Vatican II. Le commencement d'un commencement

Publié le par Christophe Delaigue

Vatican II. Le commencement d'un commencement

Qu'on ne s'y trompe pas, le titre de ce petit livre ne suggère en rien que Vatican II serait un concile de rupture. Non, il ne s'agit pas de retomber dans les mises en oppositions stériles, non il n'est pas remis en cause ce que Benoît XVI appelait une "réforme dans la continuité". Mais ces pages et ce titre d'abord suggèrent que Vatican II a ouvert de nouvelles portes pour la vie de l'Eglise, notamment dans son rapport au monde et aux autres, chrétiens et religions, et que cela dit quelque chose de l'Eglise et de sa mission, de façon un peu nouvelle (car le contexte était nouveau, et l'est encore aujourd'hui, différemment).

Fruit d'un colloque qui s'est tenu au Centre Sèvres en octobre 2012, cette publication est très intéressante. Après un premier propos de Christoph Theobald qui montre en quoi Vatican II est un concile de refondation et de renouvellement de l'Eglise catholique mais aussi un "évènement" prophétique (au sens fort du terme) dans sa vision du monde et de l'Eglise comme dans sa forme et sa façon de délibérer qui disent quelque chose d'elle-même, plusieurs interventions méritent toute l'attention du lecteur, notamment celle de celle d'Anne-Marie Petitjean sur le décret sur l'oecuménisme et sa réception, jusque dans l'encyclique de Jean-Paul II Ut unum sint qu'elle analyse et présente, et celle de Laurent Villemin sur les différents courants de résistance à ce concile (qui, rappelons-le quand même, a été très largement reçu, comme en témoignent l'ensemble des contributions de ce colloque). Pour compléter cela, citons encore Michel Fédou qui se penche, lui, sur la question de l'annonce de l'Evangile telle que Vatican II en parle et telle que Paul VI a poursuivi la réflexion avec son exhortation apostolique Evangelii nutiandi (que le pape François reprend d'ailleurs à son compte dans son texte de novembre dernier sur la nouvelle évangélisation).

Si ce concile est bien "une boussole pour notre temps", comme le disait Jean-Paul II, il invite forcément l'Eglise, aujourd'hui encore, à entrer en dialogue avec les uns et les autres, comme le Christ, et à écouter, justement, les appels de ce temps ; en ce sens, si elle veut être "fidèle à l'avenir", selon l'expression congarienne reprise dans ces pages par le frère Emile de Taizé, alors l'Eglise devra toujours se comprendre dans cette dimension de renouvellement permanent qu'elle est appelée à vivre, pour témoigner au présent de l'Evangile, à l'écoute et en fidélité à celui-ci et à la Tradition mais dans un même mouvement d'écoute des aspirations de ce monde et de dialogue, sous la conduite de l'Esprit Saint.

Un petit livre fort précieux en tout cas pour qui veut se pencher un peu plus sur ce concile qui marque vraiment l'histoire de l'Eglise catholique et son rapport au monde aujourd'hui.

Vatican II. Le commencement d'un commencement, sous la direction de Christoph Theobald, Editions des Facultés jésuites de Paris, avril 2013, 157 pages (petit format), 12 euros.

Publié dans Théologie

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