Le Christ notre premier amour, notre joie essentielle

Publié le par Christophe Delaigue

Ces lignes sont de frère Roger de Taizé, extraites de l'introduction qu'il donna en septembre 1971 au Conseil de communauté. Elles figurent dans la réédition de Lutte et contemplation de 2015, 5ème volume de la Collection “ Les écrits de frère Roger, fondateur de Taizé ” (Presses de Taizé).

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Que le Christ devienne notre premier amour et par là, aussitôt, notre joie essentielle ! (...) Le Christ, non pas notre seul amour, mais notre premier amour, lui qui, gagnant peu à peu les profondeurs insoupçonnées, prend en nous la place primordiale. Par là il agit en nous-mêmes par une dynamique qui, si elle est peu explicable, se constate à la durée : avec le recul on découvre le changement.

Le savons-nous assez ? Notre vocation nous conduit d'abord à une relation cachée avec cet Autre qui est le Christ de l'Evangile. Avec lui s'établit comme une relation de clandestinité. Comment oserions-nous sinon vivre la prière du Nom de Jésus, Jésus ma joie, Jésus mon premier amour.

Notre vocation fait de nous des hommes qui, par leur existence, sont une annonce du Royaume de Dieu qui vient, du Christ qui vient en l'homme, pour tout homme. Notre vie personnelle peut devenir une prédication d'Evangile sans paroles.

Le prix à payer, ce sont les douleurs de la nouvelle naissance. Une des souffrances de cette naissance, spécifique à notre vocation, est la découverte d'une part de solitude que rien ne peut combler, cette place laissée libre en nous pour l'irremplaçable, vacante pour Dieu. Cette découverte ne va pas sans des larmes de solitude. (...)

Au travers d'étapes de vide intérieur, d'absence, et de redécouverte de la fidélité du Christ liée à notre propre fidélité, nous constatons un jour qu'une relation avec le Christ s'est nouée. Depuis ce jour, tout devient paisible, fort, le combat se livre, serein, on a appris et on sait souffrir pour lui.

Toute cette lutte pour vivre du Christ comme notre premier amour, c'est immense ! Du même coup il devient notre joie essentielle. 

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Frère Roger, de Taizé, Lutte et contemplation. Vers le concile des jeunes 1966-1972, Les Presses de Taizé, Collection “ Les écrits de frère Roger, fondateur de Taizé ” volume 5, octobre 2015, p.251-253 (17€).

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