Bakhita | Véronique Olmi

Publié le par Christophe Delaigue

Bakhita | Véronique Olmi

On ne sort pas indemne d'un telle lecture... Moi en tout cas... C'est un roman, mais plus que cela. C'est l'histoire d'une sainte, canonisée par Jean-Paul II. Mais ce n'est ni une hagiographie pieuse ou le simple récit d'une vie de saint ni un livre de spiritualité, c'est bien le récit mis en roman de cette histoire extraordinaire.

Oui, extraordinaire, c'est ainsi que la qualifiera le premier livre écrit sur cette religieuse sortie de l'esclavage. Mais c'est bien l'histoire terrible et impensable d'une femme séparée de sa famille à l'âge de 7 ans, comme tant d'autres, vendue aux uns et aux autres comme esclave, martyrisée, tenue pour rien, mais qui sera sauvée, on pourrait dire ainsi, par un maître et propriétaire italien et surtout par l'amitié d'une famille et la communauté religieuse où elle sera envoyée pour échapper à un retour en Afrique et pour apprendre la langue de ce pays d'adoption où elle sera religieuse pendant plus de 50 ans.

Son histoire est terrible car nous sommes plongés dans l'enfer de l'esclavage. Mais ce livre est magnifique, qui vous tient du début à la fin et qui nous fait traverser avec la Madre Moretta, Joséphine Bakhita, l'histoire d'un XIXè et d'un XXè siècles marqués par le mal qui défigure le monde et la vie de tant d'innocents. Les noirs, son peuple... puis les juifs (rapidement évoqués). La sainte a traversé tout cela, car de son couvent italien elle vivra aussi les deux guerres mondiales...

Elle a tout perdu, les uns et les autres, celles et ceux qu'elle aima et dont elle pris soin. Mais elle offrit sa vie à ce Dieu qu'elle découvrit un jour et qu'elle appris à aimer et à servir, et à ces enfants dont elle s'occupa à toutes les étapes de son chemin. Toujours elle rechercha le visage de ses proches perdus, leur affection, et ce fut sa force de vie. Et quelle force de vie quand on voit, quand on lit, ce qu'elle dû traverser.

On ne sort pas indemne d'une telle lecture... à l'école de cette femme que l'Eglise fête le 8 février, sainte patronne du Soudan, première femme africaine canonisée qui n'ait été martyre.

Merci à Véronique Olmi pour ce récit-roman si bien écrit...

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Véronique Olmi, Bakhita, Albin Michel, décembre 2017, 457 pages, 22€90.

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