Homélie mardi 23 janvier 2018

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 3ème semaine du Temps Ordinaire 

Maison Ste Thérèse (Bruxelles)


2S 6,12b-15.17-19 / Ps 23 (24) / Mc 3,31-35

 

Si vous imaginez, si vous vous représentez les scènes de nos deux lectures de ce jour, vous aurez remarqué qu’il y a au moins un point commun : la foule. Le peuple, d’abord, qui se presse autour de David son roi et surtout autour de l’Arche d’Alliance devant laquelle David exprime toute sa joie, notamment par cette danse qui peut nous faire sourire et dont Baudoin – qu’il m'excuse ce clin d'oeil –  nous partageait l’autre jour à table qu’il espère qu'il nous sera donné de la voir de nos propres yeux dans la vie éternelle… Et dans l’évangile, cette foule qui se presse autour de Jésus pour l’écouter, Jésus qui est non seulement le Messie, annoncé par la figure de David,  mais aussi et surtout le roi de ce Royaume nouveau, comme nous l’a rappelé, non sans humour, le même Baudoin, dimanche matin.

 

L’Arche d’Alliance, vous le savez, non seulement contient les tables de la Loi mais elle est aussi le signe de la présence de Dieu au milieu de son peuple, ce que sera aussi le futur Temple d’Israël, à Jérusalem, dans lequel elle sera d'ailleurs déposée, le Temple qui est ce lieu qui doit rappeler à tout le peuple que Dieu est là au milieu de lui, ce lieu aussi vers lequel convergeront toutes les nations. Car la mission d’Israël c’est bien d’être témoin pour les nations de l’existence du Dieu unique. Ce que Jésus viendra accomplir et dévoiler pleinement.

 

Deux foules, donc, et la présence de Dieu au cœur de ces foules.

 

D’un côté la joie et la fête, la danse même ; et de l’autre, l’écoute de celui qui est la Parole de Dieu… Et voilà que les proches de Jésus veulent le voir et qu’ils le cherchent. Avec cette réponse de Jésus que nous venons d’entendre et que nous connaissons bien : « Ma mère, mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère »

 

La question qui m’est venue c’est de savoir quelle est la volonté de Dieu : comment être de ces proches-là de Jésus, nous qui voulons le suivre, pas seulement de loin, mais en frères et sœurs, fils et filles du Père, son Père et notre Père ?

 

Dans l’évangile de Jean Jésus nous dit : « La volonté de mon Père c’est que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure » (cf. Jn15,6). Porter du fruit, c’est-à-dire vivre l’Evangile et vivre l’unique appel qui les récapitule tous, y compris les 10 commandements contenus dans l’Arche d’Alliance, l’appel à aimer, aimer Dieu et son prochain comme soi-même, aimer comme le Père nous aime, aimer de cet amour du Père qui veut sauver tous les hommes, aimer de son amour miséricordieux, cet amour qui prend soin de l’autre quel qu’il soit, cet amour, disait le pape François à l’occasion du Jubilé de la miséricorde, qui console, qui pardonne et qui donne l’espérance.

 

« Soyez miséricordieux comme le Père est miséricordieux », dira Jésus dans l’évangile de Luc (Lc 6,36). Voilà comment faire la volonté du Père. Et par là-même être des témoins en actes de sa présence au milieu du monde, à la suite du Christ, et donc être et devenir le Corps du Christ, le Temple de l’Esprit Saint, pour reprendre les expressions de St Paul.

 

Ceci dit, comment aimer, comment faire la volonté de Dieu, à notre mesure, comment répondre chacun, avec ce que nous sommes et là où Dieu nous attend personnellement ?

 

Dans l’évangile de Luc, dans le même récit que celui de ce jour (Lc 8,19-21), Jésus nous dit : « Ma mère et mes frères, ce sont ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui la mettent en pratique ». Pour faire la volonté de Dieu, pour porter du fruit et que notre fruit demeure, pour aimer et devenir miséricordieux comme le Père est miséricordieux, l’appel 1er est donc celui de l’écoute de la Parole : nous laisser façonner par elle, la laisser prendre sa place en nous et faire son œuvre en nous, dans le silence de la prière et dans la contemplation de ce qui nous y est révélé de Dieu. L’écoute de la Parole de Dieu, aussi, dans la mise en résonnance de cette Parole avec ce que l’Esprit souffle en nous, les appels de la Vie en nous, nos aspirations à suivre le Christ, mais encore dans la mise en résonnance de tout cela avec les cris et les appels du monde que nous entendons chaque jour.

 

En n’oubliant pas que cette mise en résonnance elle doit être double : à la fois personnelle et intérieure, dans le silence de la prière ; mais aussi communautaire et ecclésiale, dans le dialogue entre nous et le partage de la Parole de Dieu – par exemple dans ce qu’on appelle dans mon diocèse des Fraternités locales – ; le but étant de discerner ensemble ce que le Seigneur nous dit et où le Seigneur nous attend aujourd’hui…

 

Je vous propose que nous laissions résonner tout cela en nous en prenant quelques instants de silence… et en demandant : « Seigneur, que veux-tu que je fasse pour toi ? Seigneur, qu’attends-tu de moi pour que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ? »…

Publié dans Homélies

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