Homélie dimanche 26 avril 2015

Publié le par Christophe Delaigue

4ème dim. de Pâques / Année B

St JB (Bourgoin) / Chapelle des Petites sœurs - Médipôle BJ [dim. soir]

Ac 4,8-12 / Ps 117 (118) / 1Jn 3,1-2 / Jn 10,11-18

Au cœur de ce temps pascal cette page d’évangile est vraiment une invitation à contempler Jésus. Et notamment à le contempler dans ce don de sa vie que nous avons tout particulièrement célébré au cours de la Semaine sainte.

1ère bonne nouvelle de ce jour, 1ère bonne nouvelle de ce texte, Jésus est ce berger, ce bon berger, qui guide et accompagne son troupeau, son peuple. Il est ce berger, ce bon berger dont la promesse nous est faite que quoi qu’il arrive il ne nous abandonnera pas. Nous pourrions traverser les ravins de la mort, comme dirait le Ps 22, il sera avec nous. Il est celui qui a traversé le mal et la mort, celui qui nous promet la vie et qui nous ouvre à sa vie, il est celui qui peut nous entraîner dans sa propre résurrection, demain mais dès maintenant.

Je crois que c’est bon de le réentendre ce matin/soir. C’est bon de le réentendre quand l’actualité pourrait nous faire peur ou nous faire douter. Car elle est réelle cette question qui peut nous habiter : Que fait Dieu quand des frères et sœurs chrétiens sont mis à mort au nom de leur foi ? Je pense évidemment aux frères et sœurs d’Orient persécutés ces derniers jours et ces derniers mois, je pense tout particulièrement aussi à ces 1,5 millions d’Arméniens exterminés il y a tout juste 100 ans, ces chrétiens qui ont subi ce terrible génocide et que l’Eglise arménienne vient de canoniser avant hier. Comme le Christ, comme Jésus, ils ont été conduit à la mort. Et comme lui ils n’ont pas renié leur foi. C’est bien ce qui s’est passé le soir du Jeudi saint et au cours du Vendredi saint : Jésus n’a pas sauvé sa peau, il y va. Comme dit l’évangile de ce jour, il donne sa vie, librement. Au nom de sa foi en Dieu, au nom de son message d’amour. Il y va. Il le fait pour nous. S’il avait faire machine arrière alors il n’était pas fidèle à sa Parole, il contredisait ce qu’il annonçait d’un Dieu qui aime quoi qu’il arrive, d’un Dieu qui reste fidèle, d’un Dieu qui sera là et qui n’abandonne pas son peuple, son troupeau. Jésus n’a pas sauvé sa peau. Celles et ceux qui étaient là tel un public impuissant ou qui préfère se taire se sont demandé si Dieu son Père ne l’avaient pas laissé tombé, nous aussi nous nous demandons parfois que fait Dieu quand un innocent est torturé et mis à mort. Mais nous savons, nous croyons, que Dieu l’a ressuscité, qu’il l’a sauvé autrement.

Dieu nous aime tellement qu’il nous laisse libre jusqu’au bout, et même (malheureusement...) jusqu’à vivre le mal et vivre sans lui, Dieu. Mais Dieu n’abandonne pas ceux qu’il aime. Il nous promet la vie. La vie au cœur de ce que nous traverserons, le mal comme la mort. Non pas , nous le savons, que nous ne souffrirons plus ou que nous ne mourrons pas, mais au cœur de cela, il est là, il est présent. C’est notre foi et ça peut être – ça devrait être – un réel moteur de vie et d’espérance. Nous avons à nous y aider, au nom même de notre foi en ce Dieu là et en cette promesse de vie.

Du coup, la question, c’est celle de savoir si comme le Christ, nous sommes donnés. Donnés à Dieu et donnés les uns aux autres ? Est-ce que nous nous sentons et est-ce que nous nous savons responsables les uns des autres ? On peut venir le dimanche à la messe et malheureusement n'en avoir rien à faire des autres ! Je ne dis pas ça pour nous mettre la pression ou pour nous culpabiliser ou pour je ne sais quoi d’autre qui vous vient spontanément, non, c’est juste la question de savoir si nous avons conscience que ça nous engage d’être chrétiens, de croire au Christ qui s’est donné jusqu’au bout, par amour, que ça nous engage de décider de vivre à sa suite, que ça nous engage de nous approcher tout à l’heure pour recevoir le sacrement de sa présence. Le recevoir pour vivre de lui, pour le donner au monde, pour lui permettre de rejoindre chacune et chacun et avec lui nous relever les uns les autres, nous soutenir dans les épreuves, nous donner de recueillir ensemble la vie qui est là, parfois imperceptible, mais qui est là quand même, la vie qui toujours, avec Jésus, sera plus forte que le mal et que la mort.

Jésus a donné sa vie pour nous. Il a donné sa vie pour cela. Nous n’aurons jamais fini de comprendre, nous n’aurons jamais fini d’en prendre conscience. Mais c’est une Bonne Nouvelle, vraiment. Même si, je le redis, ça nous engage, ça nous appelle. En tout cas c’est Bonne Nouvelle car c’est le chemin de bonheur qui nous est proposé. Or nous sommes appelés au bonheur, c’est notre vocation commune. Nous sommes appelés à trouver notre bonheur dans les promesses de vie que Jésus nous a révélées.

En ce dimanche de vocation, j’aimerais vraiment que nous décidions, aujourd’hui encore, de renouveler notre attachement au Christ. Mais pas comme une idée ou comme des mots creux. J’aimerais que ça prenne résonnance en nos cœurs, que ça devienne prière : « Seigneur, donne-moi de croire vraiment que tu es là. Donne-moi de trouver dans ma vie de chaque jour comment te faire une plus grande place, dans la prière déjà, pour mieux être présent aux appels du monde. Donne-moi le goût de ta Parole à partager avec d’autres pour me laisser façonner par tes appels d’Evangile. Et donne-moi le goût de prendre le temps, souvent, du don de ta présence dans l’eucharistie et dans les sacrements. Tout simplement pour être plus fort en ce monde pour vivre de toi, pour aimer concrètement celles et ceux que je vais croiser et qui cherchent comme moi un sens à cette vie qu’ils ont reçue, celles et ceux qui cherchent comme chacun de nous un chemin de bonheur au cœur des questionnements de la vie et des épreuves de souffrance qui peuvent nous tomber dessus ».

En ce dimanche de prière pour les vocations, nous pouvons aussi porter dans la prière celles et ceux qui ont fait le choix de se donner totalement à Dieu et aux autres, dans le don de leur vie, notamment dans le choix de la vie consacrée. Et nous pouvons prier pour tous ceux qui ont choisi de recevoir le sacrement du mariage ; que vous réalisiez toujours plus que l’appel reçu et célébré ce jour là c’est là aussi le don de soi par amour, jusqu’au bout, à l’autre et à Dieu. Je le dis souvent : nous sommes les mains de Dieu pour qu’il prenne soin de nous en ce monde, nous sommes sa voix pour que des paroles de vie et d’espérance soient annoncées aujourd’hui encore en son nom ; il me semble que ça prend un aspect ou un relief particulier dans l’aventure du mariage… Je vous laisse méditer...

Je vais m’arrêter là. On va prendre le temps de la prière en silence. Juste prendre le temps de confier au Seigneur tout ce que ces mots évoquent et éveillent en nous. Et lui demander de nous donner de renouveler vraiment, aujourd’hui, notre attachement à lui.

Publié dans Homélies

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