Réparer les vivants (le film)

Publié le par Christophe Delaigue

Le roman m'avait époustouflé. Un des meilleurs que j'ai lu ces dernières années. Ce film, du coup, à la fois m'attirait et en même temps me faisait un peu peur... Serait-il à la hauteur, et notamment à la hauteur des souvenirs ?

Ma réponse est : Oui !

Certes ce qui me vient spontanément c'est que ce n'est pas forcément toujours très bien filmé, du moins la façon de filmer n'est-elle pas le point le plus positif, pour moi, du résultat final ; mais quand même, ce qui me vient en même temps c'est que c'est beau. C'est difficile — le sujet — mais beau... C'est même tendre et beau, même si c'est terrible — mais ici ça ne s'oppose pas, comme pour le roman.

C'est terrible car c'est l'histoire d'un deuil impensable à vivre pour des parents, celui de la mort de Simon, leur fils, qui s'élançait dans la vie, et du choix à faire d'accepter ou non que ses organes soient donnés pour d'autres vies. Et c'est l'histoire de Claire, maman de deux beaux garçons, qui doit accepter de recevoir le coeur d'un autre pour que sa vie à elle puisse continuer... Rien ne nous en sera caché, de l'opération pour extraire le coeur du corps de Simon et de son transport, à sa réimplantation dans le corps de Claire – attention : âmes chirurgicalement un peu trop sensibles, pensez à fermer les yeux ?! ...

Dans le roman, l'histoire de Simon avait pour moi pris le dessus, comme vous pourrez le voir dans le post' que j'en avais fait. Pour moi mais c'est en fait ainsi dans le livre. Ici, dans le film, les deux histoires sont vraiment à part égales, car celle de Claire est développée pour la fiction, au-delà de ce qu'en écrivait Maylis de Kerangal (avec un choix d'histoire amoureuse ici racontée dont je ne suis pas sûr qu'il serve vraiment le film ou qu'il apporte quelque chose car il cède aux modes du moment quant à l'homosexualité là où dans le roman un homme, et non une femme, que Claire a aimé refait surface) .

Le résultat cinématographique, c'est beau. Tendre et beau, disais-je. Tendre et beau dans le rythme, dans les sentiments qui passent, dans le rendu des émotions, dans les silences et le temps qui se suspend au fil des souvenirs ou de ce qui envahit le coeur et les pensées de chacun, dans la ponctuation musicale de la bande-son... Touchant... Donc réussi.

Ce film est signé Katell Quillévéré, avec Emmanuelle Seigner (Marianne, la maman de Simon), Tahar Rahim (Thomas Remige, le coordinateur du parcours de don d'organe) et Anne Dorval (qui joue Claire). Au final, comme le roman, c'est une hymne à la vie... certes fragile et difficile, mais miraculeuse aussi et de l'ordre du don...

La bande annonce...

Publié dans Cinéma

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