Homélie dimanche 14 décembre 2014

Publié le par Christophe Delaigue

3ème dim. de l'Avent / Année B

St Chef (avec des familles de la catéchèse)

Is 61,1-2a.10-11 / Lc 1,46-50.53-54 (Magnificat) / 1Th 5,16-24 / Jn 1,6-8.19-28

J’aime beaucoup la figure de Jean-Baptiste… On en a parlé déjà la semaine dernière pour ceux qui étaient à la messe... On nous dit aujourd'hui qu'il est celui qui nous révèle qu'il y a parmi nous quelqu'un que nous ne reconnaissons pas encore, quelqu'un que nous ne voyons pas... Jésus qui est là...

Ceci étant dit, ce qui me frappe plus particulièrement dans tout ce qu’on vient d’entendre, en tout cas ce par quoi j’ai envie de commencer, c’est St Paul, dans la 2ème lecture, qui nous invite à être dans la joie et à rendre grâce au Seigneur, c’est-à-dire lui dire merci ! Parmi nous certains n’arrivent peut-être pas à être dans la joie, pour tout un tas de raisons… Et pourtant, nous dit St Paul, c’est à cela que le Seigneur nous appelle, c’est ce qu’il attend de nous…

Pour y arriver, malgré tout peut-être, Saint Paul nous parle de l’Esprit Saint. L’Esprit Saint, c’est la force de Dieu, c’est sa présence, c’est la force qu’il veut nous donner, notamment si nous trouvons que la vie est trop dure ou qu’elle manque de sens et que ça nous empêche d’être dans la joie. L’Esprit Saint, c’est d’ailleurs le souffle de vie de Dieu en nous.

St Paul nous dit même que l’Esprit Saint nous aidera, qu’il nous soufflera ce dont nous avons besoin, grâce, dit-il, aux prophètes que nous allons rencontrer. C’est-à-dire grâce à ces personnes qui vont croiser notre route et qui vont jouer ce rôle, cette mission, de nous rappeler, nous redire, qui est Dieu, et sa présence ; nous rappeler, nous redire ce à quoi il nous appelle, ce qu’il peut nous offrir mais aussi ce qu’il attend de nous si nous acceptons de le rendre partie prenante de notre vie.

St Paul nous invite enfin à nous ouvrir à l’Esprit Saint, à demander à Dieu sa présence de vie, d’amour et de paix, pour que nous puissions découvrir Jésus ; Jésus qui vient à notre rencontre et qui peut éclairer ce qui nous avons à vivre, nous a dit l’évangile, c’est-à-dire Jésus qui peut donner sens à notre vie et nous aider à y voir plus clair.

C’est justement ce qu’on va fêter à Noël, dans quelques jours. Jésus ressuscité qui veut nous rejoindre, chacun, Jésus qui voudrait naître, renaître, en chacun de nous et dans notre monde aujourd’hui pour nous ouvrir à ce salut qu’il peut nous offrir, cette consolation qu’annonçaient les prophètes, cette paix dont il ne cessera pas de parler et de vivre tout au long des évangiles.

Il est, Jésus, celui dont nous parlait la 1ère lecture, celui qu’annonçait le prophète Isaïe. D’ailleurs, Jésus, un jour, alors qu’il était à la synagogue à Nazareth pour prier et pour écouter la Parole de Dieu, Jésus, ce jour là, a ouvert le livre des Ecritures et il est tombé exactement sur le passage qu’on a entendu. Et il a conclu en disant : « Cette Parole c’est aujourd’hui qu’elle s’accomplit »… Il est celui qui vient apporter une Bonne Nouvelle aux pauvres – quelle est chacun notre pauvreté ? – ; il est celui qui vient guérir nos cœur blessés ; il est celui qui vient annoncer à ceux qui sont emprisonnés qu’un chemin de libération est possible – quels sont nos enfermements intérieurs, ce qui nous emprisonne et qui nous empêche de nous sentir libres ? C’est tout cela le salut qui nous est promis.

Jésus est venu inaugurer ce temps du salut qu’il nous propose d’accueillir pour nous-mêmes et de vivre concrètement pour ceux qui nous entourent ; et il est venu, Jésus, nous dire qu’avec lui plus de paix est possible, en nous mais aussi entre nous, avec lui, si nous le lui demandons… Est-ce que nous voulons bien lui faire cette confiance là et la lui demander cette paix ?

Il est déjà venu, Jésus, et à Noël nous ferons mémoire de sa naissance en notre monde. Mais nous croyons aussi qu’après sa mort et sa résurrection, il continue d’être présent et de vouloir nous visiter, même si nos yeux ne le voient pas. Par l’Esprit Saint notamment, mais aussi, par exemple, dans l’eucharistie que nous célébrons, semaine après semaine, ce pain et ce vin consacrés qu’il nous invite lui-même, Jésus, à recevoir dans la confiance, à recevoir comme sa présence dans notre vie, sa présence en nous pour qu’il soit lui-même notre force dans ce qu’il y a à vivre et qu’il soit lui-même cette paix du cœur que nous demandons. C’est mystérieux, c’est vrai, mais il nous l’a promis. Et moi, sa promesse qu’il est là ça me suffit ! Même si je ne comprends pas tout … ! Il a promis que là, dans ce pain et ce vin, il serait présent, réellement. Moi je crois que Dieu peut faire cela s’il est vraiment Dieu…

Et je crois que Jésus se donne aussi dans d’autres situations, et qu’il se donne à nous, par exemple, dans le secret de notre cœur, quand nous prions. Là aussi nous pouvons la lui demander cette paix du cœur qui nous est promise. Nous ferons alors l’expérience qu’il vient éclairer notre vie, qu’il est cette lumière dont parlait Jean-Baptiste dans l’évangile. Nous ferons l’expérience que sa présence mystérieuse et pas tellement prouvable peut nous permettre de trouver un sens et même de goûter ce bonheur que nous espérons et que nous cherchons.

Alors nous pourrons à nouveau rendre grâce, nous pourrons à nouveau dire merci à Dieu, et nous pourrons être dans la joie, comme St Paul nous y invitait dans la 2ème lecture.

Je ne sais comment nous recevons les uns et les autres tout cela. Je crois en tout cas que c’est vraiment un chemin de libération intérieure. Je prie pour que nous le découvrions, que nous y goûtions dans cette eucharistie. Et que la paix nous soit donnée en ce temps de Noël. Pour cela, nous prenons quelques instants de silence pour déposer au Seigneur ce que nous voulons bien qu’il porte avec nous.

Publié dans Homélies

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