Homélie mardi 12 mars 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Mardi de la 1ère semaine du Carême

Carmel St Joseph (Bruxelles)

Is 55,10-11 / Ps 33 / Mt 6,7-15

 

Dans la 1ère lecture le prophète Isaïe nous invite à poser un acte de foi : « Ainsi parle le Seigneur : (…) ma parole (…) ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission »

Nous savons, nous, que la Parole de Dieu c’est le Christ. Et nous croyons que lorsqu’il parle, lui le Christ, lorsque nous écoutons, lorsque nous entendons vraiment, alors il se produit quelque chose. Il y a un avant et un après. Du moins il devrait y en avoir un. Si nous entendons vraiment. Ça va bousculer quelque chose en nous.

Si cette parole d’Isaïe nous la recevons comme un acte de foi, nous le pouvons car c’est en même temps un constat. Déjà pour Isaïe et ses contemporains, et encore plus pour nous qui savons que cette Parole c’est quelqu’un.

Je crois que c’est dans cet acte de foi en l’efficacité de la Parole de Dieu que nous pouvons entendre ce que Jésus nous dit ce soir de la prière et notamment de cette prière archi-rabâchée qu’est le Notre Père. C’est un comble d’ailleurs, car Jésus nous donne cette prière pour que nous ne soyons pas comme les païens qui rabâchent des mots espérant ainsi être exaucés… On le sait bien, c’est le paradoxe aujourd’hui d’une prière qui risque de devenir routinière, qu’il nous faut dire, prier, et entendre comme une Parole de vie, une Bonne Nouvelle.

En tout cas, l’acte de foi qu’Isaïe nous invite à vivre pour cette prière du Notre Père c’est de croire – de bien vouloir croire – que ces mots que nous disons et redisons chaque jour peuvent et vont façonner notre cœur et notre être chrétien de fils et filles du Père.

Si nous écoutons vraiment ce que nous prions avec ces mots, ça ne restera pas sans effet, ça va faire sa mission ! J’ai envie de rajouter : méfions-nous, ça pourrait nous emmener loin !

Et de fait, à y entendre de près il y aurait de quoi prendre peur !

Voulons-nous vraiment, par exemple faire la volonté du Père ? Evidemment que spontanément on se dit oui ! Voulons-nous vraiment faire sa volonté à Lui et pas la nôtre ? C’est-à-dire consentir à ce qui adviendra, entendre dans ce qui va advenir à quoi ça m’appelle, même si ça me bouscule, même si ça me déroute, et peut-être le déposer à d’autres pour entendre ensemble ? Nous le savons par d’autres paroles de Jésus, pour faire la volonté du Père il nous faut écouter sa Parole et la mettre en pratique… et nous savons que ce n’est pas toujours si facile…

Et voulons-nous vraiment faire confiance en Dieu, croire qu’il va nous donner ce dont nous avons besoin, le pain pour chaque jour ? Pas ce que je crois spontanément qu’il faudrait qu’il me donne pour que ma vie soit belle et fructueuse, non, ce dont Lui sait que j’ai réellement besoin ? Là aussi, voudrons-nous bien consentir à nous réjouir et à rendre grâce de ce que Dieu donne chaque jour et du coup nous entraîner à le voir, toutes ces petites choses qui sont de l’ordre de la vie qui nous traverse, ces plus ou moins petites choses ou rencontres qui donnent saveur à ce que nous traversons, qui redonnent espérance et confiance, ce qui chaque jour est bon et beau ?

Et voulons-nous encore et vraiment croire que Dieu a un pardon à nous offrir, en plus un pardon qui semble être à la mesure de ceux que nous sommes censés poser nous-mêmes – c’est pas moi qui le dit, c’est le texte ! qui d’ailleurs se fait insistant – ? Et donc, parce que c’est ça aussi que cela veut dire, voulons-nous bien reconnaître et accepter, confesser, que nous sommes pécheurs, envers notre prochain mais aussi et donc envers Lui, qui est un Père très aimant, un Père forcément touché, attristé et blessé de voir ses enfants bien aimés se faire mal les uns les autres ?

« Ainsi parle le Seigneur : (…) ma parole (…) ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Nous posons cet acte de foi que la Parole du Seigneur ne nous laissera pas indemnes, qu’elle produit du fruit en nous. C’est un constat, c’est aussi une bonne nouvelle, une promesse. Alors, qu’en ce temps du carême il nous soit donné à chacun et à chacune de le vivre vraiment ainsi, de l’expérimenter ainsi, de la goûter ainsi. Mais attention ça va nous bousculer ! Et pour de vrai c’est ça qui est bon… Amen.

Publié dans Homélies

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