Homélie dimanche 19 janvier 2014

Publié le par Christophe Delaigue

2ème dimanche du Temps Ordinaire / Année A

BJ Notre-Dame (samedi soir) / BJ St Jean-Baptiste [1]

Is 49,3.5-6 / Ps 39 (40) / 1Co 1,1-3 / Jn 1,29-34

Quand on écoute comme on vient de le faire un texte biblique il y a deux questions qu’on peut se poser pour essayer de comprendre et d’entendre ce que Dieu veut nous dire dans ces mots que nous recevons.

  1. Qu’est-ce qui m’est dit Dieu ou de Jésus ? Qu’est-ce que je découvre de qui il est ?
  2. Qu’est-ce qui est dit de ceux qui entourent Jésus, par exemple les disciples, ou la foule, ou Jean-Baptiste ? Qu’est-ce que Jésus les invite à vivre et donc qu’est-ce qu’il me dit à moi, à nous, aujourd’hui, pour notre vie de tous les jours ?

Je crois qu’avec le texte qu’on vient d’entendre c’est assez facile de répondre à la 1ère question – au moins spontanément ; pour ce que ça veut dire vraiment, il va falloir qu’on voie de plus près... ! Qu’est-ce qui nous est dit de Jésus ? Trois choses :

  • Tout d’abord qu’il est l’Agneau de Dieu, dit Jean-Baptiste – drôle de titre ou drôle de nom ! Qu’est-ce que ça veut dire ? Je vais y revenir… L’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde… C’est sa mission…
  • 2ème chose qui est dite de Jésus : il est celui sur qui descend l’Esprit Saint – l’Esprit Saint c’est la vie même de Dieu, c’est son souffle de vie, c’est sa force pour aimer, c’est la présence même de Dieu. Jésus est complètement habité de Dieu et il va baptiser dans l’Esprit Saint, c’est-à-dire il vient pour que nous nous plongions dans la vie en nous laissant guider par la présence de Dieu, il vient pour renouveler notre vie de l’amour même de Dieu, il vient nous donner sa force, la force même de Dieu pour ce que nous avons à vivre qui est marqué par ce fameux péché du monde, ce péché du monde qui est à la fois le mal qui nous tombe dessus à cause du mal que font certains qui nous entourent, et à la fois le mal que je fais, toutes les fois où je refuse d’aimer et toutes les fois où je n’arrive pas à aimer.
  • La 3ème chose enfin que nous apprenons de Jésus, c’est qu’il est le Fils de Dieu. Non seulement le Messie, c’est-à-dire celui qui était promis et qui vient pour délivrer le peuple de ce qui l’empêche de vivre pleinement, non seulement aussi un prophète qui vient parler au nom de Dieu et nous redire ce que Dieu attend de nous, mais aussi le Fils de Dieu, son Fils, c’est-à-dire celui qu’il aime par dessus tout, celui qui vit en proximité très forte avec Dieu lui-même, celui qui vient de Dieu et qui reçoit tout de Dieu son Père.
  • La 1ère lecture a ajouté que Jésus est comme une lumière pour toutes les nations, une lumière pour éclairer note vie à tous. On l’a déjà entendu à Noël puis à l’Epiphanie, je n’insiste donc pas…

Voilà en tout cas qui est Jésus. Jésus, dit l’évangile, est l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde et il est celui qui est complètement habité par l’Esprit de Dieu, la force d’amour et de vie de Dieu son Père, Dieu qui vient par Jésus nous parler et nous révéler qui il est et comment il est présent à notre vie, comment il nous accompagne, malgré ce silence apparent ou cette absence apparente dont nous faisons l’expérience.

Jésus est celui qui vient nous révéler tout cela. Et nous savons, ou nous allons petit à petit découvrir, que sur ce chemin d’annonce de l’amour de Dieu pour tous, un Dieu qui veut sauver tous les hommes, Jésus va se heurter à l’incompréhension et que cela le conduira jusqu’à la mort, au nom de son message d’amour, mais que sa résurrection – que nous fêterons dans quelques mois – nous dira avec force que quoi qu’il arrive la vie et le don de soi par amour sont plus forts que tout mal et que toute mort. Jésus va être ce « Serviteur souffrant » qu’annonçait le prophète Isaïe dans un autre texte que celui de la 1ère lecture, ce « Serviteur souffrant » dont parlera la liturgie de la Semaine Sainte, juste avant Pâques, ce « Serviteur souffrant » qui va être mené à l’abattoir comme un agneau fragile et sans défense. Jésus est l’Agneau de Dieu, dit Jean-Baptiste…

Et tout à l’heure, juste avant la communion, comme Jean-Baptiste, je dirai : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde » ; je le dirai en montrant ce bout de pain consacré qui est ce truc fou et un peu incompréhensible par lequel Jésus promet sa présence aujourd’hui, ce truc fou par lequel Jésus vient se donner à nous et établir sa demeure en nous pour qu’il soit lui-même notre force, qu’il soit lui-même la force d’amour dont nous avons besoin pour combattre à notre mesure le mal de ce monde et de nos vies, Jésus qui se rend mystérieusement mais réellement présent pour traverser avec nous ce que la vie nous donne à traverser…

C’est complètement fou, c’est vrai ; c’est mystérieux, c’est vrai ; c’est livré à notre foi, notre confiance. Et c’est ce que nous célébrons à chaque eucharistie…

Je ne suis pas sûr que nous y comprenions grand chose à tout cela, mais l’essentiel en fait n’est pas de tout comprendre mais de faire confiance à Jésus… Je ne suis pas sûr que nous mesurions vraiment qui est Jésus et combien il est là avec nous, à nos côtés, comme il l’a promis. Mais dans le silence de nos cœurs, si nous acceptons de faire ce pari de confiance qu’il est là, alors nous pouvons déjà, maintenant, lui confier ce que ce mots éveillent ou réveillent en nous. Nous pouvons lui demander sa paix et sa force dans ce que nous avons peut-être à traverser. Nous lui offrons, tout simplement, ce qui nous habite… Et tout à l’heure, en nous approchant pour communier, nous lui déposerons ce qui est peut-être lourd à porter dans nos vies ou dans celle de ceux qui nous entourent, et nous lui demanderons chacun : Seigneur, viens me rejoindre, viens me dire ta Présence, sois ma force, viens me donner Ta paix…

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[1] Le samedi soir avec les enfants de la catéchèse démarrant un parcours vers le baptême et le dimanche matin avec ceux commençant leur parcours vers la 1ère communion.

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