La servante du Seigneur

Publié le par Christophe Delaigue

La servante du Seigneur

Le dernier livre de Jean-Louis Fournier nous parle cette fois-ci de sa fille, Marie. Après avoir écrit sur ses deux fils handicapés, puis sur celle avec qui il partageait sa vie, il continue son exploration des liens familiaux, avec toujours cette sorte d'humour noir qui semble cacher une forme de désespoir.

Qui est sa fille, ou plutôt qui est-elle devenue ? Qui est ce "Monseigneur" avec qui elle vit et avec qui ou par qui elle s'est convertie, vivant désormais pour Dieu ?

A vrai dire, on n'y comprends pas grand chose à ce qu'elle vit... Mais peut-être n'est-ce pas vraiment le propos de l'auteur qui veut en fait nous partager son incompréhension face à à ce que sa fille, avec qui il vivait une forme de complicité, est devenue, choisissant de vivre sa vie et non pas celle de son père ou celle que son père voudrait pour elle. Ceci dit, le tableau que Jean-Louis Fournier en dresse ne fait pas tellement envie et semble virer à la secte plus qu'à une vie épanouissante...

Les propos de Jean-Louis Fournier sont-ils durs vis-à-vis de l'Eglise ou de la religion ? Ils sont surtout ceux d'un père qui n'y comprend rien, qui ne reconnaît pas sa fille, et qui repense au passé...

Le style est incisif, le livre est finalement bref. Il se conclut par cinq pages de réponse de Marie à son père. Oui, visiblement, ils ne se comprennent guère !

On ne passe jamais un mauvais moment avec Jean-Louis Fournier, même si ça reste étrange car lapidaire, corrosif, et décalé... On passe là une heure, ma foi (si j'ose dire), plutôt agréable. Mais ça ne restera pas le livre du siècle et ça ne marquera sans doute pas autant que Où on va, papa ?, sur ses fils handicapés, qui avait à la fois dérangé et à la fois séduit.

Jean-Louis Fournier, La servante du Seigneur, Stock, 2013, 155 pages.

Publié dans Romans et récits

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