Homélie dimanche 3 mai 2015

Publié le par Christophe Delaigue

5ème dim. de Pâques / Année B

ND [messe des jeunes] / St JB (Bourgoin)

Ac 9,26-31 / Ps 21 / 1Jn 3,18-24 / Jn 15,1-8

Dans ces mots d’Evangile que Jésus nous adresse, il y a deux phrases qui ont retenu mon attention, deux phrases que j’aimerais qu’on laisse résonner ensemble : il y a tout d’abord l’appel à « porter du fruit », mais quel fruit ? Et il y a ce verset qui peut paraître un peu énigmatique, quand Jésus nous dit : « en dehors de moi vous ne pouvez rien faire »…

Porter du fruit… Jésus s’adresse à ses disciples, donc à ceux qui ont décidé de le suivre et de le suivre comme un maître. Un maître, un maître de sagesse, c’est quelqu’un qu’on écoute parce que son enseignement fait sens pour nous, parce que ce qu’il propose comme chemin de vie on se dit que ça vaut le coup. Jésus est un maître. Je crois que ce qu’il nous propose vaut vraiment le coup, même si c’est parfois un peu exigeant, par exemple quand il nous dit que nous sommes fait pour aimer, aimer et pardonner, et aimer jusqu’à aimer même nos ennemis…

Jésus est un maître de sagesse et même plus que cela puisque c’est le Fils de Dieu, puisqu’il est Dieu lui-même qui a voulu nous rejoindre et partager notre vie. Mais il est bien et il est déjà un maître de sagesse qui nous laisse un enseignement. Et il nous dit ce soir/matin que si nous voulons porter du fruit, c’est-à-dire si nous voulons que notre vie soit féconde, c’est-à-dire si nous voulons que notre vie serve à quelque chose ou plutôt apporte quelque chose à ce monde, alors il nous faut « demeurer en lui ». C’est lui qui le dit. Qu’est-ce que ça veut dire ? Demeurer en lui c’est déjà demeurer avec lui, avec lui qui est justement un maître, un maître de sagesse, un maître de vie. Le 1er appel qui m’est adressé ce soir/matin et qui nous est adressé à chacun c’est de savoir si nous voulons bien le croire, le croire quand il nous dit cela et le croire dans ce qu’il nous enseigne et nous propose. Et donc, est-ce que nous voulons bien nous mettre à l’écoute de son enseignement et de ce qui fait sa vie pour comprendre ce qu’il nous propose comme chemin de vie et de bonheur ?

Je pense que vous êtes comme moi, vous cherchez à être heureux ! Eh bien Jésus a quelque chose à nous dire de cela. Et porter du fruit ce sera à la fois trouver ce chemin là pour nous et à la fois l’annoncer à d’autres, l’annoncer comme Jésus : en le vivant concrètement. Et pour cela Jésus nous dit qu’il faut lui faire une place dans notre vie, qu’il faut demeurer en lui, demeurer avec lui, apprendre à vivre avec lui.

Vous allez me dire : ok, sauf que Jésus nous ne le voyons pas. De fait, nous croyons qu’il est ressuscité et présent autrement, et de fait nous allons fêter dans quelques jours l’Ascension où on nous redira que Jésus remonte vers le Père et que là il promet une présence autre, une présence par sa force de vie et d’amour qui s’appelle l’Esprit Saint. Du coup, demeurer en Jésus, vivre avec Jésus, ça va vouloir dire l’écouter nous parler par sa Parole, et notamment les récits de sa vie que son les évangiles, l’écouter nous parler aussi par l’expérience de ce que les uns et les autres ont déjà compris de lui et de son message, par exemple par ce que nous pourrons partager ensemble de la Parole par exemple dans des Fraternités locales si nous décidons de nous y mettre parce que nous voulons bien faire confiance qu’il y a là un enjeu pour chacun de nous. Et puis il nous faut apprendre à demeurer avec Jésus par la prière, chaque fois que nous décidons et que nous arrivons à prendre le temps de nous arrêter, de fermer les yeux pour faire retour en nous, de demander à Jésus qu’il se rende présent à nous, de lui confier nos joies, nos peines, nos questions, lui confier celles et ceux que nous aimons mais aussi les drames de ce monde, lui demander qu’il nous éclaire sur ce qu’il attend de nous au cœur de tout cela, et rester en silence pour écouter ce qui bouillonne en nous, ce qui souffle en nous, ce qui pourrait advenir comme appel, comme certitude intérieure… C’est tout ça la prière !

Enfin, il y a cet autre lieu où Jésus se donne à nous, où Jésus nous rejoint, ce lieu qui est comme le condensé de tout ce que je viens de dire, c’est la messe, l’eucharistie. Un lieu par excellence où Jésus n’attend qu’une chose : que nous y soyons pour y être avec nous, pour se faire nourriture et nous fortifier de l’intérieur, alors nous pourrons vivre avec lui dans ce monde et y vivre les appels d’évangile. Alors nous pourrons y porter du fruit, chacun et ensemble. Nous sommes tous, pour reprendre l’image de Jésus, des sarments d’une même vigne. Un sarment sans les autres ça ne produit rien, un vigne sans sarments, ce n’est pas une vigne. Jésus a besoin de chacun de nous et de nous ensemble pour que son message de vie, de justice, de paix et d’amour soit annoncé et transmis aujourd’hui encore. A nous de trouver comment, en écoutant en nous les appels de Dieu et en partageant ce que nous croyons devoir faire pour trouver ensemble les bons chemins.

Je suis convaincu que l’évangile est un chemin de bonheur, pour de vrai, pour nous et pour tant de personnes autour de nous qui cherchent un sens à leur vie. Du coup il faut qu’on fasse confiance à Jésus et qu’on lui obéisse, qu’on accepte de suivre le chemin qu’il propose. C’est ça être disciple.

Parfois on va trouver que c’est trop dur, que c’est exigeant. De fait, aimer comme Jésus demande d’aimer c’est parfois difficile. De fait vivre les appels d’évangile dans un monde traversé par le mal comme on le voit en ce moment c’est difficile. Mais si nous vivons en étant branchés à lui, par la prière, par les sacrements, par une vie plus communautaire et fraternelle où nous allons nous épauler et nous aider, alors c’est possible ! Et c’est pour cela qu’il nous dit : « sans moi vous ne pouvez rien faire » – c’était la deuxième phrase à laquelle je voulais arriver. Oui, peut-être que nous-même tout seul, à la seule force de nos bras, nous trouvons que la vie c’est dur et que c’est dur de vivre l’évangile et d’y croire. Mais avec lui, Jésus, s’il est vraiment présent comme il nous l’a promis, ce que je crois, et s’il donne la force de son Esprit Saint à qui la lui demande, alors tout devient possible, je vous assure !

Je crois que nous sommes appelés à de grandes choses, vraiment. Dans l’ordinaire de chaque jour. Mais nous pouvons faire de grandes choses, avec Dieu et pour lui. Et notre monde a besoin que nous fassions de grandes choses dans ce quotidien qui est le nôtre, chacun à notre mesure. Jésus nous promet que c’est possible, à nous de lui faire de la place dans notre vie. Et nous allons voir que de fait nous pouvons porter du fruit et que c’est bon, pour nous et pour bien plus large que nous.

Publié dans Homélies

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