La promesse de l’aube

Publié le par Christophe Delaigue

 

Pierre Niney, magistral, joue ici le rôle de Romain Gary, né Kacew. Prix Goncourt, l’ayant même reçu une seconde fois pour un roman signé Emile Ajar.

A ses côtés, Charlotte Gainsbourg interprète sa mère, juive russe ayant fui en Pologne, n’ayant qu’une idée en tête : faire de lui en grand homme, en France. Pleine de projets, caricature de la mère juive protectrice, elle va être sa force. Mais si elle fera bien de lui un homme, elle n’en fit pas pour autant un sujet... Car, pour le dire autrement, si elle fut sa force, qu’elle fut vraiment sa  liberté, son être-au-monde en tant qui lui-même comme sujet ? Il fut ce que sa mère le fit devenir. Elle fut, elle fit, sa vie.

Romain Gary fut ce grand écrivain qu’elle le poussa à être, son œuvre en temoigne, ce film le montre très bien – et c’est du beau cinéma. Il fut aussi ce héros de guerre, pour la France, comme elle l’y encouragea. Il fut l’homme de sa vie, finalement, comme elle fut la femme de la sienne, dans une certaine commune folie et soif de vivre, jusqu’à ce qu’elle laisse la place.

Ce film, très réussi, dans le jeu des acteurs comme dans la photographie et la mise en scène, raconte cet œdipe non vécu, force et faiblesse d’un grand homme. Un très beau film signé Eric Barbier, pour un grand écrivain qu’on a envie d’aller (re)lire et qui signait dans son  livre de 1960 ici repris une œuvre saisissante.

Publié dans Cinéma

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