Homélie mardi 22 janvier 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 2ème semaine du Temps Ordinaire

Maison Ste Thérèse + Carmel St Joseph (Bruxelles)

He 6,10-20 / Ps 110 / Mc 2,23-28

 

Dans la 1ère lecture, une expression a tout particulièrement retenu mon attention. Et c’est plus qu’une expression, c’est une bonne nouvelle : « Dieu (…) n’oublie pas votre action ni l’amour que vous avez manifesté à son égard, en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant »… Et un peu plus loin, il nous est dit : « Dieu (…) s’est (…) engagé de façon irrévocable (…). Cela nous encourage fortement, nous qui avons cherché refuge dans l’espérance qui nous était proposée et que nous avons saisie »

Le contexte de ces mots c’est celui du constat que ceux auxquels s’adresse l’auteur de cette épître sont devenus – l’expression est un peu plus haut dans le même chapitre – « paresseux pour écouter » et que du coup ils ne sont pas encore parvenus à pouvoir enseigner parce qu’il sont toujours dans le besoin d’entendre et de comprendre ce que notre auteur appelle « les tout premiers éléments des paroles de Dieu ». Et il les exhorte dans ce chapitre 6 à devenir adultes. Il croit même en leur capacité à cela et il réaffirme la fidélité de Dieu à leur égard : « Frères, [avons-nous entendu,] Dieu n’est pas injuste : il n’oublie pas votre action ni l’amour que vous avez manifesté à son égard, en vous mettant au service des fidèles et en vous y tenant. »

Ces mots sont bonne nouvelle, ils sont appel d’espérance, ils sont appel à une confiance renouvelée, en soi mais surtout en Dieu qui est là, Dieu qui n’abandonne pas, Dieu qui reste patient avec nous, malgré nos paresses spirituelles, malgré nos éloignements, malgré nos découragements. Dieu qui est là, Dieu qui vient nous rejoindre au cœur de notre faiblesse, si nous voulons bien nous en ouvrir à lui et lui faire là une place avec nous [*].

Car l’enjeu c’est quoi ? L’enjeu c’est de le suivre, lui le Christ. L’enjeu c’est de renouveler notre oui à vouloir vivre avec Lui et ce faisant à l’annoncer.

(Je repensais à ce que) nous partagions un peu, hier soir [avec les séminaristes], à propos du célibat et du combat spirituel qu’il est ou qu’il peut être. Si nous sommes engagés dans ce célibat ou en formation et en discernement qui amènera à poser un tel engagement, c’est bien parce que nous voulons suivre radicalement Jésus et nous laisser conduire par l’Evangile et par sa force de vie et d’amour qu’est l’Esprit Saint.

Et nous faisons l’expérience – vous ferez l’expérience – que c’est un oui à redire souvent, un oui à refonder dans la prière. Car la mission et les soucis du quotidien prennent parfois le dessus, l’air de rien, sournoisement, et parce que nous ne mesurons pas vraiment combien nous voulons bien souvent compter sur nos propres forces d’abord pour faire avancer ce que nous croyons être le Royaume de Dieu ou les appels de Dieu.

La question sera alors celle de la qualité de notre vie spirituelle. Le temps donné. L’enjeu sera celui de notre décision à nous laisser faire par le Seigneur. Dans le silence de la prière mais aussi par l’écoute de la Parole et des appels qu’elle va produire en nous.

Il nous faut consentir à écouter. Consentir activement, pas de façon passive. Consentir activement à nous arrêter avec le Seigneur. C’est d’ailleurs le sens du sabbat dont il est question dans l’évangile de ce jour : le sabbat est le jour qui donne son sens à tous les autres, c’est celui du repos non pas pour se soucier d’autre chose, mais pour récolter, recueillir en action de grâce ce qui a été vécu avant, c’est le jour pour contempler l’œuvre de Dieu et lui offrir notre louange. Et c’est ainsi que nous reprenons force pour reprendre le travail de chaque jour, en l’occurrence celui de la mission…

Je vous propose ce matin [ce soir] que nous déposions tout simplement dans cette eucharistie ce que ces quelques mots éveillent peut-être en nous de nos combats comme de nos joies à nous donner par amour au Christ. Et nous lui demandons ce matin encore [ce soir encore] la force de sa présence, nous lui demandons d’être renouvelés toujours et encore dans l’espérance et la confiance qu’il est là avec nous. Amen.

 

 

[*] Cf. par exemple ma lecture spirituelle de ces dernières semaines : P. Olivier Turbat, La Fragilité et la grâce (Ad Solem coll. spiritualité, novembre 2018).

Publié dans Homélies

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