Homélie dimanche 2 novembre 2014

Publié le par Christophe Delaigue

Commémoration des fidèles défunts

Église St Jean-Baptiste (BJ) / messe avec les familles des défunts de l'année de la paroisse

Jb 19,1.23-27a / Ps 15 (16) / 1Th4,13-14.17d-18 / Lc 22,33-34.39-46

Je ne sais pas qui est Dieu pour beaucoup d’entre nous ni quelle est notre foi en Jésus Christ, mais la Bonne Nouvelle qui nous est proposée ce matin, c’est ce qui est comme le fil rouge entre ces lectures qu'on vient d'entendre, même dans l'évangile : Dieu, s’il existe, ce que je crois, veut pour nous la vie, Dieu veut nous sauver, et à la suite du mystère de la résurrection de Jésus il nous promet pour nous-mêmes et nos défunts cette vie éternelle dans laquelle Jésus est entré et qu'il propose déjà sur la croix à celui que nous appelons le bon larron.

Dans l’évangile de Jean, les disciples de Jésus lui posent cette question qui m’intéresse et qui rejoint la 1ère lecture que nous avons entendue : qu’est-ce que la vie éternelle ? J’aime la réponse de Jésus : « La vie éternelle ? C’est de connaître Dieu le Père et de connaître Celui qu’il a envoyé. » C’est-à-dire Jésus… Je ne sais pas ce que nous espérons ni ce que nous attendrions de la vie éternelle, mais voilà ce qu’elle est : connaître pleinement qui est Dieu et qui est Jésus ; vivre une relation pleine avec Dieu. Comprendre tout ce qui nous semble encore en question de notre vie et de qui il est. Le voir, le voir de nos propres yeux comme l'a dit Job dans le très beau texte de la 1ère lecture ; le voir, lui Dieu, et vivre avec Lui, vivre en Lui.

Quel mystère étonnant, c’est vrai… Mais quelle promesse aussi. Quelle promesse pour qui voudra bien se laisser sauver par lui, pas selon nos vues humaines, de façon magique ou toute-puissante comme nous pourrions le rêver et comme le demandaient ceux qui étaient au pied de la croix ou le deuxième larron, mais autrement... Se laisser sauver par Dieu, comme Jésus par sa résurrection, mais déjà comme Jésus ne cesse de nous y inviter dans les évangiles, un salut qui peut se vivre dès maintenant, par exemple dans le pardon, en tout cas un salut qui est un choix ou une décision que nous pouvons poser dès aujourd’hui, dès ici-bas, car c'est laissé à notre liberté.

La vie éternelle est déjà commencée depuis notre baptême : nous pouvons déjà, petit à petit, apprendre à découvrir ce Dieu que notre cœur pressent même si nos yeux ne le voient pas. Nous pouvons déjà apprendre à comprendre qui il est et ce qu’il nous propose comme chemin de vie et de bonheur, grâce à ce que Jésus nous en révèle et grâce à ce que les Ecritures nous en partagent. Nous pouvons déjà le connaître un peu, et même le rencontrer ou plutôt l’accueillir, dans la prière et les sacrements, comme ce matin dans cette eucharistie où Jésus, mystérieusement, se donne à accueillir dans le Pain et le Vin pour se faire notre force pour ce que nous avons à vivre. Oui, nous pouvons déjà vivre une certaine relation à Dieu, c’est possible dès maintenant. Nous pouvons déjà vivre avec lui. Et nous pouvons déjà vivre les appels qu'il nous propose qui sont de l'ordre de la vie.

Parce que la Bonne Nouvelle, la Bonne Nouvelle du salut, c’est que quoi qu’il arrive, avec le Christ, la vie sera plus forte que tout mal et que toute mort. Non pas qu’il n’y aura plus d’épreuve et de souffrance, non pas qu'il n'y aura plus de pardons et de réconciliations à vivre et non pas que nous n’allons pas mourir – ça se saurait et même Jésus est passé par l’épreuve de la mort – mais même au cœur de cela, la mort, nous croyons que la vie peut triompher…

Comment ? Je ne sais pas, nous verrons. Mais en tout cas la vie éternelle et la résurrection promise c’est déjà effectif et déjà nous pouvons faire l’expérience qu’il est dans notre quotidien des rencontres et des évènements qui nous relèvent, qui nous remettent en route, qui nous redonnent goût à la vie, qui nous redonnent confiance et espérance. La vie est plus forte que tout mal et que tout mort. Et Dieu est présent, parfois sans que nous ayons conscience qu’il est là. Mais il est là, et autour de nous certains sont pour nous – même sans le savoir – ces mains par lesquelles Dieu aura pris soin de nous, et cette voix réconfortante qui aura su nous consoler ou nous apaiser.

Alors nous pouvons rendre grâce ce matin pour toutes ces personnes qui nous aident, ou qui nous ont aidées, à avancer, et à ne pas sombrer dans telle ou telle épreuve ou deuil que nous avons eu à traverser. Nous pouvons rendre grâce au Seigneur de ce qu’il souffle dans le cœur de uns et des autres des chemins de présence et de fraternité pour que ceux qui désespèrent trouvent sur leur route une petite lumière qui leur permette un jour d’y voir plus clair. Ces évènements et ces rencontres sont comme un avant-goût, un aperçu de cette vie éternelle et de ce salut qui nous sont promis et qui sont déjà à l’œuvre aujourd’hui, cette vie éternelle qui est aussi une promesse de vie pour toujours, une promesse de résurrection, une promesse de vie même après la mort, si nous voulons bien vivre avec Dieu.

Nous n’en avons pas toujours conscience, mais Dieu est fidèle, quoi qu’il arrive. Et je prie ce matin pour que les uns et les autres nous puissions faire cette expérience, si ce n'est déjà fait, de son amour pour nous, de sa présence, de cette vie qui nous traverse et qui vient de lui. Et je prie pour que cette Bonne Nouvelle et cette promesse de la résurrection soient vraiment pour nous tous comme un moteur, un moteur d’espérance quand nous aurons des épreuves à traverser. Tournons-nous alors vers le Christ pour qu’il nous aide. Nous ferons alors l’expérience qu’avec lui, comme je l'ai déjà dit à plusieurs reprises, la vie et l’amour dans le don de soi sont quoi qu’il arrive plus forts que tout mal et que toute mort. Nous découvrirons que quoi qu’il arrive c’est la vie qui est promise, et que nous sommes vivants, pas toujours comme nous l’aurions rêvés, mais vivants quand même.

Nous prions aussi pour nos défunts, ceux que nous aimons, ceux qui nous manquent, et tous les autres... ! Que le Seigneur les accueille dans sa vie. Nous prions pour qu’ils veuillent de cette vie avec lui et qu’alors, un jour, nous les retrouvions pour cette vie pleine, cette vie éternelle qui nous est annoncée et promise.

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