Homélie Jour de Pâques 2017

Publié le par Christophe Delaigue

Dimanche 16 avril 2017

St Alban-de-Roche (avec 1ère communion de jeunes de l’aumônerie)

Ac 10,34a.37-43 / Ps 117 (118) / Col 3,1-4 / Jn 20,1-9

La résurrection… Quel mystère étonnant, quand même… A la fois c’est effrayant et déroutant pour ceux qui reçoivent l’annonce, on l’a entendu dans l’évangile de la nuit dernière, et en même temps, dans l’évangile de ce matin il y a comme quelque chose d’attirant pour Pierre et Jean qui courent au tombeau vide. Ils veulent voir, ils veulent comprendre… Sauf qu’il n’y a rien à voir, si ce n’est quelques bouts de tissus qui sont encore là…

Jésus, lui, n’est plus là… A-t-on enlever son corps ? Visiblement... A moins, plutôt, qu'il lui soit arrivé comme il avait fait pour son ami Lazare, cette résurrection qui annonçait la sienne ?! C'est donc, alors, qu'il a été libéré, délié ?! Les restes de linceul et autres bandelettes l’attestent ? Mais où est-il ?

Désormais, c’est notre foi, il sera toujours là, mais ailleurs. Ou plutôt il sera toujours là, mais autrement. Et ce sera toujours à découvrir. Il va nous falloir apprendre à le reconnaître présent même si nos yeux ne le verront pas, le pressentir, pressentir sa présence. Et comme les disciples d’Emmaüs, au soir de la résurrection – un texte que j’aime particulièrement et qui accompagne sur la paroisse nos sessions de préparation au baptême –, c’est par l’écoute de sa Parole et la mise en résonnance de celle-ci avec notre vie, avec nos questions, avec les appels de ce monde, que nous entendrons ce que Jésus ressuscité veut nous dire. Et c’est par l’accueil de sa présence dans la prière, par l’Esprit Saint, et par les sacrements, notamment celui de l’eucharistie, que nous pourrons nous laisser rejoindre – l’eucharistie que Chloé, Camille et Clara, parmi nous, vous allez recevoir ce matin pour la 1ère fois et par laquelle Jésus veut venir à votre rencontre, mystérieusement mais réellement car c'est ce qu'il a promis...

Et puis il y a également ces évènements et ces rencontres où nous nous diront après coup, comme à Emmaüs : « Notre cœur n’était-il pas tout brûlant en nous » ?! … C'est-à-dire : n'était-ce pas lui qui est passé dans ma vie ?

Notre foi, notre espérance, ce qui nous a été transmis par les témoins des apparitions du Ressuscité, c’est donc que Jésus est désormais présent autrement. Il est ressuscité. C’est promesse de vie pour nous, promesse qu’avec lui, Jésus, la vie est quoi qu’il arrive plus forte que tout mal et que toute mort. Non pas que nous n’allons pas mourir ni souffrir encore ; mais avec lui nous croyons que la mort et la mal n’ont pas et n’ont plus le dernier mot de l’histoire ; non, avec lui, Jésus, nous allons pouvoir traverser nos épreuves de mal et de mort, avec lui la vie sera re-suscitée, toujours. C’est livré à notre foi, notre confiance. Aucune preuve de cela. Dans le tombeau vide, d’ailleurs, il n’y a que des signes presque insignifiants : quelques bouts de tissus qui attestent qu’en ce lieu il y a bien eu un mort mais qu’il n’est plus là. Ces signes prennent leur sens quand les deux disciples Pierre et Jean se rappellent ce qu’avaient annoncées les Ecritures, et qu’ils se rappellent les geste et les dires de Jésus. La résurrection, un mystère livré à notre confiance, à notre foi… Les apparitions elles-mêmes le disent ; elles n’ont rien d’éclatant ou de magique ; non, des rencontres où l’on se dit après coup que Dieu, Jésus, étaient là.

Je ne sais les uns les autres qu’elle est réellement notre foi en la résurrection. C’est une espérance, une espérance livrée à notre confiance. Mais une espérance qui peut être vraiment un moteur de vie. Certes, nous aurons besoin les uns des autres pour nous aider à y croire et à en vivre. Alors faisons mémoire aujourd’hui de celles et ceux qui nous ont transmis cette espérance folle ! Ils n’avaient pas plus de preuve que nous, mais ils ont fait confiance. Et faisons mémoire de ces évènements et ces rencontres qui nous ont donné à expérimenter que la vie peut être plus forte que le mal, que la vie peut être re-suscitée. Oui, faisons mémoire de ces évènements et ces rencontres qui ont pu donner sens à notre vie ou nous redonner goût à la vie, ces évènements et ces rencontres où nous avons été relevés alors que la vie nous clouait au sol.

Ces expériences de résurrection sont comme un avant goût de la résurrection promise. Elles sont déjà résurrection et donc action de Dieu dans notre vie, présence de Dieu.

Nous offrons tout cela au Seigneur ce matin, pour lui rendre grâce, lui dire merci, lui dire notre reconnaissance. Et nous lui confions aussi ce qui aujourd’hui est de l’ordre de la nuit ou des ténèbres dans notre vie, que dans ce temps pascal qui commence une lumière nous soit donnée, quelle qu’elle soit, comme Dieu voudra, mais que ça nous soit donné et que nous voulions bien y croire vraiment. Nous osons le demander au Seigneur, maintenant…

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Illustration de ce post' : Anne Tiessé, Croix “Vers la Vie”, oratoire du CTM (Centre Théologique de Meylan-Grenoble).

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