Retour chez ma mère

Publié le par Christophe Delaigue

Retour chez ma mère

Josiane Balasko est vraiment bonne dans son rôle de la mère qui vieillit (normal, non ?!), qui a ses petites habitudes (normal aussi !), qui joue au scrabble par téléphone avec une amie, et qui veut réunir ses enfants pour les avoir tous ensemble à table, qui veut que ce soit réussi, que ça se passe bien, et leur parler. Elle est très bonne !

A se côtés, une de se filles, Alexandra Lamy (Stéphanie pour l'histoire), jeune femme très belle, architecte en urbanisme qui avait bien réussi mais qui a tout perdu et qui se retrouve à la rue, ou plutôt chez sa mère. Mais peut-on revenir vivre (comme ça) chez sa mère (après toutes ces années, en étant plus une des petites filles mais une femme adulte) ? Stéphanie, en plus, est divorcée, ne pouvant du top y accueillir son petit garçon comme si elle était chez elle. Et se confrontant désespérément au monde du chômage, de pôle emploi, du "rien à vous proposer sauf de distribuer des prospectus en rouler" je en sais où mais "ma petite dame, faut bien travailler et vous vous plaindrez pas de rien avoir si vous refusez le travail qu'il y a et qu'on vous propose" (la réplique c'est pas du mot à mot, c'est l'idée que j'en garde).

La mère et la fille qui apprenne à co-habiter ensemble. L'une avec ses secrets de vieille dame qui a sa vie à elle et qui veut pas forcément tout dire comme ça à sa fille. Et celle-ci qui veut aider sa mère à vivre des son temps, par exemple internet, les mails, etc.Cette scène là, d'ailleurs, est très drôle, ils ont pensé à la mettre dans la bande annonce (cette scène c'est d'ailleurs la bande annonce car c'est la scène la plus drôle - si ce n'est la seule vraiment très drôle - ; mais de fait elle vaut le coup, et elle dit bien l'ambiance de ce retour de sa fille devenue adulte chez sa mère qui n'est pas tout à fait du même monde, celui d'internet par exemple).

Vous rajoutez le frère qui se prend pour l'homme de famille et c'est le riche de service (car dans l'histoire, le père est décédé) ; et la soeur (Mathilde Seigner), avec son mari (quelle aime ? à sa façon alors, ou... comme ça devient avec le temps... pour certains... ?!). Quand la fratrie se réunit eh bien on s'y retrouve bien. Chacun ressort ses histories, les positionnements d'enfance qu'on pensait avoir réglés se remettent en place et c'est reparti pour les remarques, les jalousies, etc. Même si tout le monde s'aime bien en fait.

Enfin, la question sous-jacente, outre celle des liens familiaux qui évoluent mais qui se rejouent : celle du vieillissement des parents, celle de la solitude et de ce que des parents n'ont pas forcément toujours dit à leurs enfants car c'était leur vie à eux, celle aussi du désir de continuer à être aimé par quelqu'un et du veuvage... La question, donc, de la vie qui continue même quand on vieillit et de comment les enfants voient cela, l'acceptent, l'interprètent, le comprennent et s'en parlent.

Un film que j'ai trouvé parfois drôle et surtout plutôt juste et de ce fait là attachant, un film où on a vite fait de projeter notre propre souvenirs ou réactions de fratrie et de famille. Un film sur lequel j'en aurais peut-être trop dit dans ces lignes ? Un film tout cas que je vous recommande !

Publié dans Cinéma