Homélie dimanche 1er mars 2015

Publié le par Christophe Delaigue

2ème dim. de Carême / Année B

St JB (BJ) / Chapelle des Petites sœurs – Médipôle (dim. soir)

Gn 22,1-2.9-13.15-18 / Ps 115 (116 B) / Rm 8,31b-34 / Mc 9,2-10

La 1ère lecture comme l’évangile sont des textes que nous connaissons, je crois. Et aujourd’hui ils nous sont redonnés à entendre, au cœur de notre carême, parce qu’ils nous orientent, ils orientent notre marche, ils peuvent nous aider à avancer vers ce que nous allons célébrer à Pâques ; pour le dire autrement : ils éclairent, ces textes, le sens de notre pèlerinage de carême et donc de notre chemin de foi puisque le carême est ce temps qui nous est donné pour refonder qui nous sommes…

Dans la nuit du samedi saint, rappelez-vous, qu’est-ce que nous allons célébrer ? Nous allons célébrer le Seigneur qui tient promesse ; Dieu qui tient promesse au-delà de toute apparence et au-delà de toute attente, Dieu dont la vie et avec qui la vie est plus forte que tout mal et que toute mort… C’est un mystère énorme, un mystère inouï ; et chaque année il nous est donné de le refaire nôtre, chaque année la liturgie nous aide à nous préparer à recevoir cette Bonne Nouvelle, cette grande nouvelle ! La recevoir comme quelque chose de neuf, de nouveau, et quelque chose de bon pour nous. Et aujourd’hui, notre 1ère lecture comme cette page d’évangile que je viens de vous lire nous orientent complètement vers ce mystère de Pâques…

La 1ère lecture, d’abord. C’est l’histoire d’Abraham et de son fils Isaac. C’est une histoire en apparence choquante mais c’est l’histoire de la confiance d’Abraham en Dieu, une confiance au-delà de tout, une confiance jusqu’au bout, une confiance même si Abraham ne comprend pas tout. D’ailleurs, face à ce récit, nous sommes bien comme Abraham, nous ne voyons pas bien où Dieu voulait en venir et nous nous demandons même peut-être pourquoi Dieu voulait qu’Abraham mette à mort son fils tant attendu et tant désiré. Est-ce d’ailleurs de cela dont il s’agit ? Quelle idée Abraham se faisait-il de Dieu pour entendre cela, pour croire que Dieu lui demande d’ôter la vie de celui qu’il lui a pourtant donné ?

Si nous regardons de près ce qui nous est raconté, eh bien je crois que nous découvrons qu’Abraham a tellement confiance dans son Seigneur, qu’il savait au fond de lui qu’Isaac ne mourrait pas. Que c’était une question de confiance à garder malgré tout, malgré les apparences. Abraham – vous irez lire le récit dans son entier, sans les coupures qu’on a eu – Abraham sait que Dieu tient ses promesses – il en a déjà fait l’expérience – ; il sait donc que la descendance qui lui est promise verra bien le jour, quoi qu’il arrive. Sans doute qu’Abraham ne comprenait pas bien ce que Dieu voulait dans cette épreuve qui lui est demandée ou qu’il croit voulue par Dieu ; mais Abraham a confiance. Il a même tellement confiance qu’il ne discute pas, il suit ce que Dieu semble lui demander. Quoi qu’il arrive, le projet de Dieu, la promesse de Dieu sera tenue, donc faisons confiance.

D’ailleurs on voit bien à la fin de l’histoire qu’Abraham avait raison, Dieu renouvelle son alliance et sa promesse. C’est la confiance d’Abraham qui ouvre un avenir possible et qui va permettre à beaucoup de recevoir la bénédiction de Dieu, ce Dieu qui ne veut pas les sacrifices qui mènent à la mort et encore moins la mort des hommes et des femmes que nous sommes, mais qui veut que nous ayons la vie !

La question qu’on peut se poser chacun, c’est celle de savoir où nous en sommes de cette confiance en Dieu – et en quel Dieu ? Profitons de ce temps de carême pour lui confier dans la prière nos questions et même nos doutes si nous en avons. Demandons-lui qu’il nous accompagne toujours sur notre chemin et qu’il nous éclaire. Et je vous assure que si vous lui faites cette confiance là, il va vous éclairer ! Faisons lui confiance ! Je ne sais pas quelle forme cela prendra mais il y aura peut-être une rencontre que vous allez faire ou un passage biblique que vous avez lire qui va donner du sens à ces questions ou ces doutes que vous pouvez déposer au Seigneur… Faisons-lui cette confiance là… Prenons le temps de lui dire tout ça…

Si je regarde maintenant l’évangile de ce dimanche, vous aurez remarqué qu’il s’agit aussi d’une histoire sur une montagne. Avec Pierre, Jacques et Jean, ou plutôt comme eux, nous sommes invités – c’est notre temps de carême – à prendre un peu de hauteur, prendre un peu de recul pour découvrir ou pour redécouvrir qui est Jésus, c’est-à-dire qui il est, lui que nous essayons de suivre ; qui il est, lui dont nous essayons d’être les disciples et les témoins. Nous voulons croire en sa présence, lui le Christ Ressuscité, lui que nous allons fêter à Pâques, nous voulons lui faire cette confiance là, cette confiance complètement inouïe.

Mais nous voyons bien qu’il nous faut accepter d’entendre les questions qui bouillonnent en nous et qu’en même temps il nous faut nous sans cesse nous convertir, il nous faut purifier notre regard sur ce que nous attendons de lui, il nous faut purifier aussi notre regard les uns sur les autres pour apprendre comme lui à aimer chacun, pour découvrir comme lui combien chacun, combien tout être humain, a de la valeur, combien nous pouvons tous, qui que nous soyons, apporter quelque chose de beau et de bon à ce monde et aux autres.

L’invitation nous est faite à oser prendre ce temps du retrait pendant notre carême , nous mettre un peu à l’écart pour grandir dans une relation avec Jésus, dans la prière et le silence mais aussi dans la lecture de la Parole de Dieu ; l’invitation nous est faite aussi à prendre ce temps pour entendre encore et toujours ce que Dieu souffle à chacun de nous : toi aussi tu es mon Fils Bien-Aimé ; toi aussi, même si les autres te trouvent différents ; toi aussi, même si tu passes toujours ton temps à critiquer et du coup à faire du mal ; toi aussi, même si parfois tu oublies que ton Dieu est là et qu’il t’aime ; toi aussi, qui que tu sois et quelle que soit ton histoire…

Dieu aime chacun de nous et à chacun il nous fait cette promesse :

Toi aussi je vais te sauver, c’est-à-dire je vais te libérer de ce qui, en toi, t’empêche d’avancer. Fais moi juste confiance… Je suis là avec toi… Prends le temps de m’accueillir… dans ma Parole, dans mon eucharistie, dans ceux que je mets sur ta route… Et n’oublie pas… quoi qu’il arrive, garde confiance… car je tiendrai ma promesse…

Publié dans Homélies

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