Homélie de Noël

Publié le par Christophe Delaigue

Homélie de Noël

Mardi 25 décembre 2018

Cathédrale St Maurice, Vienne

Is 52,7-10 / Ps 97 (98) / He 1,1-6 / Jn 1,1-18

L’appel qui nous adressé ce matin est résolument un appel à la joie, un appel à la louange et à l’action de grâce car, nous a dit le prophète Isaïe, le Seigneur console son peuple, il révèle son salut, et c’est Bonne nouvelle ! C’est même  l’annonce de la paix qui vient et qui advient.

Et nous le savons, notre monde en a tellement besoin de cette paix, et de cette joie aussi. En même temps, nous pouvons être en droit de nous demander que peut réellement changer cette fête de Noël pour notre monde, que peut changer en ce monde Celui que nous célébrons et dont le prophète Isaïe nous a annoncé cette nuit qu’il est le Prince de la Paix !?

Celui que nous fêtons en ce jour, Jésus, nous révèle le visage de Dieu, un visage de Père. Il nous dit, Jésus, qui est le Père et ce qu’il nous propose comme chemin de vie et de bonheur véritable. 

Lui, le Prince de la Paix, Jésus, il est la Parole de Dieu faite chair ; il est Celui qu’il nous faudra apprendre à entendre toujours et encore dans ces textes où Dieu veut se donner à connaître et à comprendre et par lesquels il veut nous parler encore aujourd’hui !

Oui, Jésus, le petit enfant de nos crèches, Celui que nous célébrons depuis sa mort et sa résurrection, Celui qui nous rassemble et qui est même la seule raison que nous soyons là ce matin comme à chaque eucharistie, Jésus est le Verbe de Dieu, la Parole faite chair, comme nous l’a redit l’évangile de ce matin de Noël : « En lui est la vie », il est « la Lumière des hommes », a dit St Jean, la lumière qui «  brille dans les ténèbres ».

Est-ce Bonne nouvelle pour vous, ce matin ? Ou, pour le dire autrement, qu’est-ce que ça veut dire concrètement pour notre vie aujourd’hui ?

Je l’ai dit, Jésus est la Parole de Dieu, il est la Parole que Dieu nous adresse aujourd’hui encore pour se révéler pleinement à nous, et il est notamment Celui par qui Dieu se montre comme étant le consolateur dont nous a parlé le prophète Isaïe.

Jésus nous révèlera que Dieu nous aime de cet amour de miséricorde qu’il est en actes, cet amour qui console et qui pardonne et qui nous ouvre ainsi à l’espérance. Voilà qui est Dieu, voilà son projet de bonheur pour nous : l’assurance et l'espérance qu’au cœur des nuits de nos vies, comme celle de la nuit de Noël, et qu’au cœur des ténèbres qui envahissent ce monde et notre histoire à chacun, une lumière est là, une présence. Fragile et vacillante. Fragile comme un petit enfant nouveau né qu’il faut protéger et comme ce nouveau né que nous fêtons et qu’on avait laissé à l’écart, nous disait l’évangile de cette nuit. Une présence qui pourrait nous échapper, une présence à côté de laquelle nous pourrions passer sans nous en rendre compte, mais qui est là, pourtant, qui est bien là, et qui peut illuminer notre vie, si on la reconnaît, si on le reconnaît lui Jésus, lui qui est la présence de Dieu qui nous est donnée, présence concrète dans l’histoire, présence concrète de ce Dieu qui console, qui apporte le salut, et qui fait ainsi grandir la paix en nous et, par nous, en ce monde.

Oui, je peux en témoigner, Celui dont nous fêtons la venue en ce monde et qui veut naître aujourd’hui encore dans notre vie à chacun, dans votre vie, Jésus le Fils de Dieu, le Verbe de Dieu, est Lumière qui a éclairé ces longs mois de maladie que j’ai traversés depuis plus d’un an et même plus, il est cette présence de salut, cette présence qui sauve de l’angoisse ou de la perte de confiance en la vie qui peut nous guetter, il est cette présence qui devient concrète si nous osons nous tourner vers Lui et crier avec Lui vers le Père.

Il est là, pour qui implore de reconnaître sa présence qui éclaire la nuit qu’il nous faut traverser. Il est là, pour qui implore de reconnaître sa présence qui réchauffe quand le doute pourrait nous gagner. Il est là, oui, dans le silence de la prière qui apaise, il est là dans la présence concrète de ces proches qui écoutent, qui consolent et qui prennent soin de nous ; et il est là aussi, par chacun de nous, quand nous sommes de ces mains qui pansent les blessures ou de ces voix qui osent des paroles de réconfort et d’espérance. Et il est là encore dans le mystère de l’eucharistie où il vient établir sa demeure parmi nous et, par nous, en ce monde qui a tant besoin de lumière et de paix.

Elle est là cette victoire que nous avons chantée dans le psaume, la victoire de la paix qui gagne nos cœurs et que nous sommes appelés à rayonner autour de nous, en l’accueillant, cette paix, en l’accueillant, lui Jésus, et en apprenant toujours et encore à l’écouter, que ce soit dans la Parole proclamée ici à la messe ou partagée dans une Fraternité locale, ou que ce soit dans la Parole priée et méditée, quand nous arrivons à faire silence et à offrir ce temps là au Seigneur.

Voilà ce que nous célébrons en ce jour, voilà pourquoi nous sommes en fête. Oui, voilà ce qui nous met en joie et qui doit nous conduire à la louange et à l’action de grâce, au cœur du réel de ce que nous vivons, au cœur de ce que nous traversons, pour certains d’entre nous, au cœur de ce qui a besoin de lumière et de paix, en nous et dans ce monde ; tout cela que nous offrons au Seigneur dans cette eucharistie.

Nous lui demandons qu’il vienne ici nous rejoindre, qu’il vienne au cœur de tout cela prendre demeure en nous, et qu’il dépose au cœur de tout cela paix, joie consolation, lumière et salut. Que là, au cœur de ce que nous vivons très concrètement, il nous donne dès ce temps de Noël de goûter sa présence. Amen.

Publié dans Homélies

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :