Homélie mardi 16 octobre 2018

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi 16 octobre 2018 / Carmel St Joseph (Bruxelles)

Ga 5,1-6 / Ps 118 (119) / Lc 11,37-41

 

La 1ère lecture de ce jour comme l’évangile nous placent face à cette question des 1ères communautés chrétiennes : qu’en est-il de la Loi et des préceptes juifs ? Par exemple la circoncision (dans la 1ère lecture). Par exemple les ablutions rituelles (dans l’évangile).

Nous sommes du Christ, c’est là la seule chose qui doive compter. Et notre seule règle, notre seule règle de vie, c’est l’Evangile. Certes qui ne vient pas abolir la Loi, mais l’accomplir. Et nous savons par exemple que les 10 commandements sont ramassés, synthétisés, dans le double et même triple appel à aimer : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ta force, de toute ton âme et de tout ton esprit. Et, c’est semblable, tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Tout est là, nous le savons bien, et en même temps, nous le savons bien aussi, tout reste à déployer…

Être au Christ. Pleinement… Petit à petit, mais résolument… Vivre l’Evangile. Pleinement… Petit à petit, mais là aussi, résolument…

Le critère de vérification de cela ? Le critère d’authenticité ? Le critère de cohérence ? Une foi en actes, une foi qui agit par l’amour. C’est ce que St Paul nous a rappelé en finale de notre 1ère lecture. Par exemple, nous disait l’évangile, en vivant l’aumône. Non seulement dans le partage des biens et le prendre soin de l’autre – il s’agit là de l’amour du prochain, la charité – mais aussi l’aumône comme confiance que nous ne manquerons pas, que Dieu donnera ce dont nous avons besoin, comme il a donné la manne au désert, l’aumône qui ouvre à la confiance en la Providence – et là il s’agit bien de foi...

C’est vrai qu’il peut toujours y avoir une façon de vivre l’aumône qui soit comme une façon de se débarrasser de l’autre, en lui donnant vite fait une piécette… Une façon de pratiquer l’aumône, également, qui devienne une sorte de précepte rituel, de l’ordre de l’obligation dont on s’acquittera pour avoir bonne conscience… C’est vrai d’ailleurs et aussi de tout un tas d’autres pratiques ou de règles que nous nous donnons ou qui se sont parfois accumulé au cours des siècles… La question ce sera toujours de savoir en quoi cela sert notre attachement au Christ et en quoi cela nous tourne vers le frère… C’est valable pour l’aumône mais aussi du jeûne et même de la prière…

Pour le dire autrement : ce que je vis, ce que je fais, c’est pour-quoi ? Est-ce vraiment au nom du Christ ? Est-ce vraiment au nom du frère ? Est-ce que c’est avec foi, en réponse à l’Evangile, est-ce par amour de l’autre ?

Me vient ici une autre question par laquelle je terminerai : c’est quoi aimer, aimer pour de vrai ? C’est quand même la question de l’Evangile et c’est le mot qui résume le seul commandement auquel Jésus nous appelle ! J’aime me rappeler cette définition que j’avais reçue d’un prédicateur de retraite, j’étais au séminaire, en 2ème année je crois ; il nous avait partagé que plus il regardait comment Jésus aime plus il se disait : « Aimer c’est ouvrir un avenir à l’autre »… Aimer c’est vouloir ouvrir un avenir à l’autre, c’est essayer de lui permettre… Avec l’aide de l’Esprit Saint…

Publié dans Homélies

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