Homélie dimanche 8 février 2015 - Dimanche de la santé

Publié le par Christophe Delaigue

5ème dim. du Temps Ordinaire / Année B

Dimanche de la santé

Boussieu

Jb 7,1-4.6-7 / Ps 146 (147 A) / 1Co 9,16-19.22-23 / Mc 1,29,39

Dans la 2ème lecture, nous avons entendu cet appel de Paul : « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile ! »… Annoncer l’Evangile c’est annoncer la Bonne Nouvelle de Jésus Christ, Jésus Christ qui est mort et ressuscité – c’est ça que ça veut dire – ; c’est annoncer que Jésus Christ est Bonne Nouvelle pour notre vie ; Est-ce que nous y croyons ? C’est en tout cas ce qu’a découvert Paul, lui qui était persécuteur des chrétiens. Paul a rencontré Jésus ressuscité un jour sur le chemin de Damas, pour lui ça a été une expérience, pas d’abord des mots, l’expérience concrète et mystérieuse de la présence de Jésus ressuscité.

Annoncer l’Evangile, c’est non seulement le mettre, lui le Christ, au centre de notre vie, pour de vrai, et donc prendre du temps pour le chercher et le trouver, que ce soit dans la prière mais aussi dans la lecture ou le partage de sa Parole ; mais annoncer l’Evangile c’est tout autant oser dire au monde en qui nous croyons et pourquoi, l’annoncer avec des mots parce que si ça change quelque chose dans notre vie que Jésus soit présent ou que nous voulions bien y croire, alors nous ne povons pas nous taire ! Et c’est en même temps l’annoncer en actes, c’est en vivre concrètement, jour après jour. Ça ne peut pas rester que des mots, ça doit nous changer.

Comment faire pour annoncer cette Bonne Nouvelle, si nous y croyons et si ça nous fait vivre ? J’ai envie de dire : regardons tout simplement Jésus, ce qu’il dit, ce qu’il fait et ce qu’il vit… Et osons faire comme lui !

Jésus, il priait et il guérissait les malades. Voilà ce que nous venons d’entendre. Eh bien, à notre tour, prions, prions nous aussi, prions le Christ pour qu’il vienne changer nos cœurs, notre vie et notre regard les uns sur les autres ; demandons-lui avec force qu’il vienne nous transformer de l’intérieur pour que nous apprenions à mieux nous aimer, déjà entre nous, en communauté et en paroisse où il y en a parfois bien besoin, mais aussi avec ceux qui nous entourent, dans nos familles, dans nos quartiers et ailleurs… Faisons-le pour de vrai, c’est une question d’authenticité de notre témoignage !

Jésus priait mais aussi il guérissait les malades – on vient de l’entendre. Qu’est-ce que ça veut dire pour nous ? On nous dit à maintes reprises dans les évangiles que Jésus accomplissait des miracles. Ces miracles ils sont signes du salut que Jésus veut annoncer à tous les hommes. Par ces miracles, on ne nous dit pas que Jésus soignait les gens mais bien qu’il les guérissait, ce qui n’est pas tout à fait pareil… Jésus vient pour nous guérir et nous sauver, c’est-à-dire qu’il vient pour nous libérer de ce qui nous empêche de vivre pleinement ; il vient pour nous guérir déjà intérieurement ; pour que nous puissions nous tenir debout, que nous puissions être des vivants au cœur de ce que la vie nous fait traverser.

A la suite de Jésus, nous sommes invités à guérir. Guérir mais pas soigner ; nous ne sommes pas médecins et encore moins des magiciens. Mais nous sommes invités à guérir ceux qui croisent notre route et qui en ont besoin, nous sommes appelés à leur permettre de se relever et de vivre mieux, de vivre pleinement. Cela passe par un certain regard sur l’autre mais aussi par des gestes concrets.

C’est ce que peut nous rappeller par exemple le sacrement des malades dont je voulais dire quelques mots en ce « Dimanche de la santé » ; ce sacrement qui est célébré depuis les tous premiers temps de l’Eglise nous le proposerons largement dans le Temps pascal, notamment à toutes les messes du dimanche après Pâques, pour ceux qui le souhaiteront. Ce sacrement des malades qui est un signe de la guérison que Dieu offre – et qu’il offre de bien d’autres manières encore –, ce sacrement, donc, qui est un signe et un moyen concret et efficace, c’est d’abord et avant tout une prière pour celui qui en a besoin et une prière avec lui, une prière tout simplement parce que nous le remettons avec confiance dans les mains de Dieu qui nous dit sa présence et sa force de salut dans les épreuves que nous avons à traverser.

Demander et célébrer ce sacrement – qui n’est absolument pas réservé aux mourant contrairement à ce que la pratique a pu faire croire – c’est vraiment, comme tous les sacrements, un acte de foi, de confiance, en la présence du Seigneur qui est là avec nous, le Seigneur qui tient nos vies, le Seigneur qui nous assure de sa présence avec nous pour toujours ! Ce sacrement, c’est le sacrement de sa présence avec nous au cœur de l’épreuve que nous traversons, qu’elle soit de l’ordre d’une maladie ou d’une souffrance liée à la vieillesse. C’est un acte de foi, un peu comme celui de Job, dans la 1ère lecture, Job qui crie sa souffrance, mais qui la crie encore vers Dieu.

Je crois que le Seigneur donne sa force à ceux qui la lui demandent – pas que dans les sacrements, d’ailleurs, déjà dans la prière et tout spécialement aussi dans le sacrement de l’eucharistie qui nous rassemble ce matin encore – ; et je crois que Dieu nous la donne cette paix du cœur qui nous est promise… Je crois vraiment qu’il peut nous relever aussi, et qu’il nous relève grâce aux uns et aux autres.

Alors, oui, « Malheur à moi si je n’annonce pas l’Evangile »… Malheur à nous ! Cela commence – je l’ai déjà dit – par se tourner vers le Seigneur, mais cela n’est rien si nous ne le vivons pas ensuite et pour de vrai dans les petits gestes du quotidien. Alors retroussons-nos manches, ai-je envie de dire ! Tournons-nous toujours plus vers ceux qui autour de nous poussent le cri de Job. Et n’oublions pas que ce cri, au fil des pages, devient chant de confiance et d’espérance, grâce à ceux qui autour de Job, parfois très maladroitement, lui ont permis de mettre des mots sur ce qui lui arrive et sur sa confiance en Dieu qui avait pu être ébranlée. Et n’oublions pas que, comme pour Job, une confiance en Dieu peut grandir, même dans l’épreuve, et qu’elle est déjà guérison parce qu’elle est ouverture vers la vie qui est là en nous…

Ce matin je prie tout particulièrement pour que nous demandions à l’Esprit Saint de descendre dans nos cœurs, pour qu’il nous aide et pour qu’il nous pousse à vivre concrètement la tendresse et la consolation, la vivre pour celles et ceux qui nous entourent et tout spécialement pour les malades qui sont aujourd’hui au cœur de notre prière, ceux de nos familles ou de nos communautés, celle et ceux aussi qui se meurent ou qui sont seuls, dans les hôpitaux ou les maisons de retraite...

Publié dans Homélies