Mots d'homélie évangile dimanche 1er mai 2016

Publié le par Christophe Delaigue

6ème dimanche de Pâques / Année C

Jn 14,23-29

Après avoir écouté/médité cette page d’Evangile, je me pose une question, et je me la pose à moi-même : est-ce que nous aimons Jésus ? Est-ce que nous l’aimons pour de vrai ?

La semaine dernière, il nous disait : « C’est à l’amour que vous aurez les uns pour les autres que l’on reconnaîtra que vous êtes mes disciples »… Là il décale la question, ou plutôt il nous interroge sur notre condition de disciples ; être ses disciples.

Comment aimer, comment aimer son prochain, si ce n’est en apprenant à aimer comme lui, Jésus ? Avec cette autre question qui est liée : est-ce que nous voulons vraiment qu’il soit le maître de notre vie, celui qui oriente notre vie et nos choix ? Mais comment aimer comme lui, sans contempler comment il aime, concrètement ? Et comment contempler, comment voir comment il aime, sans écouter et lire ces récits où il se dit et où il nous est révélé ?

Dans l’évangile qu’on vient d’entendre, il nous dit justement : « Si quelqu’un m’aime, il restera fidèle ma Parole »… Et un peu plus loin dans l’évangile de Jean il en rajoutera, Jésus : « Demeurez en moi… Demeurez dans mon amour »… Ouvrir la Parole. Ecouter. Nous y aider, par exemple en faisant le pas d’une Fraternité locale. En tout cas apprendre à faire l’expérience que ça parle et que ça me parle au cœur de ce que je vis. Entendre la Parole et y entendre une Parole. Pour la mettre en pratique. Pas simplement l’ouvrir et l’écouter, car ça peut rester seulement des mots, des idées, ou même une belle histoire. Non, l’écouter et la prier, cette Parole ; l’écouter et Le prier, Lui, par cette Parole, Lui Jésus qui est la Parole de Dieu. Ecouter et laisser la Parole entrer en résonnance en moi, au cœur et au creux de ce que je vis et de mes questionnements, et laisser tout cela devenir prière, c’est-à-dire confier tout cela à Jésus qui est là, puisqu’il l’a promis.

Parce que comment aimer Jésus sans l’écouter et sans lui répondre en retour ? Comment aimer Jésus sans lui dire et lui partager ce que nous vivons ? Ou alors Jésus comme Dieu ça n’est que des idées ! Est-ce que j’aime Jésus, est-ce que je veux bien l’aimer comme quelqu’un, comme quelqu’un qui est là ? Mais du coup qu’est-ce qu’il me faut mettre en place concrètement ? C’est là qu’il faut contempler Jésus dans les évangiles pour trouver des chemins de réponses :

  • Jésus aime en venant à la rencontre de l’autre, quel qu’il soit, mais l’autre qui est là et qui croise sa route ou qu’on lui amène… Demandons-nous comment est-ce que nous allons à la rencontre de Jésus et comment est-ce que nous pouvons y aller ?
  • Jésus aime en se mettant à la hauteur de l’autre – pensez au geste du lavement des pieds – et en se mettant à l’écoute de l’autre, dans ce qu’il vit, dans ce qu’il porte, dans ce qu’il traverse… Demandons-nous comment est-ce que nous nous mettons ainsi à l’écoute de Jésus ?
  • Jésus aime en permettant à chacun de devenir lui-même, de devenir quelqu’un, de retrouver sa dignité et de pouvoir avancer sur un chemin de vie… Et cela quelle que soit l’histoire de chacun, nos choix, ou le mal qu’il nous arrive de faire ; il aime chacun qui accepte de se laisser rejoindre par lui… Demandons-nous comment est-ce que nous permettons à Jésus d’avoir vraiment une place et toute sa place dans notre quotidien, dans nos choix de vie, dans nos engagements ? Comment est-ce que nous allons prendre soin de sa présence, étonnante c’est vrai, mystérieuse c’est vrai, indicible c’est vrai, impalpable c’est vrai, mais réelle quand même ? Comment allons-nous faire ?

Ceux que nous aimons, nos proches ou nos amis, comment est-ce que nous faisons avec eux ? Qu’est-ce que nous faisons ensemble ? Nous nous donnons du temps, nous partageons ce qui nous fait vivre, nous nous racontons ce qui est important pour nous, nous nous soutenons, nous apprenons à entendre en l’autre ce qu’il y a de bon et de beau en lui… Quelle place, quel temps et quels moyens nous donnons-nous pour associer Jésus à notre vie comme quelqu’un qui est là et quelqu’un que nous voulons bien aimer ?

Réponse de l’évangile : en gardant sa Parole, en étant fidèle à cette Parole, et en demeurant en lui, Jésus. Ce qui nous fait forcément revenir à cette question de tout à l’heure : voulons-nous vraiment que Jésus soit le maître et le guide de notre vie ?

Garder sa Parole et y être fidèle, je le redis, c’est l’écouter et la prier ; mais c’est aussi la partager avec d’autres pour la comprendre et discerner ensemble les appels que Dieu m’adresse – dans notre paroisse et dans notre diocèse c’est le but des Fraternités locales – ; et c’est la mettre en pratique, cette Parole, chacun, ensemble, et avec lui, Jésus.

Garder sa Parole, c’est aussi découvrir que Jésus est présent dans le silence de la prière, par son Esprit qu’il nous promet et qu’il donne à qui le lui demande ; qu’il est également présent dans ce « truc » fou qu’est l’eucharistie et qui est livré à notre confiance ; et c’est autant, nous disent les évangile, le rencontrer dans celui qui va croiser mon chemin, dans le pauvre et le souffrant, celui aussi qui cherche sens à sa vie, tout comme dans celui qui va m’aider à me relever et à retrouver confiance et espérance en la vie.

Alors comment aimer Jésus si ce n’est en décidant de vivre l’évangile, c’est-à-dire en l’associant à notre vie et en l’associant à nos réponses à cet appel qu’il nous adresse à nous aimer les uns les autres… Ceci dit, pour l’heure reste cette question qu’il nous adresse : voulons-nous vraiment aimer Jésus comme quelqu’un ? Prenons le temps de laisser cette question résonner en nous, dans le silence, et laissons la paix que Jésus nous promet gagner nos cœurs…

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