Le fils du printemps

Publié le par Christophe Delaigue

Le titre de ce roman est très beau... Pour une histoire difficile, ou plutôt pour cette histoire qui aborde une question difficile, celle de l'accueil et l'acceptation d'un enfant qui va se révéler porteur d'un handicap mental.

Plus qu'un roman au sens strict, c'est l'histoire d'un père et de ce que provoque pour lui, intérieurement ai-je envie de dire, l'arrivée de cet enfant différent. C'était compliqué pour lui de devenir père, ce qui l'aidait c'était les projections qu'il s'en faisait, comment il se verrait dans son enfant, ce que ça provoquerait dans le égard es autres qu'il soit père. Mais là, c'est compliqué... D'autant que l'histoire se passe dans les années 1980, que la question du rapport aux personnes trisomiques était bien différentes qu'aujourd'hui, socialement mais aussi quant au dépistage et donc quant à la capacité à se préparer et à commencer à accepter — ou pas — avant la venue de l'enfant...

C'est d'autant plus difficile pour ce père que sa vie professionnelle n'est pas simple non plus, qu'il est un écrivain qui ne perce pas, qu'il est en mal de reconnaissance... Et que la venue de cet enfant va bousculer sa vie de couple aussi, mais surtout — c'est en tout cas là-dessus que l'auteur insiste — va réveiller sa propre histoire, son passé, ses souvenirs, sa quête de sens et d'identité...

Ce livre est signé Cristovão Tezza, auteur brésilien à qui l'on doit de nombreux romans. Celui-ci a été traduit dans une dizaine de langues et a reçu plusieurs prix littéraires. C'est bien écrit, en tout cas bien traduit ; c'est même beau à lire à voix haute. C'est toutefois un peu lent ou long, avec heureusement une sorte de relance au dernier tiers du livre, quand l'enfant fugue et vient éveiller dans le coeur du père un attachement qu'il ne soupçonnait pas tel ; et un peu plus tard aussi quand celui-ci semble deviner et accepter que son fils a quelques dons, pour la peinture notamment.

Ce roman c'est, pour le dire autrement, l'histoire difficile, lente (au sens de : qui demande du temps), de l'acceptation de cet enfant et de ce qu'il vient bouleverser, réveiller, interroger, dans ce coeur de père qui avait déjà du mal peut-être à être ou devenir adulte...

Même si c'est un peu long et pas si simple ou détendant à lire car peu narratif, c'est un bon livre je trouve, car c'est non seulement bien écrit et bien traduit mais c'est surtout intéressant quant au sujet ici et ainsi abordé. Merci à l'ami qui me l'a offert !

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Cristovão Tezza, Le fils du printemps, Éditions Métailié, 2009, 203 pages.

 

Publié dans Romans et récits

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