Grantchester (la série)

Publié le par Christophe Delaigue

Grantchester (la série)

Ce post ne concerne ni un livre ni un film mais, pour une fois une série que je viens de regarder et que j'ai bien aimée...

Nous sommes à Grantchester, un petit village anglais dans la campagne de Cambridge. Nous sommes dans les années 50, dans l'après-guerre. Sidney Chambers (James Norton) est prêtre, anglican, il dessert la petite paroisse locale. Il est jeune, il a un côté à la fois sûr de lui dans ce qu'il veut montrer de lui-même et en fait très fragile quand on le voit seul chez lui. Un côté naïf aussi mais en fait une espèce de cassure en lui qui le rend vulnérable. Ses démons intérieurs que l'on découvre au fil des épisodes de cette série c'est justement la guerre et ce qu'il y a vécu. Cela se dit petit à petit au fil des six histoires qui constituent la 1ère saison, six histoires qui peuvent paraître indépendantes et juxtaposées mais qui n'en font en fait qu'une seule qui se déroule dans le temps.

Qu'a donc vécu Sidney Chambers ? Qu'est-ce qui lui donne ce côté maladroit ou naïf, qu'est-ce qui le rend en fait si fragile, notamment en amitié et en amour ? Il est jeune, célibataire, amoureux, mais osera-t-il faire le pas et demander la main de celle qu'il aime (un prêtre anglican peut se marier) ? Qu'est-ce qui le retient dans ses relations ? Parmi ses proches et ceux qui le deviennent, il y a cet inspecteur de police qu'il va rencontrer pour une enquête, Geordie Keating (Robson Green), avec qui les liens vont être d'abord tendus jusqu'à devenir une réelle amitié qui permet à sidney de se découvrir une certaine passion pour élucider des enquêtes qui piétinent. Ils vont former une drôle d'équipe mais une belle équipe.

A chaque épisode, une histoire de crime, un fait divers qui rapproche nos deux hommes. C'est ce qui naît de cette rencontre progressive et de ce qui se joue avec les autres personnages qui croisent Sidney Chambers qui nous permet d'entrer dans la grande histoire sous-jacente, la sienne, avec la guerre, son passé, ses questionnements intérieurs... Chaque épisode se conclue (et est parfois ponctué dans l'épisode lui-même) par la prédication dominicale du jeune prêtre, qui est imprégnée de ce qu'il vit, des questions qu'ils portent ou de ce que ce qu'il vient de vivre lui a permis d'assumer de sa fragilité ; à la fois très spirituelles et très humaines — intéressantes, j'ai trouvé, pour ce qu'on nous donne à en entendre (rassurez-vous c'est court, quelques phrases).

Les prises de vue son magnifique, les plans de visages aussi, la musique également (avec pas mal de jazz du début du siècle). C'est calme et serein, posé — une série que j'ai aussi aimé pour cela. Et en même temps il y a une vraie histoire, avec comme je le disais plus haut différentes histoires à chaque épisode. Une série dont la saison 2 est bientôt diffusée en France, courant juillet, et que je serai personnellement content de retrouver après avoir fini il y a quelques jours la saison 1.

Publié dans Séries et DVD