Homélie Pentecôte 2017

Publié le par Christophe Delaigue

Dimanche 4 juin 2017 (Année A)

Bourgoin-Jallieu, église St Jean-Baptiste

Ac 2,1-11 / Ps 46 (47) / 1Co 12,3b-7.12-13 / Jn 20,19-23

Qui est l’Esprit Saint ? … Qui est l’Esprit Saint pour chacun de nous ? … J’aimerais vraiment, aujourd’hui, qu’on se laisse toucher par lui, peut-être qu’on le redécouvre, en tout cas qu’il soit ou qu’il devienne toujours plus une réalité de notre vie, quelqu’un qui fait partie de notre vie…

A l’Ascension, il y a 10 jours, on nous a dit dans la 1ère lecture – vous vous en rappelez je pense – que l’Esprit Saint c’est une force, une force qui vient de Dieu ; c’est la force qu’il nous promet qui va nous permettre de passer du statut de disciple de Jésus à celui de témoin, ce qu’on appelle être missionnaire. C’est bien ce qu’on vient de commencer à entendre dans la 1ère lecture de ce jour, et ce sera toute la suite des Actes des Apôtres, et c’est bien ce qu’on a entendu aussi dans l’Evangile puisqu’un envoi en mission accompagne le don de l’Esprit Saint, celle de notre responsabilité quant au pardon – rappelez-vous, nous sommes appelés à aimer et que Jésus nous révèle qu’il n’y a pas d’amour vrai sans pardons à vivre.

L’Esprit Saint c’est donc cette force que Dieu veut nous donner. Et dimanche dernier on nous a dit aussi qu’il est notre Défenseur. Expression peut-être un peu étonnante pour nous ?! C’est celui qui nous donne et qui donnera les mots pour dire notre foi, les mots pour témoigner, dire les merveilles de Dieu, comme on l’a entendu dans la 1ère lecture avec les Apôtres qui se mettent à annoncer Jésus Christ mort et ressuscité. Annoncer Jésus Christ qui est le Chemin, la Vérité et la Vie, Jésus Christ qui nous promet sa présence pour toujours avec nous, quoi qu’il arrive – c’est ce qu’on entendait en finale de l’évangile du jeudi de l’Ascension –, Jésus Christ qui est remonté vers le Père où il nous attend en même temps qu’il est présent autrement parmi nous, présent notamment par le Pain et le Vin consacrés dans l’eucharistie, car nous prions pour cela l’Esprit Saint ; Jésus Christ qui est aussi et désormais présent par chacun de nous, ensemble, si nous vivons avec lui les appels de l’Evangile, au Souffle de l’Esprit Saint que nous allons demander, en communion d’Eglise, les uns avec les autres et avec le Christ, grâce notamment à notre communion au même Pain de l’eucharistie.

C’est l’Esprit Saint qui rend Jésus présent aujourd’hui, Jésus présent autrement. L’Esprit Saint qui est donc la force de Dieu, l’Esprit Saint qui est celui qui nous donnera les mots pour vivre et annoncer notre foi, l’Esprit Saint qui est encore – on l’a chanté dans la « Séquence », juste avant l’évangile – le Consolateur, ce baume promis par Jésus, celui que Dieu envoie pour notre consolation, celui qui va nous permettre le pardon, celui qui nous donne d’entrer de nouveau en dynamique d’espérance avec Jésus. L’Esprit Saint consolateur, c’est l’Esprit d’amour de Dieu, l’Esprit de miséricorde. Il est cette paix promise par le Christ, il est aussi cette joie intérieure que nous recherchons et qui va jaillir en nous, il est également cette lumière qui peut nous guider, ce feu intérieur qui va nous réchauffer…

La question, du coup, pour nous aujourd’hui, c’est de savoir si nous voulons – si nous voulons vraiment – nous laisser habiter par l’Esprit Saint ?! Est-ce que nous voulons qu’il demeure en nous et que, par lui, Jésus demeure en nous ?!

Pour cela, eh bien prions-le ! Demandons-le ! Mettons-nous en disposition de l’accueillir ! Dans la prière mais aussi dans l’offrande de notre vie à la volonté de Dieu ! Notre monde en a tellement besoin, il suffit découter les nouvelles de ce matin avec cet attentat encore à Londres... Demander lEsprit Saint pour que la paix gagne nos coeurs et par nous, par chacun de nous, quelle se répande un peu et petit à petit... Demander lEsprit Saint et y croire, pas du bout des lèvres ou la bouche en coeur parce que le chant est beau ! Prier, demander l'Esprit Saint... C’est ce que nous étions invités à faire tout spécialement ces 10 derniers jours, notamment avec cette prière paroissiale qui nous a accompagnés. 

Et il nous faut continuer... Tout spécialement aussi pour les 55 confirmands de notre doyenné qui se préparent à le recevoir et à le célébrer, dans 15 jours maintenant, et qui viennent nous stimuler pour notre propre chemin de foi. Leur engagement vient nous refonder dans notre vie avec l’Esprit Saint, qu’on se demande chacun où est-ce que nous en sommes de notre confiance en lui et à quoi il nous appelle, à quoi ça nous pousse pour notre vie et notre mission d’Eglise, notre vie et notre mission de baptisés dans le monde qui est le nôtre !?

C’est vrai, me disent certains, que l’Esprit Saint c’est difficile à appréhender, c’est difficile de se le représenter… Il ne peut être que pressenti, en tout cas que demandé et attendu, dans la prière… Invoquons-le, demandons-le, qu’il se révèle à nous, qu’il vienne souffler en nous… Et apprenons à écouter en nous, dans le silence de nos cœurs, apprenons à entendre les appels de la vie qui sont là et qui viennent parfois nous bousculer ou au contraire nous pousser à agir… L’Esprit Saint est là…

On aimerait qu’il s’impose à nous comme pour les apôtres dans la 1ère lecture, un truc de l’ordre du merveilleux ou miraculeux… Notre expérience elle sera souvent plutôt celle du prophète Eli au Mont Horeb, quand Dieu le visita dans « le murmure d’un silence ténu » [1]… « Le murmure d’un silence ténu »

Enfin, n’oublions jamais que c’est lui, l’Esprit Saint, qui fait l’unité et la communion. C’est lui qui fait et qui fera notre unité intérieure, à chacun, mais c’est lui aussi qui rendra possible, toujours plus, toujours mieux, la communion entre nous, dans nos familles, dans nos communautés chrétiennes et dans notre paroisse ! Alors prions-le pour cela aussi !

Qu’il nous donne de vouloir et de devenir chacun et ensemble ces disciples-missionnaires que le pape François et notre évêque nous appellent à être, des disciples-missionnaires centrés sur le Christ pour avec lui se décentrer vers celles et ceux qui sont en quête de sens ou qui ont besoin d’être consolés, qui ont besoin d’être pardonnés, qui ont besoin de retrouver espérance, ces disciples-missionnaires dont ce temps à besoin. Que nous le soyons dans une paroisse où l’esprit communautaire et missionnaire s’affermisse et grandisse, une paroisse où grandisse et advienne concrètement et toujours plus de la communion fraternelle et de la joie ! Que nous ne soyons pas qu’une somme de clochers qui cohabitent ou des assemblées dominicales de personnes qui se saluent poliment entre voisins de bancs qui se connaissent peu ou pas du tout, mais une communauté paroissiale qui ait joie à se retrouver et qui s’en donne les moyens, une communauté qui laisse la joie de l’Esprit Saint jaillir toujours plus en elle !

Oui, nous prions pour tout cela, nous demandons l’Esprit Saint, chacun et ensemble, dans le silence de nos cœurs, maintenant…

 


[1] 1er livre des Rois, chapitre 19, verset 12.

 

Illustration : El Greco, La Pentecôte, 1597.

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