Homélie messe des défunts

Publié le par Christophe Delaigue

Mercredi 2 novembre 2016 / Messe des défunts de l’année

Eglise Notre-Dame BJ (pour toute la paroisse St François d’Assise)

Is 25,6a.7-9 / Ps 24 (25) / Rm 14,7-9 / Jn 6,37-40

Dans cette page d’évangile qu’on vient d’entendre, Jésus voudrait nous affermir dans la promesse de vie qu’il nous fait avec la promesse de la résurrection. La volonté de Dieu notre Père, nous dit-il, c’est que nous obtenions la vie éternelle, et pour cela il nous ressuscitera, dit-il, il nous fera entrer dans le mystère de sa propre résurrection.

C’est un mystère, c’est-à-dire une réalité en dévoilement. Peut-être que nous n’y comprenons pas grand chose, peut-être que c’est une question, peut-être que c’est même seulement une hypothèse pour certains d’entre nous… Ce qui est sûr c’est que si Jésus n’était pas ressuscité, nous ne serions pas là ce soir ; si les proches de Jésus n’avaient pas fait l’expérience étonnante et bouleversante de sa présence alors même qu’ils l’ont vu être mis à mort, personne n’aurait plus parlé de lui et plus de 2000 ans après nous ne serions pas là, rassemblés pour le prier pour nos défunts. Quelque soit notre foi, aussi petite serait-elle.

Jésus veut nous redire ce soir, par sa Parole, que Dieu nous veut avec lui, Dieu ne veut perdre aucun de ceux qu’il lui a donné, ceux qui ont appris au cours de leur vie à découvrir un peu ou beaucoup le mystère de la présence de Jésus.

Certes nous aimerions parfois le voir de nos propres yeux, mais à l’Ascension il a dit à ses disciples qui avaient compris sa résurrection qu’il retournait vers le Père et que désormais il serait présent autrement, par l’Esprit Saint, présent du coup dans le silence de la prière où nous pouvons pressentir que quelqu’un est là, en nous, avec nous ; présent aussi dans le mystère de l’eucharistie que nous allons célébrer dans quelques instants, comme il nous a dit de la faire au soir de son dernier repas ; présent également par celles et ceux qui vivent à sa suite le message de l’Evangile, et donc présent par son Eglise que nous sommes par notre baptême.

Ce qui est sûr, ce que nous avons réentendu dans ces mots d’évangile, c’est que si nous voulons bien croire en lui, Jésus, alors il nous promet que nous partagerons cette vie éternelle dans laquelle il est entré. Cette vie éternelle, le prophète Isaïe nous a dit dans la 1ère lecture que ce sera comme un grand festin, une grande fête, et que Dieu essuiera toutes larmes de nos yeux et de nos visages. C’est une promesse. Une promesse pour qui veut bien l’accueillir et y croire.

Jésus est venu en ce monde pour nous révéler, pour nous redire, cette espérance, cette promesse de salut que Dieu veut nous faire. Nous croyons en un Dieu qui nous laisse libre d’y entrer ou pas. Et nous savons que nos vies ne sont pas toujours fidèles aux appels de Dieu et à ses appels d’évangile, c’est pour cela que nous prions pour nos défunts, pour que Dieu les accueille dans sa miséricorde, qu’il les accueille dans son amour qui pardonne nos égarements et nos fautes. C’est bien ce que nous voulons demander au Seigneur, ce soir, pour nos défunts. Qu’il les accueille et que nous puissions un jour nous retrouver…

Et nous voulons également lui demander qu’il nous prenne nous aussi dans cette miséricorde, cet amour, aujourd’hui. Le pape François nous dit que la miséricorde c’est l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance. Voilà ce que nous allons lui demander pour chacun de nous, là où nous en sommes chacun des deuils que nous avons à vivre. Pas besoin d’avoir une foi très solide ou très forte, il suffit d’accepter de faire confiance, accepter de croire qu’il y a un Dieu qui est là, un Dieu qui nous aime, un Dieu qui nous promet la vie et la paix du cœur même au travers de nos épreuves du mal et de la mort, un Dieu qui nous dit qu’avec lui, quoi qu’il arrive, la vie est et sera plus forte que le mal et que la mort, malgré les apparences peut-être, un Dieu qui nous dit que la mort peut devenir passage vers la vie avec lui, la vie éternelle.

Je ne sais quelle est votre foi les uns et les autres. Telle est en tout cas l’espérance qui nous est offerte et que ces textes de la Parole de Dieu viennent de nous rappeler. Entrer dans cette confiance là, entrer dans cette espérance, ça peut être une véritable force de vie pour continuer à avancer, non pas qu’il n’y aura plus de doutes ni d’épreuves, mais nous croyons qu’au cœur de cela Dieu est présent, que Dieu nous accompagne si nous voulons bien lui faire cette confiance là, et que Dieu veut pour nous la vie.

Alors ce soir je prie non seulement pour vos défunts, avec vous, mais aussi pour chacun de vous, que dans le silence de la prière que nous allons prendre maintenant et dans le mystère de l’eucharistie que nous allons célébrer ensuite, nous nous laissions rejoindre par la présence de Jésus, Jésus qui veut nous rejoindre chacun, Jésus qui nous promet sa vie, la vie éternelle.

Nous prenons quelques instants de silence. Nous laissons tout simplement ces mots résonner en nous. Et ce que ça éveille en nous, ce qui remonte en nous, que ce soit des visages ou des questions ou de la confiance ou je ne sais quoi d’autre, nous le confions au Seigneur, c’est notre prière maintenant ; nous lui demandons qu’il vienne nous rejoindre au cœur de ce que nous portons en nous, au cœur de ce qui nous habite et qui fait notre vie…

Publié dans Homélies

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