Homélie dimanche 8 mai 2016

Publié le par Christophe Delaigue

7ème dimanche de Pâques / Année C

Eglise St JB (Bourgoin)

Ac 7,55-60 / Ps 96 (97) / Ap 22,12-14.16-20 / Jn 17,20-26

On vient de l’entendre, Jésus prie. C’est émouvant, je trouve, d’entrer dans sa prière… D’autant plus que nous sommes dans cette grande prière qui précède la passion et la mort de Jésus ; on pourrait dire que c’est son testament spirituel. Et là il prie pour ses disciples mais plus largement aussi pour tous ceux qui le deviendront grâce au témoignage des disciples. Il prie donc pour nous aussi.

Je vous rappelle qu’à l’Ascension nous avons entendu cette phrase forte de Jésus – une autre de ses dernières paroles, mais celle-ci après la résurrection – : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint. Alors vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre »… C’est l’Esprit Saint qui va nous faire passer du statut de disciple – celui qui écoute et suit son maître – à celui de témoin – celui qui ose dire et raconter ce qu’il a vu et entendu. Je vous rappelle que le pape François et notre évêque avant lui nous appellent à devenir des disciples-missionnaires. C’est bien de cela dont il s’agit !

Jésus prie donc pour ses disciples qui vont devenir témoins – missionnaires – et il prie pour nous, nous qui sommes devenus disciples nous aussi, nous qui sommes appelés à devenir toujours plus et à notre mesure des témoins en actes de la présence du Christ pour ce monde… Et que dit Jésus dans sa prière ? Il nous apprend d’abord qu’être disciple c’est accueillir la Parole – donc se mettre à son écoute et la mettre en pratique ; et pour cela, apprendre à faire l’expérience ensemble que c’est vraiment une Parole, que ça me parle – je vous épargne mon couplet sur les Fraternités locales, vous commencez à savoir ce que je pourrais dire…

Jésus prie ensuite pour l’unité de ses disciples et ceux qui le deviendront ; il prie donc pour notre unité – entre nous, dans une même paroisse, et plus largement dans l’Eglise – même entre les différentes Eglises et communautés ecclésiales. Jésus prie pour que nous soyons unis, mais unis comme le Père et le Fils sont unis. C’est-à-dire non pas dans une uniformité stérile – tout le monde pareil dans un même moule – mais dans une complémentarité des personnes et des charismes propres ; ou, pour le dire autrement, dans ce que Jean-Paul II appelait « un échange de dons ». Une unité qui soit ouverte à ce que chacun peut apporter à l’autre. C’est valable entre les différentes Eglises chrétiennes mais c’est déjà à vivre entre nous, dans une même communauté, et même entre nos clochers dans une même paroisse. Nous sommes appelés à nous regarder et nous accueillir comme complémentaires et donc à être en attente de ce que l’autre peut m’apporter. Si on le vivait aussi à l’échelle des cultures et dans l’accueil de l’autre, même croyant autrement, est-ce que des chemins de paix ne s’ouvriraient pas aussi ?

Alors comment y arriver ? En cherchant un mode d’unité comme celui du Père et du Fils. Or qu’est-ce qui fait l’unité entre le Père et le Fils ? C’est l’Esprit Saint. C’est lui qui est leur lien, c’est lui qui les unit. C’est lui seul qui nous fera avancer ensemble, les uns avec les autres, en étant, j’ai envie de dire, « connectés » à ce que Dieu veut pour nous et à qui il est dans son projet d’amour et de salut. Il nous fera avancer ensemble parce qu’il est Esprit d’amour, de paix, de joie et de patience…

Mais la question c’est : est-ce que nous voulons recevoir cet Esprit Saint dans notre vie ? Est-ce que nous sommes prêts à reconnaître que, tout seul, nos forces ne suffisent pas, bien souvent, à construire l’unité et à prendre soin de ce monde ? Et que tout seul c’est notre vision des choses à nous et pas celle du Christ que nous allons imposer ? Est-ce que nous croyons ce que Jésus a dit à ses disciples à l’Ascension et donc qu’il nous dit à nous encore aujourd’hui : « Vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint. Alors vous serez mes témoins… jusqu’aux extrémités de la terre » ?

Notre unité sera et fera notre témoignage devant le monde et pour les hommes. C’est Jésus qui le dit ! Il y a donc un enjeu ! Rappelez-vous d’ailleurs ce qu’on a entendu il y a 15 jours : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés… Demeurez dans mon amour… C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples ». Qu’est-ce que nous en faisons ?

J’ai besoin de l’Esprit Saint, le Souffle de Dieu, son Souffle de vie et d’amour pour y arriver… Pour moi c’est une certitude… Il y a donc un enjeu à ce que je demande au Seigneur qu’il me fasse le don de son Esprit. Il y a un enjeu pour que je puisse m’ouvrir et m’enraciner en son amour à lui ; et il y a un enjeu à ce que nous puissions nous y enraciner ensemble, voilà pourquoi c’est important de nous rassembler dimanche après dimanche pour nous mettre ensemble à l’écoute de la Parole et pour prier ensemble l’Esprit Saint pour que par lui le pain et le vin deviennent le sacrement de la présence de Jésus qui veut se faire l’hôte intérieur de notre vie pour que nous puissions vivre par lui et avec lui et devenir ses témoins… C’est en nous laissant façonner petit à petit par la liturgie et la prière que nous trouverons cette unité concrète à laquelle Dieu nous appelle !

C’est quoi l’enjeu de tout ça ? Que le monde croit, dit Jésus. Et il ajoute à la fin de note passage d’évangile : que ceux qui nous entourent découvrent l’amour qui vient de Dieu, l’amour que Dieu a pour nous et donc pour tous les hommes. Car Dieu veut sauver tous les hommes et n’en perdre aucun. Et notre témoignage doit permettre à ceux qui croisent notre route de découvrir ce qui donne du sens à notre vie – si ça en donne, évidemment, mais j’espère ! Et ça doit se traduire par des actes, par un témoignage qui soit une annonce en actes des appels de l’Evangile, celle de cet amour miséricordieux du Père que nous sommes appelés à recevoir et à vivre à notre tour. Or je vous rappelle que la miséricorde, nous dit le pape François c’est l’expérience de l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance ! Pour vous en rappeler vous irez lire le bulletin paroissial de ce mois-ci, je vous ai remis ces quelques mots sur la dernière page, pour la méditation du mois.

Je reviens à notre page d’évangile… Dieu veut que son amour miséricordieux soit offert et que Jésus soit ainsi présent dans la vie des uns et des autres. Voilà le programme ! Alors profitons de ce temps jusqu’à la Pentecôte pour demander et redemander l’Esprit Saint, que nous le recevions comme Jésus nous le promet. Par lui, avec lui, nous deviendrons ces disciples-témoins dont Jésus a besoin aujourd’hui.

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