Dieu n'est pas mort

Publié le par Christophe Delaigue

 

Bon... j'ai trouvé intéressant et pénible. Et pour dire vrai, le mot qui me venait même c'est : éprouvant. Alors même que c'est intéressant.

Je m'explique.

Ce que je trouve intéressant c'est qu'un film en apparence grand public vienne poser la question de Dieu. Avec cette histoire de ce professeur de philosophie qui demande à son premier cours d'introduction à la philosophie de partir du postulat (et de l'écrire et le signer) que Dieu est mort, et ce jeune étudiant chrétien, face à lui, qui va refuser et qui va se retrouver obligé de prouver devant tous que Dieu existe ; il se sent même appelé par Dieu à cela, dira-t-il à plusieurs reprises (en tout cas, et c'est tout à son honneur, il ne veut pas être obligé de renier sa foi ou de mentir juste pour faire plaisir à ce professeur de philosophie).

Et c'est intéressant car ce film soulève en fait beaucoup de questions théologiques ! Il faudrait les pointer toutes et prendre le temps d'en débattre ensuite. Et par exemple suivre une formation, comme le parcours IchThus proposé par le CTM et le diocèse (ou d'autres parcours d'initiation théologique que proposent d'autres diocèses) !!

Intéressant, donc, mais pénible. Pas tant cinématographiquement bien que de fait ce ne soit pas génial de ce point de vue là. Mais pénible par exemple dans les clichés qui se succèdent et les caricatures (la journaliste athée ou agnostique qui tombe malade d'un cancer, qui va mourir, qui se convertit en rencontrant le groupe de pop louange qui rassemble tout le monde en finale du film ; ou la mère de son compagnon, atteinte de la maladie d'Alzheimer, qui va parler à celui-ci au nom de Dieu, en évoquant au passage le diable et le péché, comme si elle avait cette lucidité et cette capacité là ; ou encore cette famille musulmane avec cette jeune femme soumise à son père qui l'oblige à porter le voile, qui va la mettre dehors quand il découvre qu'elle s'est convertie à Jésus et qui l'avait mise en garde juste avant contre cet Occident qui a oublié Dieu ; ou encore ce “révérend” que son ami africain “convertit” à la providence divine et la prière pour les petites choses du quotidien comme demander que la voiture démarre quand Dieu semble ne pas vouloir qu'ils aillent à Disneyland où je ne sais où)...

Bon... Il n'y a pas que cela, heureusement, et je le redis, c'est quand même intéressant dans les questions que cela pose, notamment celle du mal et de la souffrance et celle de la question de Dieu au coeur de cela. Mais aussi celle de savoir si l'on peut prouver ou non l'existence de Dieu, ou d'ailleurs son inexistence. Les joutes philosophico-théologico-scientifico-je ne sais quoi entre ce jeune étudiant et son professeur ne sont de ce point de vue là pas inintéressantes, très américaines et Intelligent Design, mais pourquoi pas, c'est justement une question théologique que celle du dialogue entre sciences et foi et celle par exemple quant à la Création.

Une autre question ici soulevée, celle du salut et de la vie éternelle pour le non-croyant ou celui qui ne confesserait pas la foi en Jésus Christ avant de mourir... C'est la scène presque finale du professeur de philosophie qui va mourir dans les bras du “révérend” que la voiture emmène enfin à son parc d'attraction, après je ne sais combien d'essais et la fameuse prière !

Ce qui m'a le plus gêné, au final, c'est que rien n'est dit de la foi. C'est apologétique (démontrer Dieu), mais on ne sait rien de la foi de ce jeune garçon, on ne le voit pas prier (ou si peu) ni participer à un culte dans son Eglise. Et finalement la seule chose qui dirait la foi, c'est cette histoire de voitures et de providence divine, du coup une espèce de caricature de ce qui se dit et se vit dans certains milieux évangéliques ou courants spirituels de nos Eglises.

Bon... je ne vous dit pas tout de l'histoire de ce professeur de philosophie, ce qu'on en découvre dans le film qui aide à comprendre un peu son athéisme intransigeant. Allez voir quand même, pourquoi pas. Mais... en connaissance de cause de tous ces bémols ci-dessus mentionnés...

Tout ceci étant dit, j'ai trouvé pas si mal et même plutôt touchant la prière que le groupe de pop louange fait sur Amy, la journaliste qui va mourir de son cancer. Les paroles sont belles.

Allez... cette fois je m'arrête, je vous laisse faire votre propre opinion ! En me demandant toutefois qui va voir ce genre de film, que les convaincus, non ? Parce que le titre du film fait déjà le tri du public, non ? C'est à cause de cette question là qu'en début de post je parlais de film grand public “en apparence”...

La bande annonce...

Pour ceux qui veulent, bien plus intéressant que mon commentaire, celui de Denis Moreau sur le site du journal La Vie...

Publié dans Cinéma

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