Et Dieu vit que cela était bon

Publié le par Christophe Delaigue

Et Dieu vit que cela était bon

Les éditions du Cerf profitent de la sortie de l'encyclique du pape François et de la perspective du sommet mondial pour nous offrir ces pages du patriarche de Constantinople Bartholoméos, apôtre de l'écologie depuis de nombreuses années (au point d'être surnommé par certain le "patriarche vert").

Ces pages courtes et incisives sont une conférence qu'il donna en novembre dernier à Yale, ici publiée avec une mention ajoutée en finale quant à l'encyclique Laudato si sortie quelques semaines avant l'été.

Le style du patriarche est tout autre que le livre du pape François qui s'adresse à tous et qui, au coeur de ses analyses écologiques et économiques et au coeur des appels qu'il adresse, nous montre d'où ça vient pour lui, d'où il parle, en l'occurence des textes bibliques (dans une partie magnifique, comme je le disais dans le post' d'il y a quelques semaines) et la pensée des papes précédents comme de la Doctrine sociale de l'Eglise.

Le patriarche part lui d'un postulat de foi, une confession de foi : la création est l'oeuvre de Dieu, et la contempler c'est découvrir une part de qui et Dieu, ce Dieu qui a confié cette création à l'homme, non pas pour qu'il en use et en abuse et qu'il en épuise les resources mais pour en prendre soin, pour la cultiver et la protéger, une création qui est à contempler mais aussi, du coup, à écouter, ce qui invite alors - nous en faisons le constat au regard des bouleversements que nous connaissons bien et qui sont ici aussi pointés - à un mode de vie plus écologique et solidaire. Car, comme le pape François qui le développe longuement dans son encyclique, nous voyons, Bartholoméos 1er montre ou plutôt nous dit combien, en y regardant de près, la question sociale de la pauvreté est liée aux appels écologiques que la terre nous adresse.

Le patriarche nous invite à retrouver un mode de vie qu'il appelle eucharistique et ascétique : eucharistique, c'est-à-dire de reconnaissance que la vie nous est donnée et confiée et d'action de grâce pour cela et pour les bienfaits de la création ; et ascétique au sens d'une vie qui ne gaspille pas, qui se concentre sur les besoins essentiels pour tous, donc dans un partage et dans ce que le Grenoblois Jean Bastaire (qui fut intervenant associé au CTM) appelait avec ses mots à lui un développement non seulement durable mais aussi frugal.

Cette conférence du patriarche Bartholoméos aujourd'hui éditée est un petit livre facile d'accès et dynamique, une pierre de plus à l'édifice théologique quant à l'écologie, dans un style qui tient plus à la confession de foi et à la méditation qu'à l'analyse. C'est donc bien complémentaire et sans redite avec encyclique du pape François et ça vaut donc le coup.

---------------

Patriarche Bartholomée, Et Dieu vit que cela était bon, Cerf, juillet 2015, 61 pages (petit format), 4€.