Homélie St Joseph 2019

Publié le par Christophe Delaigue

Homélie St Joseph 2019

Mardi 19 mars 2019 / Solennité de St Joseph époux de la Vierge Marie

Carmel St Joseph (Bruxelles)

2S 7,4-16 / Ps 88 / Rm 4,13-22 / Mt 1,16-24

 

Dans cette page d’évangile, nous voilà invités à réentendre ce « oui » de Joseph, que nous connaissons bien, et à entrer avec lui dans les promesses de Dieu.

Nous ne sommes pas St Joseph, évidemment, et pourtant… Et pourtant c’est bien à suivre son exemple que nous pouvons nous sentir appelés ce soir, et même jour après jour…

Nous aussi nous avons des « oui » à donner au Seigneur. Nous aussi nous avons à faire la volonté du Père, nous avons à apprendre à discerner où il nous appelle et à y répondre, librement, mais y répondre. Nous avons à consentir à son projet qu’est le salut pour tous, nous avons à consentir à son projet qui est la venue – et même l’advenue, l’avènement – de Jésus, aujourd’hui encore. Nous avons à consentir à devenir des instruments qui permettent que la Bonne Nouvelle puisse retentir et être accueillie en ce monde où Jésus veut naître et rejoindre chacun au cœur de ce qu’il traverse.

Par son « oui », et par celui de Marie, Joseph a permis que la Parole de Dieu puisse résonner pleinement et se répandre, jusqu’à nous. Et si Joseph peut consentir c’est parce que c’est un homme juste, comme Abraham dans la 2ème lecture, un homme de foi, un homme qui fait confiance. Au delà de ses propres projets. Il aurait pu répudier Marie, il veut d’ailleurs le faire mais non pas publiquement comme le prévoit la Loi, mais en secret. C’est un homme bon, Joseph, qui se sent sans doute pris au dépourvu, qui se demande ce qui lui arrive. Et il accepte d’entendre en lui, au cœur de la nuit de l’incompréhension, qu’il y a un autre chemin, que Dieu vient le rejoindre dans sa déroute, que Dieu compte même sur lui, pauvre Joseph, pour que s’accomplissent les promesses.

Et Joseph se laisse bousculer, déranger. Il dit « oui ». Mais ce n’est pas une obéissance aveugle, même si c’est de nuit. Joseph est sans doute pétri de la Parole de Dieu. L’appel qu’il entend vient trouver écho avec ce qu’il connaît des annonces des prophètes, notamment celle qu’on a entendue en 1ère lecture. Voilà la condition de l’obéissance comme consentement à la volonté de Dieu. Un « oui » qui s’enracine dans l’écoute de la Parole, et donc, pour cela, dans la prière personnelle et communautaire. Communautaire car Joseph était sans doute façonné par ce qu’il entendait à la synagogue, comme nous nous avons à nous laisser modeler par la Parole à recevoir ensemble pour discerner ensemble à quoi le Seigneur peut vouloir nous appeler chacun, aujourd’hui, et en communauté.

Comme Joseph il nous faudra alors permettre que Jésus qui se livre à notre humanité puisse grandir et se fortifier. En nous, par la prière, par l’écoute et la mise en pratique de la Parole, et par une vie vraiment eucharistique, c’est-à-dire une vie façonnée par ce mystère que nous célébrons ce soir mais aussi une vie donnée et même qui se livre aux rencontres de chaque jour, des rencontres où Dieu veut nous rejoindre, notamment par les petits et les pauvres.

Car Joseph c’est cela aussi. Certes il est de la lignée royale de David mais il est d’abord et surtout un petit charpentier dans un tout petit village dans un petit pays en plus occupé, c’est un humble travailleur qui sans doute va peiner jour après jour pour nourrir sa petite famille. Et c’est là, dans le silence de Nazareth et d’une vie familiale toute simple que Jésus prend corps en notre humanité, que Jésus va pouvoir devenir lui-même pour se révéler et ainsi nous révéler le Père et son désir de salut pour tous.

Je le redis, nous ne sommes pas St Joseph et pourtant je crois que contempler sa personne nous appelle à faire place toujours plus au Christ Parole de Dieu, dans le quotidien de notre vie tel qu’il est, sans rêver trop vite je ne sais quoi d’extraordinaire qui serait au-delà du réel de nos forces, non, juste de vouloir apprendre, là, à faire place au Christ, mystérieusement présent aujourd’hui encore, le Christ qui se livre aujourd’hui encore en nos mains bien humaines pour être porté à ce monde encore défiguré par le mal et pour que le salut advienne.

Comme Joseph il nous faut juste être là, faire notre boulot de chaque jour en prenant soin de cette présence que nous allons recevoir. Et faire confiance. Dans le consentement aux appels que nous entendrons et que nous aurons discernés, ce consentement qui est confiance en Dieu, confiance que Dieu nous donne et nous donnera, quoi qu’il arrive, ce dont nous avons besoin pour la route et pour le suivre. Et notamment, déjà, le Pain de la Vie, dans quelques instants, sa Parole aussi, que nous venons de recevoir, mais également des frères et des sœurs avec qui avancer jour après jour, patiemment, comme une famille.

Pour tout cela nous pouvons déjà rendre grâce en cette eucharistie, avec toute la Sainte Famille... Amen.

Publié dans Homélies

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