Homélie lundi 29 janvier 2018

Publié le par Christophe Delaigue

Lundi de la 4ème semaine du Temps Ordinaire

Maison Ste Thérèse (Bruxelles)

 

2S 15,13-14.30 ; 16,5-13a / Ps 3 / Mc 5,1-20

 

Il faut que je vous avoue que longtemps je n’ai pas été très à l’aise avec cette page d’Evangile. Et pourtant, en la relisant ce matin et en la méditant, il y a quelque chose qui me fascine dans ce texte, surtout si on essaye de se représenter cette scène qui est digne d’un film ; ce qui me fascine c’est cette espèce puissance du texte dans ce que Jésus fait et dit face à cette puissance du mal et même de la mort qu’incarne ce possédé. Et vous avez entendu, les gens sont saisis de crainte, c’est comme si c’était trop – c’est de fait spectaculaire cette scène – et ils préfèreraient que Jésus s’en aille ; qui est-il ?

 

Je parle de puissance du mal et de la mort car il est possédé, cet homme, d’un esprit impur et même de nombreux démons – ils sont légion, nous dit le texte –, de nombreux démons qui non seulement le tourmentent mais lui donnent une sorte de force absolument incroyable et démentielle – c’est le cas de le dire – puisque même les chaînes et les fers ne lui résistent pas ; et pour en rajouter, on nous dit aussi qu’il se mutile, qu'il se blesse avec des pierres en criant et, précise encore le texte, il sort des tombes à la venue de Jésus. Il y a une puissance du mal et de la mort à laquelle Jésus va s’opposer et agir…

 

Ceci étant, avant d’aller plus loin dans ces quelques mots, permettez-moi de suspendre mon propos et de faire un détour par la 1ère lecture… J’ai été touché par la finale, ces mots de David que je vous relis : « Laissez-le maudire, si le Seigneur le lui a ordonné. Peut-être que le Seigneur considèrera ma misère et me rendra le bonheur au lieu de sa malédiction d’aujoud’hui »

 

Ce qui me touche c’est cette foi de David en l’amour miséricordieux de Dieu que Jésus va pleinement révéler tout au long de son ministère. Je citais déjà ce verset l’autre jour – vous découvrirez qu’il fait partie des quelques versets qui me marquent et qui m’habitent souvent –, Jésus qui nous appelle dans l’évangile de Luc à devenir et à être miséricordieux comme le Père est miséricordieux. Et le pape François dans sa bulle pour l’annonce du Jubilé de la miséricorde expliquait que la miséricorde, faire l’expérience de la miséricorde, c’est faire l’expérience de l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance. Ce sont ses mots, il dit ça à propos de l’invitation qu’il nous faisait à passer une Porte Sainte pour vivre et signifier notre désir de vivre l’expérience de la miséricorde. La miséricorde, je redis ces mots du pape François, c’est l’amour de Dieu qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance.

 

David est déjà dans cette espérance là, cette foi là, cette confiance là : « Peut-être que le Seigneur considèrera ma misère et me rendra le bonheur »… Et le Psaume à répondu à ces mots de David qui sont déjà prière : « Toi, Seigneur mon bouclier (…). A pleine voix je crie vers le Seigneur ; il me répond (…) : le Seigneur est mon soutien »

 

L’évangile qu’on vient d’entendre va encore plus loin. Non seulement Dieu, oui, est un soutien, pour qui se tourne vers lui – et j’aimerais que nous puissions prier tout spécialement ce matin, pour toutes celles et tous ceux que la vie cloue au sol et qui n’y croient plus que Dieu est là à leur côté, celles et ceux qui tombent dans le piège du Malin qui nous fait croire que Dieu nous abandonne à la puissance dévastatrice du mal et de la mort, celle du possédé de l’évangile – ; non seulement, donc, Dieu est un soutien, pour qui se tourne vers lui, mais plus encore – nous le savons mais l’évangile nous le redit avec force et puissance – il est sauveur, il est le sauveur, le libérateur, celui qui va nous délier des chaînes des puissances du mal et même de la mort, celui qui peut nous faire sortir de nos tombeaux et de nos enfermements. C’est ce que nous célébrons à chaque eucharistie. Et c’est ce dont nous sommes appelés à devenir les témoins.

 

Et voilà justement ce qui m’a tout particulièrement touché, interpelé, ce matin, dans cette page d’évangile, c’est quand Jésus renvoie l’homme guérit. Il voulait le suivre et monter avec lui dans la barque, mais non, Jésus lui dit : « Rentre à la maison, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. »

 

Jésus est le sauveur, le libérateur, celui qui ouvre à la vie, celui qui ouvre des chemins de vie. Il nous appelle à en devenir témoins, témoins autour de nous, témoins de ce que le Seigneur fait dans sa miséricorde, c’est-à-dire dans son amour qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance. Jésus qui nous appelle à devenir miséricordieux comme le Père est miséricordieux. Ainsi l’amour est et sera petit à petit et définitivement vainqueur du mal qui assaille ce monde...

 

Alors que cette eucharistie soit ce matin ce lieu, ce moment, où nous déposons ce qui est légion en nous et autour de nous de mal ou de désespérance. Que nous déposions tout cela dans la prière, mais aussi avec le pain et le vin que nous allons présenter au Seigneur. Que là, au cœur de ce que nous sommes et au cœur de ce que traversent celles et ceux que nous voulons plus particulièrement lui confier, il vienne, par le mystère de sa présence qui se donne, qu'il vienne déposer sa paix, déposer son amour qui relève et qui ouvre à la vie. Et qu’il soit notre force pour en être témoins auprès des nôtres et auprès de celles et ceux que nous rencontrons et à qui nous sommes envoyés…

Publié dans Homélies

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