Homélie jour de Noël 2015

Publié le par Christophe Delaigue

Vendredi 25 décembre 2015

Église Notre-Dame (Bourgoin-Jallieu)

Is 52,7-10 / Ps 97 (98) / He 1,1-6 / Jn 1,1-18

Les textes de ce matin nous font entrer autrement que ceux de cette nuit dans le mystère de Noël que nous célébrons et qui nous rassemble. Nous sommes loin du récit de notre enfance avec la naissance de Jésus et la crèche…

Ce matin nous sommes invités à la joie et même à laisser éclater la joie, cette joie que nous recevons en ces fêtes de Noël ; et en même temps, nous sommes invités à la contemplation, non pas seulement du « petit Jésus » de nos crèches mais du mystère même de Noël, de cette nouvelle folle et étonnante qui est Bonne Nouvelle, celle de Dieu qui vient se faire proche de nous, Dieu qui va se révéler par Jésus, Dieu qui a quelque chose à nous dire et qui vient nous le dire en personne !

C’est la 1ère lecture, surtout, qui nous invite à la joie. La joie de savoir que Dieu est là, que son Royaume est arrivé, que le temps de l’attente est terminé, que son salut est pour nous.

Personnellement, en préparant ces quelques mots je me demandais : qu’est-ce que ça nous fait d’entendre ce que je viens de vous dire, d’entendre cet appel à la joie parce que Dieu est là, que son Royaume nous est ouvert, que l’attente est finie, que son salut nous est proposé ? Pour le dire autrement : qu’est-ce que nous attendions de Dieu en ce temps de l’Avent, et qu’est-ce que Jésus doit venir sauver très concrètement de notre vie à chacun, aujourd’hui ?

J’aimerais vraiment ce matin que nous entendions cet appel à la joie, j’aimerais vraiment que nous le recevions pour nous et que nous y entrions dans cette joie ! Car de fait c’est une Bonne Nouvelle, c’est bon que Dieu nous visite et c’est bon pour nous, c’est Bonne Nouvelle que nous le réentendions notamment quand parfois nous pourrions douter de Dieu ou de la beauté du monde – quand je vous dit cela je pense évidemment à l’actualité ou à ce que traversent certains d’entre nous… Oui, quoi que nous vivions, entrons dans cette joie, cette joie de Noël, refaisons nôtre cette Bonne Nouvelle d’un Dieu qui n’est pas perdu au loin dans des cieux inatteignables, en train de nous regarder nous débattre avec notre vie, non, refaisons nôtre cette Bonne Nouvelle d’un Dieu qui s’est fait proche de nous par Jésus, d’un Dieu qui nous redit aujourd’hui : « Je veux me faire proche de toi, je me fais proche de toi qui est là, parce que tu m’accueilles aujourd’hui, parce qu’aujourd’hui je veux naître par toi en ce monde, parce que j’aujourd’hui je te redis ma présence, mon amour, ma paix. »

La voilà cette joie qui nous est donnée et promise, celle de Dieu qui est là, Dieu qui ne demande qu’à être reçu, Dieu qui tout à l’heure encore va se faire proche de nous en se faisant l’intime de nous même par la communion au sacrement de la présence de Jésus ressuscité.

Alors, oui, crions de joie nous aussi qui sommes appelés à être des guetteurs de Dieu dans ce monde où nous vivons, crions de joie de croire qu’il est là et qu’il chemine avec nous.

Et du coup, mettons-nous résolument à l’écoute de ce qu’il vient nous dire. Car, comme le rappelaient l’évangile qu’on vient d’entendre et déjà la deuxième lecture, Dieu a quelque chose à nous dire par son fils Jésus, Jésus qui est le Verbe de Dieu, la Parole qui se fait chair, la Parole qui vient prendre humanité pour se révéler et nous donner la joie et la paix.

Croire que Jésus est le Verbe de Dieu, sa Parole, c’est croire qu’il est celui qui nous dit pleinement qui est Dieu, ce Dieu qui vient nous rejoindre pour naître et renaître en ce monde ; et c’est croire qu’il est celui par qui Dieu nous parle, que sa vie – à Jésus – et son message sont ce que Dieu veut nous révéler de lui et de son projet pour nous, et donc qu’il nous faut toujours et encore décider d’entendre ce qu’il veut nous dire ; et que pour cela il nous faut, semaine après semaine, messe après messe, l’écouter nous parler dans ces textes de la Bible qui vont trouver résonnance avec notre vie et nos questions de vie. Entendre au cœur de ce qui nous habite et ce qui nous préoccupe ce que cette Parole vient réveiller ou bousculer ; et nous y aider les uns les autres, en Eglise, par exemple dans des Fraternités locales. Et demander aussi au Seigneur qu’il nous éclaire dans la prière : « Seigneur, que veux-tu me dire, que veux-tu me faire comprendre par ces paroles et ces récits ? »

Je ne sais pas vous, mais moi tout cela me met vraiment dans la joie, cette joie à laquelle nous invite le prophète Isaïe. Mais cette joie elle gagnera toujours plus nos cœurs si nous nous donnons les moyens de la contemplation et de la prière, si nous nous donnons les moyens aussi de l’écoute de la Parole et du mystère de ce Dieu qui chemine avec nous, ce Dieu qui se rend présent à notre vie par son Fils Jésus Christ, notamment par l’eucharistie où nous le recevons le sacrement de sa présence par lequel nous devenons à notre tour et ensemble des sacrements vivants de cette présence pour le monde. Pour cela demandons toujours l’Esprit Saint, la force de vie et d’amour de Dieu, lui que nous allons prier dans quelques instants sur le pain et le vin pour qu’ils deviennent et que nous devenions ensemble le Corps du Christ, son incarnation continuée aujourd’hui si nous sommes habités de lui et de son Esprit. Et réjouissons-nous de cela, de cette confiance qu’il nous fait d’être appelés à le recevoir, lui Jésus, pour le transmettre aujourd’hui encore au monde, comme Marie qui portait en elle le Sauveur du monde pour l’enfanter dans l’aujourd’hui de sa vie et du peuple d’Israël qui était dans l’attente.

Oui, que cette eucharistie, ce matin, nous renouvelle dans la joie de ce mystère - le mystère de Noël –, la joie de croire en Dieu qui se fait homme pour nous. Amen.

Publié dans Homélies

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