Homélie lundi 26 novembre 2018

Publié le par Christophe Delaigue

St Jean Berchmans [1]  / Fête en Belgique

 

Ph 4,4-9 / Ps 99 (100) / Jn 15,9-17

 

Ces lectures ont été choisies comme une illustration de la vie de St Jean Berchmans ou plutôt du message que sa vie nous laisse. Une vie qui nous redit des vérités « toutes simples », évidentes, mais qui sont le cœur de l’Evangile et qui doivent donc être et devenir toujours plus ce qui façonne notre être disciple.

 

St Jean Berchmans a voulu suivre le Seigneur et il l’a aimé. A sa suite il a voulu donner sa vie. Et c’était très concret : non seulement dans ce que j’ai envie d’appeler une « vie en réponse », ce fut au sein de la compagnie de Jésus, mais bien plus simplement déjà, si j’ose dire, bien plus concrètement, au cœur de cette vie là, dans l’aujourd’hui de ce qui lui était donné. Aimer aujourd’hui, ici et maintenant, les frères qui étaient là avec lui. Et pour cela, enraciner sa vie dans la prière et ainsi dans l’amour de Dieu pour nous…

 

Deuxième chose que j’ai envie de souligner, c’est l’invitation à la joie que nous avons entendue dès les premiers mots de la 1ère lecture : « Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie. Que votre sérénité soit connue de tous les hommes. » Cette joie du Seigneur, dont parlait aussi notre évangile, cette sérénité, elle est liée elle aussi à la prière : demeurer dans l’amour du Christ et déposer en Dieu ce qui pourrait nous inquiéter mais aussi nos demandes, et accueillir alors sa paix promise. Cette joie, cette sérénité, elle est aussi le fruit de l’invitation que St Jean Berchmans adressait à ses frères de communauté, jusque dans ses derniers mois de vie, quand il leur disait de rendre grâce de ce que la vie donne chaque jour. Et de ce que j’en ai lu, ce fut vraiment sa force de vie, jusqu’au bout.

 

Et je peux témoigner à ma petite mesure que là est la joie, la sérénité dont parle St Paul, et que là, oui, peut vraiment être notre force pour avancer dans l’épreuve, notamment celle de la maladie. Ne pas nous désoler de ce qui nous arrive et plus encore de ce qui ne serait plus, mais au cœur de ce que nous traversons et que nous déposons dans le cœur de Dieu, au cœur du réel de chaque jour, rendre grâce de ce qui est donné, rendre grâce de ce qui est de l’ordre de la vie qui est là et qui nous traverse. C’est force de vie.

 

Alors par l’intercession de St Jean Berchmans nous pouvons demander la grâce de vivre ces appels, à la joie et à l’action de grâce, quoi qu’il arrive, et à aimer. Aimer le Christ, notre ami, et aimer nos frères. Le Christ qui est la raison d’être de notre vocation et qui lui seul peut nous donner d’aimer comme lui, c’est-à-dire comme des amis. Et aimer nos frères, ceux que nous sommes, ceux qui nous sont donnés et à qui nous sommes confiés...

 

Nous rendons grâce, et nous demandons la paix et la joie.

 

[1] Jésuite, né en Belgique en 1599 et mort à Rome en 1621. On dit que sa piété sincère, sa charité sans détours et sa constante bonne humeur l’avaient rendu cher à tous.

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