L'évangélisation comme annonce joyeuse de la Parole

Publié le par Christophe Delaigue

[Voici mes notes de la conférence de mon confrère du CTM donnée sur ma paroisse dans le cadre d'un parcours sur La Joie de l'Evangile du pape François. Ces notes, évidemment, ne sont que des notes et n'engagent donc que celui qui les a prises...]

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"La Joie de l'Evangile" - soirée 3

Dominique Charles, op.

Le primat de l'annonce de l'Evangile

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  • Le 1er thème c'est celui de la joie.

Le pape souhaite que la joie nous habite, nous renouvelle, et renouvelle l'Eglise. Si nous ne sommes pas joyeux nous ne pourrons témoigner et attirer au Christ.

Le grand risque dans notre monde aujourd'hui : une tristesse individualiste (qui guette les croyants aussi). La joie est liée à l'amour et à l'ouverture du cœur.

Cette joie naîtra de la rencontre du Christ et la permettra.

Le pape veut nous réveiller, réveiller tous les chrétiens et notamment ceux qui sont devenus endormis. Évangéliser c'est réveiller la joie de croire ! Et c'est cette joie qui sera ensuite évangélisatrice, pas par prosélytisme mais par attraction communicative

Ceci implique une sortie, aller à la rencontre, aux périphéries.

L'Eglise doit avoir ses portes ouvertes, qu'on puisse en sortir facilement et y entrer facilement. C'est important de le réentendre, c'est la logique de la révélation (on l'a entendu abondamment dans les textes de ce temps de Noël : grande joie, Dieu sort pour nous rejoindre).

Dieu veut provoquer chez nous un dynamisme de la sortie (cf. n.20). Nous sommes appelés à une conversion missionnaire dans un mouvement de purification et de réforme, de créativité aussi et d'audace.

Tout est possible si nous sommes habités par la joie dynamisante de nous savoir aimés de Dieu. Ne soyons pas d'abord préoccupés par la transmission désarticulée de doctrines qu'on veut imposer (n.35) mais par un style missionnaire joyeux et d'abord en actes.

  • L'annonce de l'évangile (chapitre 3) :

Impérative nécessité des renouveler notre transmission de la foi et notre annonce de l'évangile. Pas d'évangélisation sans annonce explicite que Jésus Christ est le Seigneur, Dieu (n.110). Notre manière d vivre doit faire passer cela, pas qu'avec nos mots dira-t-il mais par notre manière d'être et nos actes.

Tout baptisé, toute l'Eglise, est appelé à évangéliser. C'est notre mission reçue à notre baptême.

Le primat de l'annonce de l'évangile c'est l'annonce que Dieu fait grâce (n.112) : ce n'est pas nous qui évangélisons, c'est un autre qui à travers nous évangélise. Nous sommes au service d'une initiative divine qui nous dépasse et qui s'adresse à tous (n.114).

Évangéliser demande que nous soyons en accord avec le grand projet d'amour de Dieu, de miséricorde gratuite. Pour tous.

Pour être missionnaire il faut avoir été touché par la grâce. Ce qui veut dire avoir rencontré l'amour de Dieu en Jésus-Christ. C'est cela qui nous rendra missionnaire ! C'est la seule condition véritable pointée par le pape François.

On n'est jamais totalement évangélisé, les uns les autres nous allons nous aimer, n'ose remettre en cause, nous évangéliser. C'est cela l'Eglise ! Et même ceux que nous voudrons rejoindre vont nous évangéliser.

Acceptons tous d'être remis en cause par l'autre, ses questions, ses convictions. Nous sommes appelés toujours à progresser.

Nous évangélisant mutuellement nous devenons capables d'évangéliser les périphéries.

Le renouveau de l'évangélisation n'impose pas toujours une annonce formelle de l'évangile. Au n.127 il parle de prédication informelle par la conversation et la visite de l'autre car être disciple, c'est avoir la disposition permanente de porter spontanément l'amour de Dieu aux autres, en tout lieu. Vivre l'évangile à plein en permanence, de façon contagieuse (mais sans stratégie).

L'évangélisation passera toujours par le dialogue personnel, la rencontre personnelle, l'accueil de l'autre. Notre manière d'être doit faire de nous tous de petits lieux d'évangélisation. C'est dans le dialogue et la rencontre que pourront se partager les joies et les espérances, les questions et les souffrances. C'est là qu'une prédication par l'exemple et l'écoute va pouvoir se développer et se mettre humblement en mots, peut-être. Comme Jésus.

Ne pas vouloir transmettre des formules toutes faites avec des formules invariables qui vont nous rassurer ! Partager ce qui sort du cœur !

L'évangélisation est l'œuvre de l'Eglise mais ne sera rendue possible que si chacun s'y met, simplement, là où il est , chaque jour, en chaque situation, par le témoignage joyeux d'une fois en actes. Comme le Christ.

  • L'annonce du kérygme :

Le kérygme c'est la proclamation du message dès la Bonne Nouvelle du Christ dans son essentiel : Jésus Christ mort et ressuscité pour nos péchés.

Le mandat missionnaire est lié à la croissance de la foi.

Évangéliser c'est ouvrir un chemin de maturation et de formation (n.160). On n'aura donc jamais fini. Ce sera peu à peu. Je vais grandir dans la foi grâce aux autres et le leur permettre aussi. Évangéliser c'est aider à grandir dans la foi, ce qui implique de prendre très au sérieux chaque personne dans cette conviction que le Seigneur travaille et change les cœurs, que notre mission c'est de permette cela, de personne à personne. Un compagnonnage.

Apprendre à observer ce que le Seigneur nous indique comme réponses à son amour. Se laisser aimer par lui et vivre cet amour entre nous et autour de nous. C'est à cela que nous serons reconnus comme ses disciples.

La vie chrétienne est un chemin de croissance dans l'amour.

Il faut donc apprendre peu à peu à se laisser transformer par l'Esprit qui est répandu dans nos cœurs et qui, lui, nous apprend à vivre cette logique de l'amour, qui est un commandement.

Le résumé de la foi qui doit nous habiter (n.164) : "Jésus Christ t'aime, il a donné sa vie pour te sauver. Et maintenant il est vivant à tes côtés chaque jour pour t'éclairer, te fortifier, te libérer".

Jésus nous aime. Il veut et peut nous sauver. Il a donnés à vie pour cela et il est vivant, pré sentiment, à nos côtés, quoi qu'il arrive.

L'amour sauve et prime sur l'annonce de toute obligation morale ou religieuse.

Notre annonce ne doit rien imposer mais réveiller la liberté. Elle exige proximité, ouverture au dialogue, patience et attention cordiale qui ne condamne pas.

Transmettre une manière de vivre plus qu'un contenu dogmatique. C'est un art, dit-il, un art de l'accompagnement (n.169). L'autre est terre sacrée car c'est d'abord Dieu qui s'adresse à lui et veut se révéler à lui (je suis au service de cela).

La vie chrétienne est un pèlerinage avec le Christ, vers le Père qui demande de sortir de soi pour attendre une vraie liberté. En étant docile à l'Esprit Saint, dans une prudence qui est attention aux situations très concrètes, patiemment.

Apprendre à écouter au dedans de nous pour mieux écouter les autres. Développer une oreille du cœur, développer un art de l'écoute en soi, au-dedans, pour mieux écouter au dehors de soi, capable de compatir (n.171).

L'écoute va nous donner de trouver le geste qui fait que nous ne serons plus spectateurs. L'écoute va nous obliger à vivre l'évangile. Une écoute active pour une vie d'évangile. Non plus être face aux situations mais y entrer ; passer du devant au dedans.

L'écoute doit aussi être celle de la Parole qui doit nourrir l'évangélisation (qui doit se fonder sur la Parole écoutée, méditée, vécue, célébrée et témoignée ; c'est cela une vie d'Eglise).

Pour annoncer l'Evangile il faut se laisse transformer par la Parole qui va nous rendre capable d'un authentique témoignage évangélique dans la vie de tous les jours.

  • L'amour...

La première motivation pour évangéliser c'est la pour de Dieu que nous avons reçu, l'expérience vécue de se découvrir aimé et Dieu, sauvé par cet amour et ainsi provoqué à se laisser aimer encore plus et l'aimer lui. Si je ne le ressens plus alors il me faut le lui demander dans la prière, lui demander qu'il vienne me séduire à nouveau.

Quel serait un amour qui ne se sentirait pas obligé de parler de celui qui est aimé ? Ça se voit quand on aime et qu'on est aimé, et on veut le dire autour de soi si ça nous fait vivre !

Lui demander la grâce de réchauffer nos cœurs froids, nous rendre aimants de lui et des autres, nous réveiller de nos endormissements. Il nous faut le lui demander !

Il est urgent, dit le pape, de retrouver un esprit contemplatif pour se redécouvrir dépositaire d'un bien qui humanise, l'amour et la présence du Christ (n.264).

Il n'y a rien de mieux à transmettre aux autres que cet amour, cette pré séance, le Christ lui-même.

Sommes -nous persuadés qu'avoir connu Jésus n'est pas la même chose que ne pas le connaître, marcher avec lui, l'écouter, se reposer en lui, construire le monde avec son évangile et pas seulement avec notre propre raison ? Avec lui la vie devient beaucoup plus pleine et avec lui il est plus facile de trouver un sens à tout, voilà pourquoi nous voulons ou devrions vouloir transmettre ! Voilà pourquoi nous évangélisons !

Ce n.266 est très important. Y compris la suite de ce numéro : si nous ne faisons pas cette expérience nous ne convaincrons personne...

On ne transmet que ce qui nous fait vivre. Il faut se "former" à la vie avec le Christ qui va nous faire entrer dans sa joie, la joie de l'évangile, et nous donner de la répandre et la faire grandir, se démultiplier, se répandre.