« N’appelez personne père », nous dit Jésus

Publié le par Christophe Delaigue

 

Petit « coup de gueule » spirituel du matin ou plutôt petite réflexion méditative ou homélitique... en réponse à un texte reçu par mail d’un ami lecteur attentif des Écritures et théologien, qui parle de l’évangile d’hier, dimanche, en Lc 13,1-12...

Cette phrase de Jésus (reprise en titre de ce post’) serait sa parole la plus claire  mais que nous n’apliquerions pas (plus que d’autres ?) par cléricalisme, comme j’entends d’autres fois, ou pour je ne sais quelles autres mauvaises raisons ? Je ne dis pas que ça n’a pas existé, évidemment, ni même que ça n’existe pas encore, y compris sous d’autres formes et même un certain cléricalisme qui ne concerne d’ailleurs pas toujours que les prêtres... ce qui est un autre sujet...

Mais... si je puis me permettre... pas trop maladroitement j’espère... J’aime répondre et j’essaye de  vivre ainsi le fait qu’on m’appelle « père » et de me laisser appeler de la sorte par celles et ceux qui le souhaitent ou qui en ont l’habitude :

Quand Jésus nous demande de ne donner à personne sur Terre le nom de père ou de maître, personne je crois n’aurait l’idée d’entendre qu’il serait en train de nous dire de ne plus appeler « papa » ou « père » son propre père biologique ! Il y aurait une exception à son propos qui nous semblerait tout à fait normale celle-ci ? Donc il n’est pas plus question, en soit, je crois, de ne plus dire ou de s’interdire voire de juger quand est dit « père » à son curé ou autres prêtres, ou encore « maître » à un maître de sagesse spirituelle, de vie ou de théologie (même si, de fait, c’est moins à la mode ou moins spontané, moins pratiqué qu’à d’autres époques, c’est vrai), si c’est ajusté.

La question est là. Ajusté au sens de référé. Peut-être même devrais-je dire spirituellement référé : Jésus est en train de nous dire, je crois, que ceux qui portent ou à qui ont donne (pour des raisons historiques ou même spirituelles) ces noms-titres là doivent être bien conscients que le Seul vrai Père c’est Dieu, et le seul vrai Maître, c’est lui Jésus. Et qu’ils ne font que participer, de part leur missions et leurs charismes, et même leurs vocations respectives, à sa Paternité et à lui le Père. Et à son enseignement à lui le Christ.

En tout cas qu’ils devraient le vivre ainsi. Que leur propre forme de paternité (quelle soit biologique ou d’un certain engendrement à une vie spirituelle d’évangile ou à une vie communautaire et ecclésiale qui soit réellement et le devienne vraiment fraternelle) ou leur charisme à enseigner sont participation à celle et à celui de Dieu seul Père et du Christ seul maître, dans l’Esprit.

Vaste responsabilité spirituelle pour chacun de nous, il est vrai, parents y compris, s’ils sont chrétiens. Vaste responsabilité, oui, mais à apprendre à vivre de façon simple et dans la foi, qui réclame pour cela humilité et prière pour ne pas tomber dans les travers autoritaires qui ont marqué certaines époques et qui marquent parfois certains (pères biologiques y compris ou maître en théologie également, pour ne pas parler que de prêtres ou d’évêques comme on le fait toujours). 

Et oui, mon ami qui éveilla par son mail ces quelques lignes, je suis complètement d’accord, tout cela ne sera juste, ajusté, réfère de façon évangéliquement juste, que si nous vivons cette fraternité dont tu parles et à laquelle le Christ nous appelle. Si nous sommes tous frères. Oui.

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L’illustration de ce post’ edt un détail d’une fresque au Brésil représentant la parabole du retour du fils prodigue en Lc 15. Une œuvre de Tony Castro, de la communauté brésilienne Rainha da Paz (communauté Reine de la Paix, présente dans notre diocèse, à Bourgoi-Jallieu).

Publié dans Méditations

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