Le Sacerdoce. Humain et divin, masculin et féminin

Publié le par Christophe Delaigue

Ce livre de théologie rassemble un certain nombre d'articles du P. Jean-Marie Hennaux, jésuite, professeur à l'IET (l'Institut d'études théologiques de Bruxelles). Il s'agit là du premier des “Cahiers de la nouvelle revue théologique”, une collection aux éditions CLD dont le but est de rassembler en un recueil soit diverses contributions dans la NRT d'un même théologien soit des articles de cette même revue concernant un thème particulier (le prochain à paraître, dans les jours ou semaines qui viennent, sera sur des questions de bioéthique, rassemblant diverses contributions de divers auteurs).

Ces articles de la NRT ici rassemblés sont forts stimulants, mais c'est dense et parfois assez complexe théologiquement. Un avant-propos du directeur de la NRT, le P. Alban Massie (jésuite lui aussi), nous présente l'itinéraire que nous propose ce recueil, dans le choix des articles et dans celui (discutable, je m'en explique après) qui a été fait de suivre leur parution chronologique, tous autour du thème du sacerdoce (plus ou moins explicitement je trouve).

Concrètement, il y a en fait deux thématiques dans ce livre, (1) les chapitres sur une théologie du sacerdoce (je n'ai pas écris “théologie des ou du ministère”, car c'est plus large ! et il s'agit de penser et de rééquilibrer le sacerdoce ministériel dans le sacerdoce commun des fidèles, le sacerdoce baptismal, et dans l'unique sacerdoce du Christ) et (2) des chapitre qui relèvent plus directement de la théologie mariale, assez complexes, le tout dans des styles en plus très différents, ce qui se comprend bien vu que les articles ici rassemblés s'étalent sur presque 50 ans. Ceci étant, c'est un beau et bon volume, vraiment intéressant, théologiquement et dans la relecture des Ecritures et la spiritualité ignatienne qui y sont très présentes, elles qui marquent l'identité et la pédagogie même de l'IET.

Le livre, préfacé par le cardinal Schönborn (le P. Hennaux fut un des rédacteurs du Catéchisme de l'Eglise catholique que coordonna l'archevêque de Vienne), oriente clairement la lecture sur l'articulation entre sacerdoce commun des fidèles et sacerdoce ministériel, dans l'unique sacerdoce du Christ (que j'évoquais plus haut), ce que développent de façon passionnante les chapitres 2 et 4 (respectivement de 1971 et 2009) ainsi que la conclusion du livre (écrite pour l'occasion). C'est pour moi le coeur et l'essentiel, le plus important, de ce livre.

S'y ajoutent (et s'y intercalent) deux chapitre plus difficiles, en lien avec la thématique générale du livre sur le sacerdoce, mais qui relèvent plus, je le disais plus haut, de théologie mariale ; et, avant tout cela, un premier chapitre, un peu étonnant, sur le malaise presbytéral des années 1960, qui est une difficile entrée dans ce livre car il s'agit d'un article certes sur le ministère mais en réponse à un livre de Maurice Bellet (jésuite lui-aussi, décédé récemment), un chapitre-article qui aurait mérité de ne pas être le premier de ce livre, mais de se situer plutôt en annexe si on voulait vraiment qu'il soit dans ce recueil (mais que le directeur de publication et l'auteur me pardonnent, ce n'est que mon avis).

Le tout nous donne un livre de 175 pages dont ce que j'appelais le coeur ou l'essentiel représente 70 pages (le reste comprenant l'avant-propos présentant l'itinéraire, un liminaire de l'auteur, les deux chapitres mariaux, l'index des références bibliques et la table des matières).

Sans doute un choix autre de mise en lien des articles, avec des transitions écrites pour le volume, aurait permis de mieux nous entraîner des questions de sacerdoce à celle du lien entre Marie et le sacerdoce commun (et éternel). Mais au delà de ces considérations, le volume est très intéressant, fort stimulant à la réflexion, tant à propos de la problématique théologique du sacerdoce et donc aux questions de laïcat, de ministères, et de la mission médiatrice du salut du Christ et de l’Eglise, que pour la théologie mariale qui y est proposée (assez maximaliste et ouvrant au débat ; trop maximaliste, penseront certains).

Bonne lecture en tout cas à celles et ceux qui oseront s'aventurer dans ces pages et ces articles, au moins dans les chapitres que je mentionne comme le coeur et l'essentiel du livre et que je recommande vraiment ! Ils permettent de bien penser et bien articuler le sacerdoce ministériel au coeur et au service du sacerdoce commun de tous les fidèles, dans l'unique sacerdoce du Christ. Passionnant.

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Jean-Marie Hennaux, sj, Le Sacerdoce. Humain et divin, masculin et féminin, éditions CLD, coll. “Cahiers de la nouvelle revue théologique”, février 2018, 175 pages, 15€.

Publié dans Théologie

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