Homélie jeudi de l'Ascension 14 mai 2015

Publié le par Christophe Delaigue

Jeudi 14 mai 2015 / Ascension année B

St JB (BJ) – Paroisse St François d’Assise [1]

Ac 1,1-11 / Ps 46 (47) / Ep 4,1-13 / Mc 16,15-20

La fête de l’Ascension… C’est un pont – je ne pense pas d’abord au pont scolaire, même si les écoles le font cette année, je crois – ; la fête de l’Ascension c’est d’abord le pont entre le ciel et la terre ; c’est le pont aussi et surtout entre Pâques – le fête de la présence du Ressuscité – et Pentecôte – la fête du don de l’Esprit qui est toujours à attendre et à demander. Et je retiens de cette fête de l’Ascension qu’elle nous dit quelque chose de la présence de Jésus, aujourd’hui, une présence qui est une sorte de présence-absence : il est là (il l’a promis), il est là sur terre mais autrement – alors même qu’il n'est plus visible est seuls qu’il nous a comme laissé – et il est là-haut sur d’autres cieux, auprès de Dieu, à la droite du Père dit le Credo que nous récitons semaine après semaine...

Désormais sa présence de Ressuscité joue à trois niveaux, trois niveaux qui nous aident à comprendre pourquoi il s’agit d’une présence qui se manifeste pourtant à nous dans une absence apparente :

1/ Il est présent pour nous, en nous, par le don de son Esprit, l’Esprit de Dieu, l'Esprit Saint qu’il nous a promis ; dans la 1ère lecture on a entendu cette phrase qui est capitale : « Vous allez recevoir une force, celle de l'Esprit Saint qui viendra sur vous. Alors vous serez mes témoins... jusqu'aux extrémités de la terre »… J’en retiens qu’il faut donc que nous nous mettions en état d’attente et de demande de l’Esprit Saint ; et que nous ayons foi, que nous ayons confiance dans le fait que c’est une force qui nous est promise, une force qui peut nous être donnée… C’est déjà donné au baptême – ce sera le sens du rite du St Chrême tout à l’heure pour toi Lucas – mais c’est toujours à accueillir, et pour cela à demander – d’où le sacrement de la confirmation que nous célébrons plus tard dans notre vie et qu’une cinquantaine de jeunes et adultes de notre doyenné recevrons ici même dans quelques semaines.

Je vous rappelle au passage que nous invoquons l’Esprit Saint pour que le pain et le vin de l’eucharistie deviennent comme Jésus nous a dit de la faire son Corps et son Sang et nous invoquons l’Esprit Saint pour que nous devenions nous-mêmes, pas cette communion, présence du Christ.

2/ 2ème mode de présence de Jésus, justement : il est présent dans le monde, pour le monde, grâce à nous, par ses témoins qu’il envoie, ses témoins que nous sommes appelés à être et à devenir. C’est le mystère de l’incarnation : désormais Dieu n’a plus que nous pour se dire et se manifester physiquement, concrètement. D’où notre responsabilité de nous poser dans la prière pour entendre ou pour essayer d’entendre ce qu’il nous souffle (l’Esprit et le Souffle, c'est pareil !) ; alors nous pourrons faire ce qu’il y a à faire au nom de Dieu, avec son regard à lui sur les situation !

Et notre mission, du coup, ce sera de témoigner de Jésus à l'œuvre aujourd'hui par son Esprit et par nos mains ! Notre mission c’est donc, après avoir prié, de retrousser nos manches et d’ouvrir nos yeux sur tous ceux qui nous entourent !

Dieu veut que les hommes et les femmes trouvent un sens à ce qu'ils vivent, eh bien partageons leur ce qui donne du sens pour nous : la Parole qui nous révèle Dieu et comment aimer. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés, donc libérés de ce qui les empêche de vivre pleinement, eh bien retroussons nos manches et allons à leur rencontre ! Il y a tellement à faire aujourd’hui pour prendre soin de l’homme et du monde ! C’est notre mission de chrétiens... Peut-être (et c'est même sûr) que nous ne prendrons pas tel quel ou en soi « des serpents dans nos mains », comme disait l’évangile, mais nous pourrons travailler à maîtriser le mal, faire progresser le bon, le beau et le bien (le serpent dans la Bible, pensez au livre de la Genèse, c’est le mal qui se glisse et se faufile dans toute vie, le mal dont le Christ est vainqueur par sa mort et sa résurrection, ce mal que nous devons combattre à notre tour) ; en tout cas il nous est demandé de pendre soin du monde comme Jésus a pris soin de ceux qui l’entouraient ou qui croisaient sa route ; nous participons à la mission de sauver le monde, de poursuivre sa création, de la porter à son achèvement...

3/ Troisième niveau de présence, enfin, qui est très lié au 2ème : l’Eglise ; donc toujours nous, mais en ayant conscience que c’est ensemble que nous pourrons faire tout ce que je viens de dire, chacun à notre mesure, chacun avec nos charismes propres qui seront à discerner ; mais ensemble (c’est ce que nous a rappelé St Paul dans la 2ème lecture) ; et ça, ça demande un travail entre nous pour apprendre à nous aimer, à nous porter, à nous supporter... Et vouloir faire communauté pour de vrai, pas de façon abstraite mais grâce aux rencontres qui nous permettront de nous croiser et de nous laisser évangéliser ensemble, grâce par exemple aux Fraternités locales. L’enjeu c’est que nous soyons et que nous devenions toujours plus une communauté de disciples au service de la mission, pas la nôtre, celle de Jésus…

Certes la mission pourrait nous paraître parfois impossible, ou trop ambitieuse... C’est pour cela qu’il est tellement important de ne pas compter sur nos propres forces, sur nos seules forces ! Et c’est pour cela qu’il est important de prendre vraiment le temps de nous arrêter, de nous poser, pour demander au Seigneur la force de son Esprit ; c’est pour cela qu'il est important aussi, je crois, de se rassembler avec d'autres chrétiens, pour prier mais aussi, déjà, pour vivre des choses simples entre nous afin de nous permettre ensuite de pouvoir mettre ensemble des mots sur notre foi, de pouvoir ensemble nous mettre à l’écoute de la Parole, et pouvoir ensemble trouver comment être présent et à l’écoute des réalités du monde d'aujourd'hui...

Entre Pâques et Ascension, les disciples ont appris à percevoir comment Jésus serait désormais à leurs côtés ; entre Ascension et Pentecôte ils se mettent en attente et en demande de l’Esprit Saint… Entre Pâques et Pentecôte, nous nous tournons maintenant vers le Seigneur, chacun, dans le silence de nos cœurs, pour lui demander cette force qu’il nous promet et pour écouter ce qu’il nous souffle, pour apporter chacun, à notre mesure, aujourd’hui, notre pierre à l’édifice…

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[1] Avec entrée en Eglise de 5 catéchumènes adultes et le baptême de Lucas (jeune de l’aumônerie).

Publié dans Homélies

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