Méditation Vendredi saint 2018 sur le mystère de la Croix

Publié le par Christophe Delaigue

Méditation Vendredi saint 2018 sur le mystère de la Croix

Vendredi Saint 30 mars 2018 - Carmel ND de Surieu

Is 52,13 – 53,12 / Ps 30 / He 4.14-16 ; 5,7-9 / Jn 18,1 – 19,42

[Méditation, non pas une homélie en tant que telle, après la lecture de la Passion, mais après la grande prière universelle, autour de la Croix, face à elle, avant de la suivre et de la vénérer.]

Nous voilà face à la Croix... En Isaïe, dans la 1ère lecture, nous avons entendu : « Il était sans apparence ni beauté qui attire nos regards, son apparence n'avait rien pour nous plaire ». Et pourtant, ce soir, maintenant, nous voilà comme attirés, poussés, invités à contempler cette Croix. Non pas d'abord l'homme qui y est cloué et qui souffre et meurt – la Croix est d'ailleurs voilée –, non pas seulement Celui qu'annonce Isaïe quand il poursuit : « Méprisé, abandonné des hommes, familier de la souffrance », Celui de qui Isaïe ajoute : « nous l'avons méprisé, compté pour rien. En fait, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé »...

Le voilà le mystère de la Croix devant lequel nous nous tenons et que nous sommes invités à contempler. Oui, le voilà, Seigneur Jésus, le mystère de ta Passion et de Ta mort. Tu as été « broyé par la souffrance » comme tant d'hommes et de femmes en ce monde et autour de nous ; Tu as été « retranché de la terre des vivants », et comme l'agneau Tu t'es laissé conduire à l'abattoir. Pour nous.

Quelles sont-elles nos douleurs, nos souffrances, celles que nous portons ou qui nous sont confiées et que nous pouvons déposer ce soir en Toi, Seigneur Jésus, sur cette Croix ? Quelles sont-elles ces nuits de ce monde ou de nos vies que nous devons ici déposer ?

L'auteur de la lettre aux Hébreux nous l'a rappelé dans la 2ème lecture : « Le Christ (...) offrit, avec un grand cri et dans les larmes, des prières et des supplications à Dieu qui pouvait le sauver de la mort ».

Au pied de cette Croix, pourtant, le silence du Père. Et cette question, Seigneur Jésus, que beaucoup se sont posée et se posent encore parfois : si Tu es le Fils de Dieu, pourquoi ne pas Te sauver toi-même ? ... Tu consens à être livré aux mains des hommes, comme à chaque eucharistie, Tu consens à ce passage, cette épreuve, cette traversée. Tu aimes jusqu'à l'extrême.

Mystère de la Croix. Mystère de l'amour qui laisse les hommes et femmes pécheurs que nous sommes libres jusqu'au bout. Libres d'aimer mais aussi d'abandonner, de faire souffrir ou de fermer les yeux... Mystère de la Croix et de nos traversées à chacun où comme Toi, Seigneur Jésus, nous sommes invités non pas à subir passivement ce qui advient mais à Te suivre jusque dans l'abandon confiant que nous avons chanté avec le Psaume : « En Tes mains, Seigneur, je remets mon esprit».

Mystère de la Croix où Jésus nous prend avec Lui : nos douleurs, nos souffrances, les abandonnés et les crucifiés de ce monde ; pour que nous entendions avec Lui les mots mêmes d'Isaïe dans la 1ère lecture : « Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s'élèvera, il sera exalté ». Oui, « Par suite de ses tourments, il verra la lumière ».

Seigneur Jésus, Tu ne T'es pas dérobé, Tu n'as pas sauvé Ta peau, Tu vas jusqu'au bout, pour nous faire entrer dans cette espérance du mystère de Ta Croix que nous contemplons ce soir : pour nous aussi, par suite de nos tourments, quels qu'ils soient dans nos vies et dans ce monde, oui nous aussi nous verrons la lumière.

Mais pour l'heure, nous sommes invités comme Lui, Jésus, comme Toi, à consentir ; consentir à Te suivre, Jésus, jusqu'à la Croix ; pour, comme Toi, nous laisser sauver par le Père. Car la finale de la 2ème lecture nous l'a dit : sur la Croix Tu es devenu pour ceux qui obéissent, c'est-à-dire pour ceux qui T'écoutent et acceptent de vivre non pas selon leur seule volonté mais selon la volonté du Père, pour ceux qui Te suivent, Tu es devenu la cause du salut éternel, la promesse déjà en actes qu'avec Toi, quoi qu'il arrive, la vie est et sera plus forte que tout mal et que toute mort.

Alors, avançons... Amen.

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Illustration : retable dans la cathédrale St Michel et Ste Gudule de Bruxelles.

Publié dans Méditations, Homélies

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