St Jean-Baptiste (Bourgoin)

Is 2,1-5 / Ps 121 (122) / Rm 13,11-14a / Mt 24,37-44

Nous voilà donc en Avent, ce temps qui nous prépare à entrer dans le mystère de Noël, le mystère de l’incarnation, c’est-à-dire de la venue de Jésus, la venue de Dieu par Jésus, dans notre histoire et dans notre monde. Noël, c’est la fête de l’avènement de Jésus, aujourd’hui encore, Jésus qui vient nous faire passer des ténèbres à la lumière.

Dans l’évangile qu’on vient d’entendre, Jésus parle justement de son avènement ; il a d’ailleurs commencé par ces mots : « Jésus parlait à ses disciples de sa venue »… La suite du texte, c’est une drôle d’entrée en matière pour nous aider à se préparer à Noël. C’est dur ce qu’on a entendu, c’est étrange, c’est mystérieux… Qu’est-ce que Jésus veut nous dire ? Qu’est-ce qu’il veut nous faire entendre comme Bonne Nouvelle ? Il y a cette image du déluge et de Noé et puis cette histoire d’hommes et de femmes qui sont pris ou laissés. Ça a un côté violent…

Le déluge, c’est cette histoire du livre de la Genèse qui nous raconte la fin d’un monde. Dieu confie à Noé de sauver sa création dans laquelle le mal et le péché n’ont cessé de prendre toute la place et de monter en puissance. C’est ça qu’il faut entendre : Dieu veut sauver sa création, il veut qu’elle reparte sur de bonnes bases. Eh bien, nous dit Jésus dans l’évangile, sa venue est du même ordre – 1ère Bonne Nouvelle : il vient pour nous sauver, il vient pour que nous vivions pleinement, il vient pour qu’avec lui, nous passions des ténèbres à la lumière. C’est la conclusion de la 1ère lecture qu’on a entendue : « Venez (…), marchons à la lumière du Seigneur » ; c’est aussi ce que nous dit St Paul dans la 2ème lecture : « La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche » ; et c’est ce qu’on entendra cette année encore dans la nuit de Noël avec le prophète Isaïe qui annoncera : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; sur le pays de l’ombre, une lumière a resplendi »… Ce ne sont pas que des mots, c’est vraiment une Bonne Nouvelle ! Si nous vivons des choses difficiles, si nous sommes dans le brouillard, comme on dit, si nous n’y voyons pas clair dans ce qui nous est donné à vivre, alors vivons ce temps de l’Avent comme un temps qui nous est donné pour entrer dans cette confiance que Dieu est là et qu’il peut nous aider, qu’il peut nous aider, à trouver une issue et même qu’il peut nous donner sa force pour entrevoir avec lui et accueillir des lumières qui vont éclairer notre chemin et qu’il peut nous donner sa force pour devenir alors des lumières les uns pour les autres, à sa suite.

C’est la 1ère Bonne Nouvelle de ce texte. La 2ème, elle est plus étonnante. C’est quand Jésus dit qu’on ne sait pas quand et comment ça va arriver, quand et comment se fera cet avènement que nous allons fêter à Noël ; « l’un sera pris, dit-il, l’autre laissé »… C’est bizarre cette expression qui revient deux fois. Ça veut juste dire qu’il ne s’agit pas de se soucier de savoir qui aura part ou non au Royaume de Dieu, pourquoi untel ou untel et peut-être pas tel autre. Ce n’est pas le problème dit Jésus. Vivons ce que nous avons à vivre, un point c’est tout. Ne passons pas notre temps à nous demander qui sera sauvé et comment ça va se passer. Sortons de notre sommeil ou de nos attitudes molles ou pieuses, vivons l’évangile, c’est la seule chose qui compte. Mettons en pratique ce que Jésus nous invite à vivre concrètement plutôt que d’attendre je ne sais quoi ou de nous poser je ne sais quelles questions. Soyons et devenons toujours plus des témoins en actes de ce que nous croyons être une Bonne Nouvelle pour nous et pour tous, cette Bonne Nouvelle d’un Dieu qui vient nous rejoindre pour nous sauver ! Laissons-nous éclairer par sa venue pour nous et devenons ces petites lumières dont je parlais à l’instant…

J’en termine avec ces deux appels de l’évangile d’aujourd’hui. Ce double appel il se résume en deux mots ou deux expressions : « veillez » et « tenez-vous donc prêts ». Si nous voulons accueillir le mystère de Noël comme une Bonne Nouvelle pour nous, cette année, si nous voulons passer des ténèbres à la lumière, pour en être alors témoins, qu’est-ce que nous allons faire concrètement de ces semaines de l’Avent ? Qu’est-ce que ça va changer pour nous de savoir que Noël approche ? Comment est-ce que ça va « colorer » les semaines qui viennent ? Je crois que c’est bien qu’on se pose ces questions…

Dans plusieurs textes que j’ai lus ces jours-ci, notre pape invite à se centrer sur le Christ car plus nous sommes centrés sur lui, pour nous nous découvrirons envoyés vers les autres, avec sa force à lui. Comment centrer notre vie sur Jésus ? Je vois deux réponses possibles, parmi bien d’autres :

  1. Dans ce temps de l’avent il va vous être proposé des veillées de prière et de réconciliation… Célébrer le pardon, c’est se laisser relever, se laisser ressusciter, c’est s’ouvrir à l’amour de Dieu pour chacun de nous… Jésus est venu pour cela, apporter sa lumière dans les ténèbres ou les ombres de ce monde et de notre vie. Pourquoi ne pas profiter de ce temps de l’Avent pour redécouvrir ce beau sacrement du pardon ? Plusieurs rdv nous seront proposés…
  2. Pour centrer notre vie sur le Christ, nous pouvons aussi répondre à l’appel de notre évêque qui nous invite dans sa Lettre pastorale de Pentecôte à nous regrouper à quelques uns autour de la Parole de Dieu. Pourquoi ne pas profiter de ce temps de l’Avent pour juste se demander une chose, et se la demander chacun : qui sont les 3 ou 4 chrétiens autour de moi, dans mon quartier ou mon village, avec qui je pourrais me retrouver de temps en temps juste pour ouvrir ensemble la Parole de Dieu et la laisser nous parler ?

Je vous laisse méditer… Laissons résonner tout cela en nous, par le silence et la prière, maintenant…

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