Homélie célébrations du pardon Avent 2016

Publié le par Christophe Delaigue

Eglise ND, Bourgoin-Jallieu, 21 décembre 2016

Ct 2,8-14 / Ps 31 (32) / Lc 1, 67-79

Dans l’évangile qu’on a entendu dimanche dernier, on nous rappelait que le prénom de Jésus veut dire « Dieu sauve » : car, ajoutait le texte, il sauvera son peuple de ses péchés. C’est dit clairement : pas seulement ou pas d’abord du mal et de la mort, mais de nos péchés... Le problème pour nous aujourd’hui c’est que nous sommes dans une société qui a perdu le sens du péché. Certes, il y a plusieurs dizaines d’années on insistait tellement qu’on enfermait les gens dans une sorte de culpabilité mortifère, or si Jésus vient pour nous sauver, c’est pour nous libérer ! Et du coup on est tombé dans l’excès inverse : Dieu nous aime, tout va bien… Mais c’est oublier deux choses :

  • Dieu nous aime de miséricorde, or je vous rappelle que la miséricorde c’est quoi ? Le pape François nous dit que c’est l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance.
  • Et, deuxième chose, Dieu ne peut pas me sauver, nous sauver, sans que nous entrions concrètement et librement dans cette dynamique, dans cette promesse, dans cet appel qu’il nous adresse.

Jésus vient nous libérer du péché, il veut nous libérer de l’aveuglement du péché mais aussi de l’enfermement. Il veut nous libérer de l’emprise du péché que nous faisons, le mal que nous faisons, nos manquements à l’appel à aimer, et il veut nous libérer de l’emprise du péché dont nous sommes victimes, le péché de celles et ceux qui nous entourent et qui nous font mal. Car nous le savons bien, nous le voyons bien si nous osons regarder notre vie en vérité, c’est dur d’aimer, parfois c’est même dur d’accepter de vouloir aimer et pardonner l’autre. Et souvent ça passe par des petites choses du quotidien, dans des jugements que nous posons les uns sur les autres, dans des critiques que nous nous envoyons à la figure, ou quand nous désespérons de l’autre et que nous n’imaginons même plus qu’on puisse se pardonner ou arriver à se dire les choses.

Jésus veut nous sauver. Il vient pour nous sauver, il vient apporter sa lumière et sa paix au cœur de ce qui dans notre vie à chacun est un peu ténébreux ou brouillardeux. Et l’évangile qu’on vient d’entendre nous le redit, à sa façon. Jean-Baptiste est celui qui reçoit la mission d’indiquer la venue de Jésus et de son salut qui va nous arracher à la main de nos ennemis intérieurs, pour que nous le servions dans la justice et la sainteté, pour que nous vivions mieux les appels de l’évangile. Jésus est celui, nous dit-il encore, qui veut donner à son peuple – donc nous donner – de connaître le salut par la rémission de nos péchés, grâce à la tendresse de Dieu pour nous, grâce à son amour qui veut illuminer nos vies de sa présence et qui veut conduire nos pas au chemin de sa paix. Voilà la Bonne Nouvelle ! La voilà cette bonne nouvelle que j’aimerais que nous acceptions d’entendre et de réentendre aujourd’hui. Car oui, il vient nous visiter, oui, il veut nous sauver et nous sauver de nos péchés, mais il ne le fera pas sans nous, sans que nous décidions de le lui demander !

Et cet après-midi, ce soir, c’est à chacun de nous que Dieu veut dire ces mots du Cantique des Cantiques que nous avons entendus en 1ère lecture : Lève-toi, mon ami, ma toute belle, et viens… Viens à moi… Lève-toi que j’entende ta voix et que je voie ton visage…

Il vient et il est là celui qui nous aime. Il vient, il est là, notre bien aimé qui veut nous offrir le salut, mais saurons-nous l’accueillir et le recevoir ?

Alors demandons-nous… Qu’est-ce qui aujourd’hui, dans ma vie bien concrète, a besoin d’être pardonné ? Qu’est-ce qui dans ma relation à Dieu mais aussi dans mes relations avec celles et ceux qui croisent mon chemin ou qui me sont confiées, qu’est-ce qui n’est pas toujours génial ni ajusté ? Comment est-ce que je prends soin de l’autre et de sa présence, quelle que soit son histoire ou le mal qu’il ait pu faire ? Qu’est-ce qui a besoin de plus d’amour et de paix ? Et dans mon regard sur moi-même, qu’est-ce qui manque peut-être ou parfois d’espérance, qu’est-ce qui me décourage et fait que peut-être j’ai parfois du mal à m’aimer ?

Voilà ce que nous pouvons déposer au Seigneur dans le silence de la prière, pour qu’il nous éclaire… Et voilà ce qu’il nous faut décider de lui confier dans le mystère du sacrement de son pardon, en osant tout simplement aller le mettre en mots et le déposer à l’un des prêtres disponible cet après-midi, ce soir, dans la confiance que notre ministère de prêtre il est de vous dire la présence de Dieu, de porter avec vous dans la prière, au nom du Christ, et de vous dire avec des mots humains son amour et son pardon.

Cela vous coûte un peu ou beaucoup ? Le pape François nous dit que c’est normal, c’est que nous faisons les choses en vérité… Peut-être que nous nous disons que ce que nous avons a confesser ce sont des broutilles ou que c’est toujours la même chose ? C’est souvent comme cela, nous retombons souvent dans les mêmes travers ou les mêmes erreurs, et oser demander à Dieu son pardon, encore une fois, c’est reconnaître que nous ne sommes pas parfaits et que nous savons que nous avons du mal à aimer, même dans les petites choses du quotidien ; mais c’est reconnaître et réentendre que lui nous aime, et qu’il veut nous donner son pardon et sa paix. C’est réentendre qu’il a confiance en nous sur ce chemin de la vie sur lequel nous nous en remettons à sa miséricorde. Voilà ce que nous sommes invités à célébrer !

En tout cas, la Bonne Nouvelle, c’est que Jésus vient à notre rencontre, qu’il veut nous sauver, et qu’il nous est proposé aujourd’hui de préparer tout spécialement nos cœurs à entrer dans la joie de Noël.

Je le redis, à chacun il voudrait offrir le pardon et la paix, et à chacun il redit aujourd’hui : Lève toi, mon ami, et viens... Lève toi, car je t’aime…

Publié dans Homélies, Méditations