Carême : le temps du Salut

Publié le par Christophe Delaigue

Quelques lignes de méditation sur le sens du carême, qui paraissent ces jours dans la revue diocésaine Relais 38 pour sa livraison de mars... Je vous les repartage ici (très légèrement modifiées pour ce jour)...

Carême : le temps du Salut

En ce jour du mercredi des cendres nous entrons en carême avec ces mots du prophète Joël : « Revenez à moi de tout votre cœur »… Parce que nous nous serions éloignés ?

Dans ma vie de chaque jour, dans le temps ordinaire des jours qui s’enchainent et qui défilent à toute vitesse, qu’est-ce qui prend beaucoup de place ; qu’est-ce qui prend tellement de place que Dieu ou les autres passeraient après ?

Ce temps du carême nous est donné comme un temps favorable – comme dit St Paul dans la 2ème lecture de ce jour – ; c’est cadeau, une chance qui nous est donnée pour revenir à Dieu et à ses appels ; et donc – c’est indissociable, Jésus nous l’a révélé dans les évangiles – revenir aux frères, faire plus de place au prochain que je suis appelé à aimer comme moi-même. Et pour cela, faire retour vers moi-même, en moi-même pour entendre ce qui fait le réel de ma vie aujourd’hui et y entendre ce que Dieu me souffle là, au cœur des appels de la vie comme des cris de celles et ceux qui m’entourent.

Cela nous sommes en fait appelés à le vivre tout le temps mais le carême nous est donné pour en reprendre conscience. Il s’agit de se donner les moyens de discerner les conversions à vivre et à demander, afin de pouvoir répondre aux appels que j’entendrai.

Le carême devient de ce fait là un temps de purification, car nous n’arrivons pas si facilement à aimer pour de vrai – aimer Dieu, aimer son prochain comme soi-même, aimer même nos ennemis. Et c’est ainsi un temps pour célébrer l’amour de Dieu pour nous, au cœur de nos manquements à son appel, célébrer sa miséricorde qui ne juge pas mai qui veut sauver c’est-à-dire donner sa vie, et nous libérer de ce qui entrave et emprisonne notre conscience et notre cœur.

Qu’est-ce qui dans ma vie a besoin de guérison, qu’est-ce qui a besoin de la force de vie et d’amour de Dieu ? Et quels sont les chemins de pardon et de réconciliation que nous avons à vivre, avec nos proches, avec nous-mêmes, avec ceux qui nous entourent ?

Osons profiter de ce temps du carême pour avancer là, pour demander à Dieu de nous y aider, et pour nous réconcilier avec Lui qui est forcément affecté par nos difficultés à nous aimer les uns les autres, frères et sœurs car fils et filles d’un même Père, mutuellement responsables les uns des autres dans notre commune humanité.

D’ailleurs : qui sont-ils celles et ceux qui mendient une présence, une aide, un peu d’écoute ? Comment puis-je répondre, à ma mesure mais toute ma mesure ? Prions, demandons à Dieu de nous éclairer…

Oui, c’est maintenant le temps favorable, il est là le temps du salut ; que ce carême soit une marche joyeuse et paisible vers Pâques et sa Bonne Nouvelle de la résurrection de Jésus, qu’avec lui la vie est plus forte que tout mal et que toute mort, au-delà des apparences. Que ce temps de retour à Dieu et à ses appels nous prépare vraiment à entendre et à accueillir cette Bonne Nouvelle car c’est notre horizon, c’est le but de ces 40 et quelques jours de pèlerinage que nous sommes invités à vivre.

Publié dans Méditations

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