Jésus, l'enquête

Publié le par Christophe Delaigue

 

Ce film est la reprise d'un best-seller américain vendu à plus de 14 millions d'exemplaire, le témoignage de sa naissance à la foi d'un célèbre journaliste américain du Chicago Tribune, Lee Strobel, athée, qui deviendra pasteur baptiste suite à sa conversion qui nous est ici racontée.

J'ai été impressionné par ce film. Autant le dire de suite. Impressionné d'abord par sa qualité cinématographique, le scénario avec l'histoire de Lee et de sa famille et de cette conversion que j'ai envie de dire douloureuse, l'histoire de leur couple, mais aussi, en parallèle, cette enquête journalistique sur laquelle il travaille, dans le monde de la police et des liens avec les gangs, cette autre enquête qu'il mène et au cours de laquelle il va découvrir, comme dans sa propre vie, que la vérité est parfois bien différente que ce qui semble spontanément bien visible et évident.

Un bémol quand même, avant d'en dire plus : le titre (du film). C'est dommage — que Dieu me pardonne — que le nom de Jésus apparaisse, car ça risque de ne faire venir que les croyants déjà convaincus ou ceux qui éventuellement se posent déjà des questions, et rebuter ceux qui se considèrent agnostiques ou athées, comme l'était Lee Strobel au début de cette aventure. En même temps — voyons le positif — on ne les prend pas au piège... Mais quand même, juste L'enquête aurait suffit.

En tout cas, pour en revenir au film et au sujet qu'il aborde, je trouve que c'est réussi car on ne tombe pas dans des caricatures faciles ou exagérées, ou dans ce "trop" ou cet apologétique que je reprochais par exemple au film récemment sorti lui aussi Dieu n'est pas mortNon. On suit le chemin de ce couple et de chacun dans ce couple, qui avancent, différemment, et qui s'aiment profondément l'un-l'autre. Ce sera la clé.

Au point de départ, un évènement et une rencontre qui bouleversent Leslie Strobel, qui font remonter en elle un questionnement enfoui, une aspiration à la foi qu'elle avait laissée s'éteindre ou s'enliser, qui l'habitait mais elle l'ignorait. Et cela change sa vie.

Lui est athée. Il ne la reconnaît pas, il ne veut même pas en parler. Il a l'impression de la perdre. Il dira même qu'il a peur de cela, qu'il veut retrouver sa femme. Il veut la sauver, parce qu'il l'aime, et pour cela il s'y prend avec ce qu'il sait faire, il va vouloir mener une enquête, lui démontrer que cela ne tient pas, la foi, Dieu. Il décide de s'attaquer au coeur du coeur, que lui suggère un collègue journaliste : si la résurrection n'existe pas alors tout tombe (c'est ce que dit St Paul, avec ses mots à lui, en 1Co 15). Et pour prouver que la résurrection n'existe pas il va en arriver à vouloir prouver que Jésus, s'il a existé, n'est pas mort sur la croix si on l'a vu après sa mort et qu'on peut en attester.

Il travaille dur, il se donne du mal, il s'y perdrait même. Il va voir archéologues et historiens, une psychanalyste agnostique, un médecin... Sauf qu'il n'y arrivera pas. Rien qu'il ne puisse prouver, dans un sens comme dans l'autre. Et c'est un ami athée qui va lui ouvrir les yeux : il y a des mystères dans notre monde et dans le cosmos ; croire ou ne pas croire c'est finalement du même ordre, croire ou ne pas croire en Dieu relève d'un choix qui est du coup une forme d'acte de foi, dans un sens ou dans l'autre, une décision en tout cas...

Leur chemin à tous deux, dans leur couple, est différent, mais pour chacun d'eux, dans leur amour pour l'autre et leur sincérité, il y a ou il va y avoir une naissance à la foi, qui est donnée, reçue... A la prière aussi. Et c'est touchant.

Et je trouve que le rendu est très réussi. Que ça vaut le coup. Certes, certains diront que l'histoire est cousue d'avance, d'autres qu'il y a des raccourcis scientifiques, exégétiques et théologiques. Peut-être. Mais ce n'est pas le problème. Du moins ce qui m'a intéressé, outre les qualités cinématographiques du film, outre le témoignage en lui-même, c'est qu'on nous montre bien que si Dieu existe — ce que je crois — il travaille les coeurs à partir de là où on en est, et par des chemins qui peuvent être différents. Pas de voie toute tracée ou de révélations stéréotypées — ce qu'on sait bien quand on accompagne des catéchumènes sur le chemin du baptême —, ni de preuves de rien du tout...

La foi est un chemin de reconnaissance et/ou d'acceptation qu'il y a un Dieu qui est là, qui nous aime, et qui ne s'impose pas. Mais qui peut se donner à découvrir ou à pressentir dans les évènements de notre vie, par des rencontres, tout comme dans le dialogue et l'écoute... Et que tout cela n'est pas sans liens avec l'amour. Aimer, se laisser aimer. Et que tout cela peut changer — change — une vie. Ici, celle de Leslie, magnifiquement interprétée par Ericka Christensen, et celle de Lee Strobel dont le rôle est remarquablement joué par Mike Vogel.

Merci au réalisateur, Jon Gunn, pour ce beau film qui fera du bien aux croyants et qui peut, peut-être, rejoindre des personnes en quête de sens voire de Dieu ? S'ils font le pas, au moins par curiosité, d'aller voir, et s'ils acceptent d'entendre en eux les questions qui pourraient s'éveiller...

La bande annonce...

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