Une fin d'Année de la miséricorde...

Publié le par Christophe Delaigue

[Mon édito pour le bulletin paroissial de novembre, paroisse St François d'Assise...]

Rappelez-vous... !? Rappelez-vous qu'il y a presqu'un an déjà le pape François nous invitait à vivre une Année de la miséricorde... Une Année pour redécouvrir ce qu'est la miséricorde du Père, l'expérimenter aussi et en devenir de meilleurs témoins. Une année pour comprendre que la miséricorde c'est l'expérience de l'amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l'espérance. On pourrait rajouter en pensant à l'évangile du Samaritain auquel le pape s'est beaucoup référé aussi, l'amour qui panse les blessures et qui prend soin. Mais aussi, si nous pensons également à l'évangile du Jugement Dernier en Mt 25 d'où nous viennent ce que nous appelons les oeuvres de miséricorde corporelle, l'amour qui vise l'isolé ou celui qui est en prison, l'amour qui va vers le petit ou le fragile, l'amour qui va à la rencontre du plus pauvre, etc.

Dieu nous aime de cet amour là, Dieu nous console et nous pardonne, Dieu veut prendre soin de nous. Il le fait spirituellement, ai-je envie de dire, par la présence mystérieuse mais réelle de Jésus dans l'eucharistie, mais aussi dans le don de l'Esprit Saint et donc dans la prière, dans les sacrements et par exemple les sacrements des malades et du pardon. Mais Dieu le fait aussi humainement, grâce à ce que nous recevons du frère qu'il met sur notre chemin et qui se fait notre prochain, grâce à toutes celles et tous ceux qui petit à petit sont, parfois sans en avoir vraiment conscience, ses mains, sa voix, sa présence... Partout où la vie jaillit et renaît, chaque fois que la consolation et le pardon sont à l'oeuvre, Dieu est là. Et il nous invite, il nous appelle à aimer de cet amour là qui console, qui pardonne, qui donne l'espérance, cet amour qui panse les blessures et prend soin, cet amour qui apprend à croire que l'autre quel qu'il soit à quelque chose à offrir à ce monde

« Devenez miséricordieux comme le Père est miséricordieux », nous dit Jésus dans l'évangile de Matthieu. C'était aussi l'invitation du pape François pour cette année qui va s'achever à la fin du mois...

Où en sommes-nous ? Qu'avons-nous vécu de tout cela pour lequel nous pouvons rendre grâce ? Qui a été pour nous, très concrètement, témoin de cet amour de miséricorde et donc présence de Dieu auprès de nous, cette année, pour qui nous puissions là aussi rendre grâce au Seigneur ? Et nous sommes-nous laissé renouveler toujours plus par le mystère de la présence de Dieu dans la prière, l'eucharistie, le sacrement des malades ou celui du pardon ? Nous donnons-nous les moyens de grandir dans la confiance en ces lieux qui nous sont donnés pour que le Seigneur nous renouvelle et nous fasse grandir ? Qu'il soit notre force pour vivre sa mission de miséricorde dans ce monde qui en a tant besoin, nous le savons bien !

Au terme de cette Année, je voudrais personnellement remercier tous ceux qui dans notre paroisse osent vivre le service de l'amour du frère, dans les hôpitaux et les visites aux malades ; auprès des plus pauvres aussi, au Secours Catholique, à Emmaüs ou ailleurs ; remercier également toutes celles et tous ceux qui s'engagent dans l'accueil des migrants ou le dialogue avec les musulmans ; ceux qui veulent nous aider à des prises de conscience comme le CCFD ou le Cercle de silence ; mes frères prêtres aussi qui inlassablement vous offrent les sacrements qui nous sont indispensables pour vivre la mission non pas de nous-mêmes mais du Christ et avec lui ; et tous ceux qui nous aident les uns et les autres à transmettre mais aussi à entendre et recevoir pour nous-mêmes la Parole de Dieu où Jésus nous révèle le Père de miséricorde.

Cette Année s'achève... Nous entrons à la fin du mois dans une nouvelle année liturgique. Laissons-nous habiter par l'appel que nous adresse notre évêque avec le thème diocésain 2016-2017, qu'il nous aide à avancer concrètement et à mettre en oeuvre concrètement la miséricorde dans notre vie et auprès de celles et ceux qui nous entourent ; oui, comme nous y invite notre évêque, « N'ayez pas peur de témoigner, d'annoncer et d'aller au périphéries » pour que Jésus soit connu, que l'amour de Dieu soit vécu et reçu et pour que celles et ceux qui ne sont pas dans nos églises, celles et ceux qui viennent demander à découvrir notre foi, celles et ceux que la vie malmène, celles et ceux qui n'osent croire qu'un Dieu existe et les aime, le plus grand nombre donc, puissent entendre cette Bonne Nouvelle et voir en nous des témoins crédibles de celle-ci ; crédibles et authentiques car enracinés ensemble, en communauté, en Jésus et dans l'Esprit Saint, et qui annoncent l'Evangile en actes, concrètement.

Bonne fin d'Année de la miséricorde et beau mois de novembre à tous !

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Les deux illustrations sont respectivement une mosaïque de la parabole du Samaritain (Lc 10) du jésuite Ivan Rupnik, et un tableau du Fils prodigue (Lc 15) d'Arcabas.

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