Homélie dim. 21 mai 2017

Publié le par Christophe Delaigue

6ème dimanche de Pâques / Année A

Bourgoin-Jallieu, église St Jean-Baptiste [1] [et église Notre-Dame (sam. soir) [2]]

Ac 8,5-8.14-17 / Ps 65 (66) / 1P 3,15-18 / Jn 14,15-21

En préparant cette homélie et en méditant ces textes qu’on vient d’entendre, j’ai immédiatement pensé à vous les néophytes, les nouveaux baptisés de ce temps pascal, et j’ai aussi pensé aux confirmands de notre doyenné, notamment ceux de notre paroisse qui sont en week-end de Retraite à Parménie.

Cette Parole de Dieu qui vient de nous être adressés nous parle de l’Esprit Saint, vous l’avez entendu ; ça nous oriente vers la fête de l’Ascension, jeudi prochain, et vers la fête de la Pentecôte qui sera la fin de ce temps de Pâques.

C’est la 1ère lecture qui m’a invité à penser tout spécialement à vous, les néophytes, les nouveaux baptisés. L’auteur du livre des Actes des Apôtres nous a donné à entendre ces mots un peu étonnants : « [Pierre et Jean] prièrent pour [les] Samaritains [qui avaient accueillis la Parole de Dieu] afin qu’ils reçoivent l’Esprit Saint ; en effet, l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains. »

J’espère que ça vous étonne ! On est en train de nous dire que le baptême ça ne suffit pas. Or vous savez bien, chers néophytes, que ce fut pourtant un chemin parfois long et que ce baptême il marque bien une étape importante, il marque bien un passage. Il y avant et il y a après. Mais voilà qu’on dit de vous que vous êtes seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus. Seulement… Je pense que vous vous dites plutôt que vous êtes enfin baptisés au nom du Seigneur Jésus !

Ce mot « seulement » nous oblige à nous interroger sur le sens de ce que nous avons reçu à notre baptême. Ça change quoi d’être baptisés ? Pour vous, chers néophytes, mais pour nous tous !?

Désormais, par le baptême, vous êtes reconnus comme fils et filles de Dieu. Vous voilà appelés à le reconnaître comme Père, comme un Père très aimant qui veut se donner à connaître de chacun de nous, au cœur de ce que nous vivons, Dieu qui veut être notre force, Dieu qui nous aime, Dieu qui est là à nos côtés et qui sera toujours là, quoi qu’il arrive. Dieu qui est celui qui veut pour nous la vie et dont Jésus nous révèle combien il veut nous sauver, c’est-à-dire nous libérer de ce qui nous empêche d’être pleinement des vivants ou d’être debout. Non pas qu’avec lui il n’y a plus ni épreuves ni souffrance, mais nous allons les traverser avec lui et il nous donnera sa paix, au cœur de cela il nous assure de sa présence, et de sa miséricorde, son amour qui console, qui pardonne et qui redonne espérance. Voilà ce que Jésus est venu nous révéler, voilà ce qu’il est venu nous apprendre.

Et en choisissant le baptême, vous avez décidé d’orienter votre vie au regard de cette Bonne Nouvelle, vous êtes appelés à orienter votre vie au travers du prisme de cette Bonne Nouvelle. Et voilà que vous avez décidé de faire de Jésus, le Fils de Dieu, votre maître. Par le baptême nous sommes et nous devenons ses disciples, ceux qui veulent bien croire que le chemin de vie qu’il propose, le chemin vers Dieu qu’il nous révèle, c’est chemin de vie et de bonheur et que ça donne et ça donnera sens à ce qui va advenir pour nous, quoi qu’il arrive.

Et ce baptême, vous l’avez reçu au cœur de la nuit de Pâques, pour la plupart d’entre vous, ou au cours du temps pascal. Car nous croyons que Jésus est ressuscité, que c’est signe et promesse que la vie, quoi qu’il arrive, est en Dieu plus forte que tout mal et que tout mort. C’est un mystère, c’est vrai ; c’est livré à notre confiance, c’est vrai ; mais c’est notre espérance, c’est ce qui peut devenir un réel moteur de vie au cœur de ce que nous aurons à traverser : avec Jésus, la vie est et sera plus forte que tout mal et que toute mort.

En plongeant dans l’eau du baptême, pour ceux qui ont été plongés, c’est bien cette expérience là qui vous a été donnée à vivre : vous avez repris souffle, vous avez repris vie, en sortant des eaux du baptême. Et notre foi, notre espérance, c’est que quel que soient nos plongeons, quelles que soient nos épreuves, nos chutes ou nos pertes de confiance en la vie, quelles que soient nos traversées, Jésus nous révèle par sa Parole mais aussi par le mystère de sa mort et de sa résurrection que Dieu sera là, quoi qu’il arrive, discrètement, car jamais il ne s’impose, mais réellement, si nous lui faisons une place. Il sera là du côté de la vie, aussi imperceptible serait-elle, aussi fragile serait-elle que les flammes de la lumière du Christ ressuscité que vous avez reçue en finale de votre baptême.

Il sera là, il est là, c’est la promesse de Jésus en toute fin de l’évangile de Matthieu alors qu’il envoie ses disciples en mission et que lui va monter rejoindre le Père, quand il leur dit : « Allez, de toutes les nations faites des disciples, en les baptisant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, et en leur apprenant à garder mes commandements. Et moi je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin des temps »

Jésus nous promet sa présence et c’est ce que nous célébrons à chaque messe, à chaque eucharistie. Le mystère du sacrement de la présence de Jésus dans le pain et le vin consacrés, Jésus ressuscité qui vient se faire l’intime de chacun de nous pour établir sa demeure en nous et pour que nous devenions ensemble présence de Dieu dans ce monde, présence active, présence en paroles et en actes...

Ceci dit, c’est bien beau tout ça, me direz-vous, mais pourquoi quand même la 1ère lecture disait-elle : « l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux : ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus » ?

Pour vivre maintenant à la suite de Jésus, pour apprendre à garder confiance et espérance en Dieu et en ses promesses de vie, même au cœur de nos épreuves, il va nous falloir nous ouvrir à l’Esprit Saint, le Souffle de Vie de Dieu, sa force de vie et d’amour, sa présence en nous. C’est ça l’Esprit Saint.

Dans les évangiles, Jésus nous dit qu’il y a ce mode de présence de Dieu qui nous est promis. Et dans l’évangile de ce jour il nous dit, Jésus, qu’il va prier le Père de nous envoyer l’Esprit saint qui est quelqu'un et qui va demeurer en nous, qui sera en nous.

Cet Esprit Saint il est promis et donné à qui le demandera. Voilà pourquoi entre la fête de l’Ascension, jeudi prochain, et la fête de la Pentecôte, 10 jours plus tard, nous sommes invités chaque année à nous rappeler et à le faire qu’il faut prier avec insistance pour recevoir l’Esprit Saint. Et cet Esprit Saint par lequel Jésus sera désormais présent, lui qui va monter vers le Père à l’Ascension, cette force de vie et d’amour de Dieu qu’est l’Esprit Saint, nous sommes aussi invités à la demander tout spécialement dans le sacrement de la confirmation, comme un accomplissement de notre baptême, pour demander au Seigneur la force de devenir des témoins en actes de ce que nous avons commencé à découvrir et à recevoir par la Parole reçue et méditée et par le chemin que le baptême ouvre pour chacun de nous.

Demander à célébrer la confirmation c’est dire au Seigneur : « Je reconnais que tu es présent dans ma vie, que tu souffles dans ma vie ; je reconnais que ta présence donne sens à ma vie, je veux te dire merci pour cette présence qui est force de vie et je veux te la demander toujours plus. » Et c’est dire encore au Seigneur : « Je reconnais que tu es là, par le mystère de l’Esprit saint, je reconnais que ton Esprit souffle en moi dans ces désirs de vie que je peux entendre au fond de moi, et je reconnais que j’ai besoin de ta force pour vivre les appels de l’Evangile, alors donne-le moi en abondance, que je me laisse transformer toujours plus par ton amour. »

Voilà le sens de la confirmation que 55 adultes et jeunes de notre doyenné recevrons dans quelques semaines – le 18 juin – et que vous, les nouveaux baptisés, vous serez appelés à demander et à célébrer un jour à votre tour. Ainsi vous serez plus pleinement chrétiens : non seulement disciples de Jésus, c’est-à-dire confiants en sa présence et à l’écoute du chemin de vie qu’il nous propose en nous révélant qui est Dieu et comment il nous aime, comment il se rend présent à notre vie ; disciples de Jésus, donc, mais aussi témoins en actes, grâce à lui, avec sa force à lui, l’Esprit Saint, témoins en actes de cet amour dont il ne cesse de nous parler, cet amour qu’il ne cesse de nous inviter à vivre concrètement, avec son aide, car c’est dur d’aimer vraiment, aimer l’autre quel qu’il soit, et aimer jusqu’au pardon.

A chacun de vous, chers néophytes, et à chacun de nous tous, je souhaite que nous apprenions à oser demander sans cesse et toujours l’Esprit Saint. C’est lui que nous allons invoquer tout à l’heure pour que le pain et le vin deviennent le signe et la présence de Jésus parmi nous ; et c’est lui, l’Esprit Saint, que nous allons invoquer aussi pour que nous devenions chacun et ensemble, à notre mesure et surtout par notre communion à ce sacrement de l’eucharistie, présence de Dieu pour celles et ceux que nous rencontrerons.

Pour l’heure je vais m’arrêter et nous prenons quelques instants de silence pour laisser ces mots résonner en nous. Ce qui monte en nous, ce que ça éveille en nous, nous l’offrons tout simplement au Seigneur dans le silence de nos cœurs, c’est prière…

 

[1] Messe des familles et Fête des néophytes du Nord-Isère.

[2] Le samedi soir, version plus courte et surtout adaptée, car sans les néophytes du lendemain.

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