Homélie sacrement des malades

Publié le par Christophe Delaigue

 

Samedi 2 décembre 2017

Carmel de ND de Surieu 

 

Messe avec sacrement des malades P. Christophe

 

Dn 7,15-27

Ct de Dn 3,82-87

Luc 21,34-36

 

Homélie du P. Philippe Rey

 

“Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous aurez la force d’échapper à tout ce qui doit arriver, et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme”.

 

La tonalité des textes de cette fin de l’année liturgique fait ressortir la dimension d’épreuve, de combat, mais aussi d’avènement et d’accomplissement du Royaume.

 

Ils ne sont d’ailleurs pas bien différents de ceux du temps de l’Avent et nous disent bien que l’attente patiente de l’espérance du jour de Dieu n’est pas réservée à un moment particulier de la liturgie, mais bien la condition même de la vie du disciple du Christ qui est un être en devenir, un veilleur dans l’espérance.

 

Que notre coeur ne s’alourdisse pas au long des jours et des épreuves de l’existence.

 

Jésus nous demande de rester éveillé et de prier en tout temps comme il demandera au jardin des oliviers à ses disciples de veiller et prier pour résister à la tentation. La suite du texte nous précise qu’il enseignait toute la journée dans la Temple (qui est un peu le CTM de l’époque !?) et qu’il sortait toute la nuit pour prier au mont des oliviers (qui doit ressembler à la colline de ND de Surieu à peu de chose près !?).  

 

Cette prière du Christ, comme la nôtre à sa suite, devient le terrain de bataille. Le lieu même du combat de la foi. Le lieu où l’on choisit de compter sur le Seigneur plus que sur nous-mêmes. Le lieu où nous acceptons de devenir un pauvre, qui ose donner tout ce qu’il porte en lui-même pour se recevoir entièrement de lui.

 

Jésus ne dit pas que nous échapperons à l’épreuve. Mais que nous pourrons nous tenir devant lui. Avec confiance et espérance. C’est lui qui nous donnera la force de tenir debout.

 

C’est aussi l’expérience de Job, le grand malade de la Bible, qui au coeur de son épreuve décide de garder sa foi en Dieu alors que toute ses sécurités s'effondrent. De demeurer dans l’action de grâce et dans la foi qu’il se tiendrait debout devant son Sauveur, qui est le Dieu de la Vie. Il n’a pas mis sa foi en lui même, ni même en ce qu’il ressentait, mais en une parole qu’il avait reconnu comme vraie, sur la réponse qu’il avait déjà donnée dans la foi en Dieu.  

 

Se tenir debout devant le Fils de l’homme. Voilà l’attitude du disciple du Christ. Debout non par fierté personnelle, non par force surhumaine, mais par l’expérience du salut qui est toujours un relèvement semblable au relèvement du Christ d’entre les morts.

 

La prière nous fait donc tenir debout pour chanter la louange par toute notre vie avec tout ce qu’elle est et ce qu’elle traverse.  

 

Christophe tu vas recevoir le sacrement des malades au sein de la communauté du Carmel où tu aimes venir te reposer et prier. Tu es entouré de ces soeurs, de ces frères et amis et de tous ceux qui prient en communion avec toi.

 

C’est le corps tout entier de l’Eglise qui par ses membres t'entoure et veut te porter dans la prière et redire sa foi en Dieu, lui qui est source de ton salut. Il est puissance de vie, de résurrection. Son Amour donné totalement est chemin de libération, de réconciliation, de guérison et de relèvement.  

 

Nous voulons par ce sacrement demander au Seigneur qu’il fasse grandir en chacun de nous la foi. Qu’il te donne l’espérance du salut, et la force de vivre chaque instant en aimant davantage.

 

Nous demandons avec un coeur de pauvre, que sa volonté soit faite. Et nous rendons grâce à Dieu pour sa présence au lieu même de nos combats. Qu’il puisse devenir pour toi encore force de salut, espérance renouvelée, libération de tout mal, guérison de toute maladie. Que par ta vie de baptisé, et ton ministère de prêtre, Dieu poursuive en toi l'oeuvre qu’il a commencée, pour faire de toi un instrument de sa miséricorde.

 

En célébrant ce sacrement, nous demandons aussi au Père plein de tendresse et source de toute consolation de donner à tous ceux qui t’entourent le soutien qu’ils ont besoin pour vivre avec toi ce passage. Nous portons aussi dans la prière tous ceux que tu connais et qui traversent en ce moment le combat de la maladie. Et nous prions pour tous ceux qui oeuvrent chaque jour à la recherche de moyens de guérison et prennent soin de leurs frères.

 

Que l’Esprit Saint nous renouvelle dans la foi et agisse au coeur de notre faiblesse. Amen.

Publié dans Homélies, Textes partagés

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :