Homélie dimanche 5 octobre 2014

Publié le par Christophe Delaigue

Messe de rentrée paroisse St François d'Assise (lycée St Marc à Nivolas-Vermelle)

27ème dim. du Temps Ordinaire

Is 5,1-7 / Ps 79 (80) / Ph 4,6-9 / Mt 21,33-43

Pour vous dire vrai, je ne suis pas sûr que spontanément j'aurais choisi ces textes là pour cette messe de rentrée, si j'avais eu le choix tout seul. Il se trouve que ce sont les textes que la liturgie de l'Eglise nous propose aujourd'hui ; et les avoir gardé nous permet non seulement d'être en communion avec toute l'Eglise mais aussi de nous demander ce que Dieu peut vouloir nous dire aujourd'hui, par cette Parole, à nous qui sommes rassemblés ce matin pour entrer dans cette nouvelle année pastorale...

Il y a quelques mois, quand nous avons commencé à réfléchir en équipe paroissiale à ce que nous pourrions vivre ensemble pour cette fête, il nous est apparu assez évident que nous pourrions axer cette journée autour du thème de la Parole de Dieu. Car ouvrir et lire la Bible pour y entendre que Dieu parle et même que Dieu nous parle c'est à la fois un défi et un enjeu pour l'avenir de nos communautés et notamment l'avenir de notre présence chrétienne dans nos villages et nos clochers.

Alors, quel rapport, me direz-vous, avec cette page d'Evangile qu'on vient d'entendre, et plus largement avec nos lectures de ce jour ?

L'évangile comme la 1ère lecture nous ont parlé d'une vigne. Et sans doute que les auditeurs de Jésus, quand ils entendent parler de la vigne, sans doute qu'ils pensent assez spontanément à notre texte d'Isaïe. Parce que les juifs de l'époque de Jésus connaissaient assez bien la Bible à force de l'entendre et de se la raconter ; ils avaient une mémoire des textes bien plus que nous. Du coup, quand ils entendent Jésus nous raconter cette histoire, cette parabole, ils savent que cette vigne dont il est question c'est la maison d'Israël, le peuple de Dieu, et ils savent donc que cette vigne c'est celle que Dieu chérissait, cette vigne dont il a pris soin ; cette vigne, aussi, qui n'a pas toujours donné de beaux fruits, malheureusement. Et du coup, l'histoire que Jésus nous raconte c'est l'histoire même du peuple de Dieu ; cette histoire qu'il nous raconte c'est comme un condensé de l'histoire du salut, cette histoire que contiennent nos Bibles et que vous allez recevoir tout à l'heure vous les enfants qui êtes en 1ère année de catéchèse.

Ce livre, cette histoire de la Bible, c'est l'histoire d'un peuple qui apprend à comprendre et à connaître qui est Dieu, qui est ce Dieu que nos yeux ne voient pas mais que nos cœurs parfois pressentent ; ce Dieu qu'on oublie aussi, parfois, ou duquel on se détourne car on doute de son amour ou de sa présence. C'est pour cela que Dieu a envoyé à plusieurs reprises des prophètes - l'évangile qu'on vient d'entendre nous l'a rappelé avec cette histoire de serviteurs de Dieu qu'on écoute pas, qu'on fait taire et même qu'on met à mort. Ce livre de la Bible c'est donc l'histoire de ce peuple qui apprend à comprendre et à connaître Dieu et c'est en même temps l'histoire de Dieu qui cherche à se faire connaître des hommes et des femmes que nous sommes, Dieu qui veut se révéler à nous, Dieu qui veut nous dire quelque chose, Dieu qui veut nous dire que quoi qu'il arrive il est là à nos côtés, que quoi qu'il arrive il nous aime. Jésus vient nous révéler pleinement ce visage là de Dieu et il en a témoigné jusqu'au bout, jusqu'à y laisser sa vie pour nous, jusqu'à donner sa vie pour nous, parce que son message dérangeait et bousculait - on vient de le réentendre dans l'évangile : Jésus est ce Fils qui a été mis à mort.

Le cœur du message de Jésus et de toute sa vie c'est que Dieu nous aime, quoi qu'il arrive et qu'elle que soit notre vie, notre histoire, quel que soit aussi le mal qu'on ait pu faire. Jésus dira qu'aimer et pardonner c'est indissociable, et qu'avec lui, Jésus, nous sommes appelés à aimer même nos ennemis ! Voilà ce qui est dérangeant ; et d'ailleurs qui de nous n'a pas été dérangé ou bousculé par cet appel de Jesus ?

Jésus nous dit aussi que Dieu ne vient pas nous juger ni juger le monde, mais qu'il veut nous sauver et ne perdre aucun de nous. Ça aussi ça nous dérange ! Voilà pourtant le Dieu auquel nous croyons, un Dieu qui nous invite à vivre la même chose, un Dieu qui nous dit que c'est possible si nous l'associons à cela.

Ceci dit, vous auriez raison de me faire remarquer que c'est bien gentil tout ça, que c'est positif et que c'est beau, mais que les textes qu'on a entendu, notamment la 1ère lecture comme l'évangile, ont quelque chose de violent, laissant même croire dans la 1ère lecture que Dieu est en colère contre son peuple qui se détourne de lui et qui ne porte pas de fruit. C'est vrai. Et sans doute que Dieu, parfois, se demande bien pourquoi nous avons tant de mal à vivre et même à décider de vivre le chemin de bonheur qu'il nous propose... Ceci dit, nous voudrions parfois que Dieu soit ce Dieu vengeur qui va punir ceux qui nous font du mal ; et parfois aussi nous nous demandons pourquoi telle épreuve nous tombe dessus et qu'est-ce que Dieu a à voir là-dedans... Est-ce lui qui nous punirait, comme le dit par exemple la 1ère lecture ou comme pourrait le suggérer la fin de l'évangile de ce matin ?

Ceux qui ont mis par écrit ces histoires sont comme nous, ils essayent de comprendre qui est Dieu et comment il est présent dans les événements du monde et de nos vies. Et au fil des pages, au fil des livres de la Bible, petit à petit, leur compréhension de Dieu va s'affiner, jusqu'à Jésus qui va nous révéler que Dieu nous aime, que Dieu veut sauver tous les hommes, que Dieu nous appelle au pardon, mais aussi que Dieu nous laisse libre quoi qu'il arrive de lui faire ou non une place et donc de vivre notre vie avec ou sans lui.

Par contre, ce que Dieu attend de nous, si nous croyons en lui, c'est bien que nous lui fassions une place dans notre, vie, c'est que nous apprenions ensemble à nous ouvrir à sa Parole et à sa présence, pour être ses témoins aujourd'hui, des témoins en actes ; et donc il attend de nous que nous portions du fruit. Pour cela il nous donne l'Esprit Saint, sa force de vie et d'amour qui est promise et donnée à qui le demandera, ce même Esprit Saint que nous allons prier tout à l'heure sur le pain et le vin pour qu'ils deviennent, mystérieusement mais réellement, le sacrement de la présence de Jésus.

En ce début d'année pastorale je fais vraiment cette prière que nous nous donnions toujours plus les moyens de faire une place à Dieu dans notre vie pour découvrir combien il peut porter avec nous ce que la vie nous fait traverser. Et pour y arriver toujours plus, je souhaite vraiment qu'on arrive les uns et les autres à se donner les moyens d'ouvrir ce livre de la Bible, ce livre de la Parole de Dieu où nous allons découvrir ce que Dieu veut nous dire aujourd'hui de qui il est et ce qu'il nous propose comme chemin de vie et de bonheur au cœur de notre quotidien, ce quotidien où nous nous posons les mêmes questions que le peuple d'Israël sur le sens de la vie, ce quotidien où nous nous posons les mêmes questions que le peuple d'Israël sur qui est Dieu et comment il est présent et à nos côtés...

Ce n'est pas toujours facile de lire ces textes et d'entendre en nous à quoi ça nous appelle, c'est vrai je le reconnais ; c'est pour cela que c'est vraiment important de les lire et les écouter à plusieurs, par exemple en groupe de caté pour les plus jeunes d'entre nous, ou à la messe le dimanche, mais aussi dans ces Fraternités locales qui sont vraiment un défi et un enjeu d'avenir pour nos communautés locales et pour notre vie spirituelle à chacun, j'en suis vraiment convaincu.

Publié dans Homélies

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