Homélie 2 février - Présentation au Temple

Publié le par Christophe Delaigue

Dimanche 2 février 2014 - Présentation du Seigneur / Année A

St Jean-Baptiste (Bourgoin) [avec les “Consacrés” du Nord-Isère]

Ml 3,1-4 / Ps 23 (24) / He 2,14-18 / Lc 2,22-40

Ces textes qu’on vient d’entendre sont une invitation à contempler Jésus. Comme Anne et Syméon et, avec eux, comme Joseph et Marie. Une invitation à contempler Jésus dans l’accomplissement qu’il est des Ecritures et des promesses de Dieu.

Cette contemplation elle est comme un appel ou plutôt un déploiement de ce que nous avons fêté à Noël ; et nous le vivons, nous l’entendons, au cœur d’une liturgie qui est – vous l’aurez peut-être remarqué avec le rite d’accueil un peu inhabituel – comme un avant goût de ce que nous vivrons dans la nuit de Pâques. Le mystère de l’incarnation et le mystère de la résurrection sont liés, cette fête de la Présentation de Jésus au Temple en est comme un rappel. L’incarnation et la résurrection sont liées : c’est comme deux réalités d’un même mystère, celui d’un Dieu qui veut pour chacun la vie. Et qui dit « vie » dit en fait « salut », c’est-à-dire libération de ce qui entrave toute vie et promesse de vie éternelle.

Mais qu’est-ce que la vie éternelle, demanderont un jour ses disciples à Jésus ? Réponse de Jésus, dans l’évangile de Jean : « La vie éternelle ? C’est de connaître Dieu le Père et Celui qu’il a envoyé ». Les connaître… au sens de les connaître pleinement…

Jésus, nous le savons, est cet envoyé du Père… Jésus, nous le savons, est Celui par qui s’accomplissent les promesses de salut et de vie éternelle… Jésus, nous le savons, est Celui qui vient révéler pleinement qui est Dieu, qui est ce Dieu Père, ce Dieu qui nous aime comme un Père très aimant, ce Dieu qui veut sauver tous les hommes et n’en perdre aucun (tous les hommes et toutes les femmes, évidemment), ce Dieu qui ne cesse de vouloir se faire connaître… Jusqu’à s’incarner, venir nous rejoindre, se faire l’un de nous. Pour de vrai. Et donc jusqu’à mourir aussi, c’est-à-dire être vraiment l’un de nous jusque dans cette question existentielle et dramatique de toute vie qu’est celle de la question du mal, de la souffrance et de la mort. Nos épreuves, disait l’auteur de la 2ème lecture. Et là, au cœur de cette traversée de toute vie, le mystère de la résurrection, cette promesse de vie, ce salut impensable, cette espérance que quoi qu’il arrive, avec Jésus et avec Dieu, la vie et le don de soi par amour seront quoi qu’il arrive – j’insiste – plus forts que tout mal et que toute mort.

C’est vrai, c’est impensable, à vue seulement humaine. C’est irrationnel. C’est même impossible. C’est vrai ! Mais croire ce n’est pas tout comprendre et accepter ce qui serait seulement humainement réalisable ; non, croire c’est d’abord et avant tout faire confiance, oser une confiance. C’est s’en remettre à Dieu. Or si Dieu est vraiment Dieu et pas seulement une idée ou une pâle image de l’homme, alors rien n’est impossible à Dieu, comme le dira Jésus.

Et la preuve, si j’ose dire, que rien n’est impossible à Dieu, c’est la résurrection de Jésus. Ou plutôt l’expérience de résurrection de Jésus de ceux qui furent ses proches et leur témoignage de cette résurrection comme force de vie, d’espérance et de confiance, et cela tout au long des siècles, jusqu’à nous…

Anne et Syméon – si je reviens à l’évangile de ce jour – attendaient la réalisation des promesses de Dieu, ils attendaient le salut. Ils incarnent tous les deux les attentes d’un peuple. Et quand ils voient Jésus, ils voient en lui ce salut, ils le reconnaissent.

C’est une invitation pour nous à rendre grâce de sa venue dans notre monde, et de sa venue pour nous, de sa venue aujourd’hui encore, notamment par sa Parole et par le sacrement de sa présence dans le Pain et le Vin consacrés. Sa venue aussi par ces frères et sœurs en humanité qui croisent notre chemin, ceux qui nous éveillent à l’espérance ou qui nous relèvent de ce qui nous clouerait au sol ou encore qui nous réveillent de nos endormissements pour une vie un peu plus fidèle à l’Evangile.

Avec Anne et Syméon, nous sommes donc invités, aujourd’hui, à rendre grâce, à être dans la reconnaissance ! Dire merci au Seigneur de ce qu’il a déjà fait pour nous. Et lui déposer, dans cette confiance là, nos attentes de salut pour aujourd’hui, dans ce que nous vivons. Lui demander toujours et encore sa lumière.

Et avec Anne et Syméon, rendre grâce tout spécialement, en ce jour de la vie consacrée, pour ces hommes et ces femmes qui ont donné leur vie au Seigneur dans ce choix fou et préférentiel pour Celui qui veut se donner à connaître à tous. Notre célibat consacré est comme un signe, un appel et un rappel que Dieu peut combler toute vie, qu’il est quelqu’un avec qui partager et fonder sa vie, un signe pour tous que Dieu et le service du frère peuvent combler toute vie quel que soit notre état de vie ; et notre célibat consacré est un signe, un appel et un rappel que notre monde, mais aussi notre Eglise, ont besoin de veilleurs comme Anne et Syméon, des « sentinelles de l’invisibles » comme disait Jean-Paul II à propos des moines et des moniales, des veilleurs dont la vie soit centrée sur la prière et la recherche de Dieu et sur la rencontre du Christ dans ce qui sera donné à vivre et dans celles et ceux que nous croiserons, ce qui concerne là aussi tout état de vie, tout engagement – notre célibat consacré est là pour le signifier.

Vous l’aurez compris, et j’en terminerai par là, ce matin nous sommes vraiment appelés à l’action de grâce. En grec – souvenez-vous – ça donne le mot « eucharistie ». Alors pour nous préparer à cela et le réaliser concrètement, prenons quelques instants de silence, pour chacun offrir au Seigneur nos mercis pour ce qu’il a déjà fait dans notre vie et nos mercis pour les saluts dont nous avons pu être témoins pour d’autres ou chez d’autres autour de nous ; et avec ces mercis nous déposons aussi au Seigneur nos attentes de salut, nos demandes ou nos questionnements. Nous lui demandons tout simplement la lumière de sa présence ; nous nous tenons en sa présence.

Publié dans Homélies

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