Le temps du carême...

Publié le par Christophe Delaigue

Le temps du carême...

A l'Arche de Jean Vanier, nous avons cette conviction que toute vie humaine est traversée d'une quête spirituelle ; que chacun, même s'il ne connaît pas Dieu ou s'il ne pratique pas dans une religion, a une vie spirituelle. Et nous sommes convaincus aussi que la foi chrétienne et les appels de l'Evangile ont vraiment une valeur universelle et peuvent rejoindre notre humanité profonde dans cette quête...

Alors, ce temps du carême, que pouvons-nous en dire, y compris pour des non-chrétiens ? En quoi nous dit-il quelque chose de l'homme, de façon plus générale que la foi et la pratique chrétiennes, en quoi nous dit-il quelque chose de l'aspiration au bonheur et de la quête de sens de toute personne humaine ?

Voici bien modestement quelques mots jetés ce matin sur le papier pour aider la communauté de l'Arche de Jean Vanier de Grenoble a s'approprier un peu le sens du carême, qu'on soit chrétien ou non...

Les chrétiens sont entrés en carême, qu'est-ce que c'est et qu'est-ce que ça nous dit peut-être de l'homme et des ses aspirations de vie, de façon plus générale que la seule dimension chrétienne ?

Pour les chrétiens c'est vraiment un temps pour reprendre conscience de l'essentiel de la vie, ce qu'on ne voit plus ou qu'on entend plus parce que tout va à toute vitesse (dans nos communautés aussi !) et parce qu'on remplit nos vies de tout un tas de choses que la société nous fait miroiter comme pouvant nous apporter le bonheur !

Le carême, pour les chrétiens, c'est un temps donné pour faire retour vers Dieu ; mais pour faire retour vers Dieu il faut vers retour vers soi, en soi, entendre les appels de la vie qui sont en moi...

Pour cela il faut faire de la place, et pour cela se donner des moyens de se" brancher" sur l'essentiel de la vie en se dégageant de ce qui est plus superficiel et en se dégageant de ce qui, dans notre vie, est de l'ordre de petits esclavages (internet, le chocolat, la cigarette, etc.) ; pas pour se priver juste pour le plaisir et montrer qu'on est fort, non, au contraire : essayer de se priver de ce dont nous ne sommes pas toujours très libres dans notre quotidien juste pour creuser de la place en nous et avoir besoin des autres (et même de l'Autre) ; et là nous entendrons mieux les appels de la vie, nos désirs de vie, et là aussi nous entendrons mieux les appels de celles et ceux qui nous entourent, notamment ceux qui souffrent ou qui sont dans le besoin...

Le carême, du coup, comme temps privilégier pour faire place aussi à l'autre, sa vie, ses questions, ses cris, son besoin de présence et d'être aimé, etc.

Ce temps du carême, finalement, il nous dit quelle(s) vérité(s) sur l'homme ? Mon chemin de bonheur n'est pas dans les choses matérielles mais dans la relation, avec moi-même, avec les autres en tout cas, et avec celui que certains nomment Dieu. Mon chemin de bonheur n'est pas à chercher je ne sais où mais à entendre déjà déposé en moi... Il me sera révélé en écoutant ce qui bouillonne en moi et il me sera révélé grâce à ceux qui m'entourent, jusque dans la fragilité des uns et des autres...

Le carême, c'est juste se donner le temps et les moyens d'en (re)prendre conscience.

Publié dans Méditations

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